Architecture Technique Habitat

Quand le logement social s’essaie au bois

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Bois - Logement social

L’OPH d’Aubervilliers a expérimenté le lamellé-croisé pour construire un R + 6.

A quelques mois de la livraison des 18 logements sociaux situés rue Charles-Tillon, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre dressent un bilan contrasté de cette construction en bois à R + 6. L’office public de l’habitat (OPH) de la Ville voulait réaliser une « opération emblématique » qui permette de « valoriser la filière française et de gagner en vitesse de chantier », indique Alain Poutonnet, directeur du patrimoine et du développement. Or, « il a fallu se fournir à l’étranger, en Autriche, et diverses complications – techniques et réglementaires – ont fait perdre le temps économisé par la rapidité de montage, regrette-t-il. De plus, avec un surcoût de 20 à 25 % par rapport à une structure béton, nous ne recommencerons pas. » A terme, l’immeuble offrira une surface habitable de 1 140 m2 et 490 m2 de locaux d’activité à rez-de-chaussée. Les appartements à prêt locatif social (PLS) devraient voir arriver leurs premiers occupants d’ici à l’automne prochain, avec six mois de retard, pas tous imputables au choix du procédé constructif.

Hauteur limitée par le bardage.

L’édifice, conçu comme un emboîtement de volumes, est bâti autour d’un noyau en béton qui abrite les circulations verticales et participe au contreventement de l’ouvrage. Des pièces métalliques fixent ce noyau aux planchers en bois lamellé-croisé, fabriqués par l’entreprise autrichienne KLH. Ce même produit constitue les façades porteuses, côtés est et ouest. Les façades nord et sud, plus généreusement vitrées, sont en murs à ossature bois, non porteurs. Le tout est en épicéa. « En France, la difficulté ne tient pas dans la hauteur du bâtiment en bois, car techniquement on sait faire ; mais dans l’habillage, puisque dès que l’on dépasse le R +1, il devient ardu de trouver un produit disposant d’un avis technique adapté », estime l’architecte Fabrice Lagarde, de l’agence WRA. Pour son confrère et associé Vladimir Doray, « le Comité national pour le développement du bois (CNDB) s’active pour faire passer dans les mœurs et les réglementations les innovations actuelles, mais le lobby du bois a énormément à faire ! ».

Après avoir convaincu le bureau de contrôle BTP Consultants, les maîtres d’œuvre ont proposé à leur maître d’ouvrage un bardage en pierre reconstituée plutôt qu’un enduit. Fait rare, ils ont détourné en façade une technique d’isolation thermique des toitures, le Sarking, où les panneaux sont fixés par des vis qui réduisent les ponts thermiques. « Au final, le bois sera invisible, sauf au niveau des menuiseries, souligne Aurélien Brousse, directeur du BET structure Artofact. C’est le signe que le matériau se banalise et qu’il est utilisé là où il s’avère le plus pertinent, en structure. »

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : OPH Aubervilliers. Maîtrise d’œuvre : WRA (Fabrice Lagarde et Vladimir Doray), architectes. BET : ECS (ingénierie, fluides et économiste), ICM (structure béton), Artofact (structure bois), AIA (OPC). Entreprise de construction en bois : Cénomane. Surface : 1 900 m2 Shon. Coût des travaux : 4,4 millions d’euros HT.

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