Innovation Matériau

Quand le béton devient 2. 0

Mots clés : Béton - Réseau routier

Intégrés lors du coulage ou dans le béton durci, sur les bâtiments comme sur les routes, les nouveaux capteurs transmettent un paquet de données.

Si les bâtiments expérimentent les bétons connectés depuis plusieurs années, les infrastructures ne sont pas en reste. Côté bâtiment, on se souvient des premiers essais de Lafarge, qui a intégré en 2013 des puces RFID dans certains voiles de la tour D2, à La Défense (lire « Le Moniteur » n° 5732 du 4 octobre 2013). L’objectif était de pouvoir accéder aux informations sur les caractéristiques du béton. Le dispositif nécessitait l’emploi d’un lecteur spécifique qui devait préalablement retrouver une puce perdue dans le voile avant de pouvoir la lire. L’opération s’était révélée fastidieuse et l’expérience n’a pour l’instant pas été renouvelée.

Les recherches se poursuivent néanmoins. Ainsi, le cimentier Edycem, filiale du groupe Herige, vient d’adopter une démarche plus fine pour ses chapes fluides. Cette fois, les puces RFID ne sont pas mélangées aux gâchées, mais installées à un endroit précis du sol avant le coulage. « Pour une maison individuelle, cette puce, de la taille d’une pièce de 2 euros, sera toujours fixée à 50 cm du seuil de la porte principale », précise Estelle Breillat, la directrice de la qualité et du développement d’Edycem. La puce peut ensuite être lue par un smartphone via une appli dédiée. L’enjeu ? Connaître exactement la nature de la chape, en ciment ou anhydrite, afin de choisir l’adhésif adapté. « Choisir une colle inadaptée au support entraîne des décollements de carrelage dans l’année qui suit la pose », rappelle Estelle Breillat. C’est pour éviter de telles erreurs que ce système a été mis en place. Baptisé SmartCem, le service fait l’objet d’une campagne de communication auprès des applicateurs de chapes. Il s’agit, en particulier, de les sensibiliser sur le positionnement des puces.

Mesurer les variations de champ magnétique. La logique est différente côté infrastructures. Il ne s’agit plus de retrouver des informations sur le béton, mais d’utiliser le matériau pour collecter des données en temps réel. Les premiers tests visaient à vérifier la résistance et l’efficacité de capteurs sans fil dans un environnement béton. Vicat a ainsi travaillé avec la start-up Hikob à la fin 2016 pour tester la résistance de ces capteurs. « L’essai a porté sur des bétons légers, drainants et comprenant des fibres métalliques ou synthétiques. Et, bien sûr, sur des bétons structuraux », indique Ludovic Casabiel, directeur des marchés de travaux publics et des produits techniques chez Vicat.

A chaque fois, le capteur, un cylindre de 5,5 cm de diamètre et autant de profondeur, a résisté aux cycles de gel/dégel et a pu transmettre des informations sur les températures et les variations du champ magnétique terrestre. Après ce premier test, des essais grandeur nature ont eu lieu à la cimenterie Vicat de Montalieu-Vercieu (Isère). « Un capteur carotté dans la chaussée transmettait la signature magnétique des véhicules qui passaient à proximité », explique Ludovic Broquereau, directeur marketing chez Hikob. Un système de lecture de plaques minéralogiques peut être ajouté pour identifier les véhicules. « Ce premier essai pourrait servir à informer les clients du départ précis du camion de la cimenterie et de son arrivée prévue chez eux », poursuit Ludovic Casabiel, qui envisage d’utiliser ce système pour suivre l’évolution chimique et mécanique du matériau béton.

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