Edito

Quel est le programme ?

Dans moins de trois mois, les Français participeront au premier tour de l’élection présidentielle. Moins de trois mois. Autant dire que les candidats sont prêts. Ben non, ils ne sont pas prêts. Les Républicains, empêtrés dans la pitoyable histoire de salariat familial de François Fillon, sont devenus inaudibles et passent désor mais plus de temps à le défendre qu’à défendre leurs idées. Benoît Hamon (PS), qui a renversé la table socialiste à la faveur des primaires, doit sérieusement muscler ses propositions pour s’adresser maintenant à tous les Français. Emmanuel Macron (sans étiquette) recule sans cesse la présentation officielle de sa feuille de route et se contente d’émietter quelques mesures au cours de matinales radiophoniques. Jean-Luc Mélenchon (FI) tente de se dépatouiller de l’éruption Hamon et fait de la politique.

Les défis sont nombreux, aussi nombreux que les incertitudes.

Marine Le Pen (FN), par ailleurs prise dans un pétrin européen, diffère son entrée en campagne selon la vieille tactique du « mieux vaut tard » qui a rarement fait ses preuves et dissimule, en fait, les lacunes de son programme. Quant aux autres, et ils sont nombreux à quêter les 500 parrainages d’élus nécessaires aux impétrants, on ne les entend pas beaucoup même si on souhaiterait les écouter.

Moins de trois mois donc et pas grand-chose à se mettre sous la dent, gesticulations et incantations mises à part. On pourrait en rire mais il y a des limites. La France a-t-elle besoin de cette pause au moment précis où d’autres forcent l’allure (certes pas toujours dans le bon sens de l’histoire) ? Les entrepreneurs et leurs salariés ont-ils besoin de ce temps mort au moment exact où la reprise est en jeu ? La croissance, qui revient, a-t-elle besoin de cette énième étape de plat au moment même où notre société rêve à nouveau d’ascension ? Les défis sont nombreux, aussi nombreux que les incertitudes. Et celles qui concernent le BTP ne sont pas les moindres. Quid de l’avenir du compte pénibilité, de la pérennité des dispositifs d’aides à l’emploi, de la réglementation du travail détaché, de l’accès des PME aux marchés publics, des chocs de simplification ? Alors voilà : à défaut de nous donner leur programme, il serait bien que les candidats à l’Elysée nous prêtent attention.

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