Régions

QUESTIONS À… Alain Carré, président de la fédération régionale du bâtiment Midi-Pyrénées

Mots clés : Gestion de l'entreprise - Maîtrise d'ouvrage

« Le dumping sur les prix, un risque pour les entreprises »

Le président de la fédération régionale des travaux publics évoquait récemment une forte dégradation de l’activité des entreprises. Qu’en est-il pour le bâtiment ?

Nos entreprises sont également impactées par la crise, mais, grâce à leur diversification, certainement moins que nos collègues des travaux publics. Les métiers du gros œuvre souffrent plus que le second œuvre qui bénéficie d’une bonne activité dans l’entretien et la rénovation. La loi Carrez-Scellier semble jouer un rôle positif en matière de relance du logement. La commande des bailleurs sociaux sur la région offre aussi un potentiel non négligeable. Enfin, nous sommes amenés à répondre à un nombre assez élevé d’appels d’offres en matière de marchés publics, notamment de la part de l’Etat. Ceci dit, au-delà des consultations, les ordres de service tardent parfois à venir, nous devons sensibiliser les maîtres d’ouvrage à ce problème.

Votre fédération a-t-elle engagé, dans cette perspective, une action auprès des collectivités locales et territoriales ?

Nous avons notamment rencontré, avec l’ensemble des présidents des fédérations départementales, le président Malvy, qui nous a fait part des projets de la région et s’est montré sensible à nos préoccupations. Des opérations conséquentes, qui concernent aussi les départements et certaines villes, en particulier la métropole toulousaine, doivent être engagées. Aujourd’hui, pour ces projets, on ne peut pas parler de gel. Mais il ne faudrait pas que d’éventuelles difficultés de financement génèrent trop de retard. Ou que les marchés soient négociés à un trop bas niveau.

Cela signifie-t-il que l’on observe un phénomène de dumping sur les prix ?

C’est aujourd’hui un risque réel. Il ne faut pas que les entreprises cèdent à la tentation de tirer les prix à la baisse. Et que les maîtres d’ouvrage les encouragent dans ce sens. Nous constatons déjà que beaucoup d’appels d’offres passent de 25 % à 30 % en dessous des estimations. Nous avons même vu une major nationale faire, pour des travaux sur un collège, une proposition, heureusement non retenue par le maître d’ouvrage, qui se situait 40 % en dessous de la moyenne des réponses. Il faut mener une action pédagogique pour enrayer ces dérives.

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