Actualité Lille

Reconquête du sud de la ville et dilution de l’offre sociale

Mots clés : Politique de la ville

Avec un des plus gros programmes Anru de France portant sur près de 440 millions d’euros TTC investis, dont 100 millions de l’Anru et 140 millions des bailleurs sociaux, Lille veut à la fois renouveler son sud très social, conserver ses classes populaires au centre et diversifier l’offre de logements dans les quartiers les plus sociaux.

Le grand projet urbain lillois est bâti sur deux conventions inégales. La première, dotée d’une cinquantaine de millions d’euros, porte sur l’amélioration des logements dégradés dans les quartiers anciens lillois. Une convention originale pour laquelle la communauté urbaine vient de constituer une société publique d’aménagement (SPLA).

La seconde concerne la démolition de 1 092 logements et la reconstruction de plus de 3 000 logements sur l’ensemble de la ville. Une œuvre lourde et longue pour laquelle Lille vient d’obtenir un délai d’un an et demi supplémentaire pour sa réalisation. Plus de la moitié de ce programme se réalise sur le quartier de Lille Sud (20 000 habitants) qui affiche 65 % de logements sociaux.

Quatorze sites associés

Outre la qualité urbaine, le principal objectif du programme est de reconstituer une offre de logement diversifiée. La construction de 1 500 logements sur quatorze sites associés dans la ville permet de donner du souffle à Lille Sud. Les trois principaux bailleurs de la métropole, LMH (50 % du parc lillois), Vilogia et Partenord Habitat doivent ainsi présenter des opérations comprenant toutes les typologies de logements. A terme, dans le périmètre du programme Anru, la part du logement locatif social passera de 72,9 % à 56,9 %, marquant un rééquilibrage de la mixité sociale.
Pour faire venir les classes moyennes, Lille Sud parie sur des grands noms de l’architecture et le renouvellement complet des équipements publics. Nicolas Michelin a ainsi dessiné le plan-masse de la ZAC Arras Europe, qui prévoit la construction de 550 logements autour d’un parc de quatre hectares au nord de Lille Sud. Les architectes Robain Guieysse vont y construire un centre social et Lacaton-Vassal une salle polyvalente. Plus au sud, dans le secteur de Cannes-Arbriseau, Colboc et Franzen vont édifier un centre social, au cœur d’un aménagement conçu par Pierre Gangnet et Empreinte. Deux friches industrielles, Fauvet Girel et Paindavoine, servent aussi de laboratoire de mixité urbaine. Reste aux promoteurs lillois à jouer le jeu en présentant des opérations.

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ENCADRE

« Nous allons augmenter et diversifier l’offre de logements au sud avec une densité maîtrisée »

– Lille Sud est sans conteste le volet le plus important du programme Anru lillois. Comment allez-vous rééquilibrer l’offre de logement ?

En l’augmentant considérablement. C’est la clé pour à la fois maintenir une offre sociale importante, comme c’est nécessaire à Lille Sud, tout en diluant son poids avec la construction de logements intermédiaires. Sur les 392 démolitions de Lille Sud, nous construisons 373 logements locatifs sociaux, mais aussi 434 locatifs intermédiaires et libres. A cela, il faudra ajouter 230 logements en accession sociale et 338 logements en accession libre. Au total, nous allons construire plus de 1 300 logements sur le secteur pour moins de 400 démolitions.

– Un rééquilibrage au prix d’une densification des sites ?

Oui, la densification assumée et de qualité permettra d’augmenter le nombre total de logements de près de 20 %, aux deux tiers des logements libres. L’objectif est de changer durablement l’image de ces quartiers en faisant venir des classes moyennes. Et la densification est une condition du maintien des classes populaires en centre-ville.

– Parvenez-vous à lancer des opérations libres sur Lille Sud ?

Ce n’est pas évident, mais quelques pionniers nous accompagnent à l’image de KIC qui développe avec LMH « Les fleurs de Lille » sur la friche Fauvet Girel. Sur Cannes Arbriseau, un appel à projets pour 300 logements dont seulement 30 sociaux a vu les majors manifester leur intérêt. Ce ne sera pas facile, mais je suis optimiste pour le quartier.

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