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QUESTIONS À. Laurent Trocmé, président de la fédération du BTP des Alpes-Maritimes« Nous devons à tout prix sauver l’emploi dans nos entreprises »

Mots clés : Coûts et prix - Entreprise du BTP - Hygiène et sécurité du travail

Vous venez de prendre vos fonctions à la tête de la FBTP 06 dans un contexte difficile. Comment analysez-vous la situation actuelle ?

Les carnets de commandes ont fortement diminué pour le gros œuvre et encore plus pour les travaux publics au cours des derniers mois, avec une érosion à deux chiffres. Les prises de commandes deviennent de plus en plus difficiles. Les entreprises ont stoppé l’appel à la main-d’œuvre extérieure et réussi à préserver l’emploi permanent. Nous ne sommes pas très optimistes pour les mois à venir, malgré les plans de relance. Ceci étant, nous venons de connaître un cycle de croissance exceptionnellement long. Nous retrouvons actuellement le niveau de nos effectifs de 2006, qui n’était pas une année de crise.

Actuellement, la tentation de jouer sur les prix pour décrocher des marchés est forte. Que pensez-vous de cette attitude ?

C’est humainement compréhensible – il s’agit de sauver l’emploi – mais c’est une pratique très dangereuse qui peut mettre en péril une entreprise. Il y a actuellement des professionnels qui ne mettent plus l’amortissement de matériel dans les appels d’offres ou amputent leurs frais généraux. C’est grave et ces écarts dans les réponses aux appels d’offres nourrissent une exploitation scandaleuse sur les marges qui seraient pratiquées en temps normal, alors que tout le monde sait très bien que le taux de marge moyen des entreprises de BTP se situe entre 3 et 4 %. Nous mettons en garde les maîtres d’ouvrage qui seraient tentés de profiter de la situation actuelle pour relancer systématiquement des consultations, dans l’espoir de réaliser des économies budgétaires.

Dans ce contexte, quelles vont être vos priorités à la tête de la fédération ?

Nous allons nous battre pour préserver l’emploi dans les entreprises. La crise des années quatre-vingt-dix a touché le noyau dur de nos effectifs, avec toutes les difficultés qui ont suivi pour attirer à nouveau des jeunes dans le secteur, de l’ouvrier aux ingénieurs. Il faut absolument éviter que ce phénomène se reproduise. Nous lançons ce message aux jeunes entrepreneurs qui n’ont pas connu la crise précédente. A la fédération, nous continuerons à nous impliquer fortement dans la formation des jeunes.

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