Enjeux

Ravalement complet pour la rénovation énergétique

Mots clés : Efficacité énergétique - Rénovation d'ouvrage

Les obligations thermiques pour les bâtiments existants seront mises à jour dès janvier 2018. Tour d’horizon, point par point.

Il était très attendu. L’arrêté du 22 mars 2017 est venu dépoussiérer celui du 3 mai 2007 relatif aux caractéristiques thermiques et à la performance énergétique des bâtiments existants. Ce texte définit des règles spécifiques pour chaque élément installé ou remplacé lors d’une rénovation. Il entrera en vigueur le 1er janvier 2018. Voici les principaux changements.

L’enveloppe s’épaissit

Dans le domaine de l’isolation, les valeurs minimales de résistance thermique affectées aux parois varient désormais en fonction des zones climatiques définies par l’arrêté du 13 juin 2008. A l’exception de celle affectée aux « murs en contact avec un volume non chauffé », elles sont toutes revues à la hausse. Enfin, l’arrêté décrit déjà des résistances thermiques encore supérieures, qui s’appliqueront à compter du 1er janvier 2023.

Pour leurs équivalents vitrés, le périmètre des installations concernées est élargi : les fenêtres d’une surface inférieure à 0,5 m², les doubles fenêtres, les portes d’entrée des maisons individuelles et les vérandas chauffées auront des comptes à rendre. Pour les dispositifs déjà régulés par l’arrêté de 2007, les performances thermiques requises sont renforcées.

Mais l’évolution la plus notable concerne les protections solaires. Dans les bâtiments non résidentiels, les nouvelles surfaces vitrées, à l’exception de celles exposées au nord ou masquées, devront être équipées de stores ou bien d’un vitrage de contrôle solaire. L’ensemble de ces aménagements tiendra compte des « secteurs sauvegardés » et des « aires de mise en valeur de l’architecture et du patrimoine » définis par la loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine (LCAP).

Le chauffage s’autorégule

Les directives européennes sur l’écoconception ayant prohibé la commercialisation des produits les moins efficaces, les mesures portant sur les rendements s’allègent logiquement. Les chaudières d’une puissance inférieure à 400 kW et les pompes à chaleur (PAC) d’une puissance inférieure à 12 kW en mode chauffage ne figurent plus parmi les appareils contrôlés. Les exigences pour les autres modèles de chaudières, les PAC et les systèmes de refroidissement restent les mêmes qu’en 2007.

Néanmoins, tous ces dispositifs, ainsi que les émetteurs de chaleur, devront posséder un système de régulation automatique. Les radiateurs électriques devront même intégrer « une détection automatique de présence/absence ou une détection automatique de l’ouverture des fenêtres ».

La lumière entre dans l’ère du contrôle

L’éclairage bénéficie d’une refonte complète. Elle concerne tous les bâtiments, excepté les logements. La puissance de l’installation devra être inférieure ou égale à 1,6 W/m² de surface utile, mais l’intensité moyenne sera maintenue à 100 lux dans la zone à éclairer.

Les points lumineux seront pilotés par un dispositif de contrôle de présence. Si les locaux ont « majoritairement accès à l’éclairage naturel », ils devront posséder des luminaires à gradation automatique et des systèmes de régulation en fonction de la lumière naturelle.

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Les professionnels sont partagés

La parution de l’arrêté du 22 mars relatif aux performances thermiques des bâtiments existants a suscité des réactions contradictoires. Les organismes liés de près ou de loin à la rénovation énergétique ont regretté le peu d’ambition de ce texte. A l’image de l’association Effinergie, qui déplore « un décret loin des espérances attendues et ne permettant pas en l’état de répondre aux objectifs de la loi de transition énergétique ».

A l’inverse, les syndicats professionnels sont apparus plutôt satisfaits. A l’instar de la Capeb, la FFB estime que « le fait d’imposer des performances encore plus élevées à tous les bâtiments aurait pour conséquence de bloquer des projets de rénovation ».

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