Territoires Pas-de-Calais

Réhafutur attire les regards du monde entier sur Loos-en-Gohelle

En décembre prochain, des délégués de la Conférence Climat COP 21 de Paris pourraient faire un détour par le Pas-de-Calais, plus précisément par Loos-en-Gohelle, cité minière dont le maire iconoclaste, Jean-François Caron, a l’ambition de faire la capitale mondiale de la transition énergétique. L’élu est convaincu que « le changement ne viendra pas des Etats » mais que sa ville « start-up » – comme il la décrit – peut largement y contribuer. La première pierre de cette « reconstruction » de la planète vient d’être posée avec Réhafutur, réhabilitation d’une maison d’ingénieur des années 1920.

« Pour la construction neuve, c’est quasiment gagné. Maintenant, il nous faut relever le défi de la rénovation thermique », déclarait, il y a un an et demi, Jean-François Caron, lors du lancement des travaux. C’est pourquoi le cluster de l’écoconstruction Ekwation (basé comme l’association Cd2e pour le futur des écotechnologies dans l’ancienne fosse 11/19 de Loos-en-Gohelle) a proposé au bailleur du bassin minier Maisons & Cités de s’occuper de son patrimoine : une maison d’ingénieur dans un premier temps, six maisons minières de typologies différentes dans une seconde tranche.

17 000 logements à rénover.

« Sur notre parc de 62 000 logements, 17 000 doivent être rénovés et 5 000 ont besoin d’une réhabilitation lourde, explique Dominique Soyer, le directeur général de Maisons & Cités. Un bailleur comme nous ne peut affronter seul un tel chantier. Nous avons besoin de partenaires industriels pour trouver des solutions. » Concernant la maison d’ingénieur, l’idée était de pousser à fond les curseurs de la technologie pour transformer une épave thermique en bâtiment presque passif. Pour les maisons minières, il s’agira à l’inverse de mettre en œuvre des process quasi industriels et facilement reproductibles à des fins de massification.

Impossible à isoler par l’extérieur en raison de sa valeur patrimoniale, la maison d’ingénieur a été rendue étanche à l’air par la pose d’une membrane hygrovariable et la désolidarisation du mur de refend, afin de casser les ponts thermiques. Des isolants différents ont été utilisés pour chaque façade : fibre de lin au nord-ouest, laine de mouton au nord-est, béton de chanvre au sud-est et ouate de cellulose au sud-ouest. Autres écomatériaux déployés : la fibre de bois (toiture), le liège (plancher de la maison), le textile recyclé (planchers intermédiaires)…
Pour éviter les problèmes d’interface, le maître d’ouvrage Ekwation (AMO BET : Impact Environnement) a organisé un concours en conception-construction (conception : GIE Arietur, avec Solener). C’est la société Cathelain Novebat (gros œuvre, couverture, carrelage), qui a piloté l’opération avec CDB (façades), SME et Coin Frères (menuiserie, plâtrerie, isolation, charpente), Desaintghislain (peinture et sols souples), ECI Electricité, Synerbat (plomberie, ventilation, chauffage), Ermhes (ascenseur) et Bonnet (aménagements extérieurs).

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