Architecture Bâtiments publics

Quatre innovations pour devenir exemplaires

Mots clés : Innovations

C’est un vaste programme de R & D pour la rénovation qui se cache derrière l’acronyme anglais Resseepe (Retrofitting Solutions and Services for the Enhancement of Energy Efficiency in Public Edification) . En résumé et en français, il s’agit d’améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments publics européens. « Rien qu’en France, les seuls hôpitaux représentent 11 % des consommations d’énergie dans le tertiaire, avec une moyenne de 400 kWh/m². an », souligne Benjamin Laclau, ingénieur des technologies de la construction chez Nobatek, l’un des partenaires du projet. De plus, les maîtres d’ouvrage publics doivent être exemplaires au regard de l’article 4 de la directive sur l’efficacité énergétique (2012/27/UE), qui précise que 3 % du parc public doit être rénové chaque année pour répondre aux exigences de performance énergétique.

Les solutions devaient donc être à la hauteur des enjeux. Outre des technologies éprouvées, quatre nouveaux systèmes ont été développés. Le premier concerne des fenêtres électro-chromes, dont le vitrage change de couleur sous l’impulsion d’un courant électrique en fonction de la luminosité et de la chaleur. Si la technologie existe déjà, ces fenêtres sont rendues autonomes grâce à l’intégration d’un module photovoltaïque. Leurs performances ont été validées en laboratoire avant leur mise en place sur trois des sites pilotes.

Calendrier du projet : De juillet 2013 à décembre 2017 Budget : 13,5 millions d’euros dont 8,8 millions apportés par l’UE

Une autre innovation porte sur la mise au point d’un mortier isolant à base d’aérogel de silice. Ce matériau présente un coefficient de conductivité thermique (λ) de 0,023 W/m. K, mais il est très friable. Les premiers granules d’aérogel se désagrégeaient dans la pâte cimentaire. Leurs caractéristiques ont donc été modifiées afin d’améliorer leur résistance mécanique et de les rendre plus hydrophobes. Le mortier final affiche un λ de 0,056 W/m. K. « Sa viscosité, son pouvoir adhésif et son retrait ont été testés sur l’un des sites pilotes, explique Benjamin Laclau. Mais les recherches vont se poursuivre au-delà du projet, afin de réduire encore sa conductivité thermique et son prix. » Troisième technologie : les panneaux isolants sous vide (PIV), des isolants très performants en laboratoire, mais qui perdent tout intérêt en cas de percement. Leur enveloppe protectrice a été renforcée avec un tissu tressé en polyester, un film polymère métallisé et une mousse de polyuréthane. Avec une âme à base de fumée de silice, ils affichent un λ inférieur à 0,009 W/m. K.

La dernière innovation du projet a consisté à intégrer des matériaux à changement de phase (MCP) dans le système de ventilation, afin de récupérer des calories de façon gratuite et passive. Concrètement, les MCP équipent des tubes mis en contact avec les gaines de ventilation. Le dispositif, qui forme un échangeur, s’installe ensuite dans les faux plafonds. Les premiers résultats des sites pilotes sont connus. Ainsi, la consommation de l’édifice Richard Crossman de l’université britannique de Coventry a baissé de 49 % et celle de l’hôpital espagnol du Parc Tauli de 45 %. En Suède, où le bâtiment testé était déjà très performant, le gain n’est que de 3 %. « Un chiffre conforme aux prévisions, tempère Benjamin Laclau. Les essais ont servi à promouvoir des solutions originales dans les pays nordiques. » L’idée est bien de déployer ces technologies sur le marché européen. Toutes ne seront pas mûres dès la fin 2017, mais elles préfigurent déjà les solutions de demain.

Les 26 partenaires :France : Nobatek, Separex, Vertech, LogiRep. Royaume-Uni : IES (coordinateur), Exergy, PCM Products, Coventry University.

Espagne : Tecnalia, Centre Cim, Université polytechnique de Catalogne, CSPT de Sabadell, Leitat, Eurecat, Onexit, Incurvo, CST, OHL et Grupo Puma. Allemagne : Va-Q -tec. Suède : Skelleftea Kommun.

Autriche : Université technique de Vienne. Italie : Consortium interuniversitaire national pour la science et les technologies des matériaux. Suisse : EMPA. Slovénie : ZVKDS IPCH. Grèce : Apintech.

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