Enjeux 1/7

Quatre boules de cuir et le bâtiment lui va comme un gant

Mots clés : Entreprise du BTP - Sport

A 30 ans, l’entrepreneur nordiste de BTP Gaylord Montier est double champion du monde de boxe thaï après avoir été le plus jeune jockey de France.

Comme le boxeur de la chanson de Claude Nougaro, il a l’œil électrique. La poignée de main est totale et laisse entrevoir le calvaire que doivent endurer ses adversaires sur le ring si les coups pleuvent à la vitesse des mots. « M’sieur, je vais être franc avec vous : je frappe très fort. » Pour autant, Gaylord Montier est un grand sentimental : « Après un combat, je m’en veux toujours d’avoir fait mal parce que, vous voyez M’sieur, j’aime les gens. » Mais avant tout, Gaylord aime la famille. Issu d’une fratrie de cinq enfants, il est, à trente ans, déjà trois fois papa et vingt fois tonton ! Le clan Montier est enraciné à Fresnes-sur-Escaut, une commune de 7 500 âmes du Valenciennois. « Tout le monde y habite », souligne avec fierté son chef. Gaylord a d’ailleurs très mal vécu son adolescence dans l’Oise, à l’Ecole des courses hippiques de Gouvieux, sa première carrière sportive. A seize ans, il est le plus jeune jockey français à monter à Auteuil. « Mais à dix-huit ans, après avoir essuyé bien des larmes, j’ai laissé tomber du jour au lendemain pour rentrer à la maison. »

Le Rambo de France.

Cette parenthèse en terre inconnue va néanmoins ouvrir les portes d’un destin glorieux. Pour tromper son ennui, Gaylord tâte de la boxe anglaise. De retour dans le Hainaut, un beau-frère lui parle de la boxe thaï. Il y a un bon club à Bruay-sur-l’Escaut, pourquoi pas ? Ensuite, cela s’enchaîne comme dans la vie au cinéma de Sylvester Stallone, alias Rocky Balboa : autant de victoires que de combats, contre des amateurs puis, très vite, des professionnels. En Thaïlande, où il a été invité à boxer pour l’anniversaire du roi, Gaylord Montier n’est-il pas surnommé le « Rambo de France » ? Quotidiennement, il se lève à 5 heures pour aller courir puis embauche chez Colas, « car dans la famille, on a toujours été dans le bâtiment, un métier magnifique ». Et quand en fin de journée, ses collègues tombent de fatigue, Gaylord repart s’entraîner deux ou trois heures. Le week-end, c’est à raison de trois séances par jour !

Le dernier combat.

Afin de faciliter son organisation, Gaylord décide en 2009 de créer sa propre entreprise de BTP : la société Frères Montier, qui fait également travailler les sœurs, les maris, les neveux… Quinze salariés du même sang pour un petit million d’euros de CA. « Au début, on ne pouvait pas se payer alors j’ai beaucoup combattu », confie l’ami Gaylord. Trop. Une grave opération du genou ne l’empêchera, toutefois, pas de conquérir deux ceintures mondiales (moins de 55 kg) à Caudry (Nord) en 2015 et le 13 mai dernier à Saint-Amand (Nord). Gaylord Montier se donne encore deux ans sur les rings et l’objectif d’un dernier championnat du monde en hommage à Aurélie Châtelain, cette jeune Caudrésienne assassinée par un islamiste radical, il y a un an, à Villejuif (Val-de-Marne). « C’est elle qui portait les panneaux de mon combat de Caudry. »

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ENCADRE

Parcours sportif :

1999 : intègre l’Ecole des courses hippiques de Gouvieux (Oise).
2744207474420742 : monte à Auteuil.
2744207474420744 : abandonne sa carrière de jockey.
2744207474420745 : premiers combats de boxe thaï.
2744207415 : sacré champion du monde (-55 kg).

ENCADRE

Parcours professionnel :

2744207474420744-2744207474420749 : travaille chez Colas.
2744207474420749 : crée la société Frères Montier à Fresnes-sur-Escaut (Nord).

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