Territoires Bretagne-Pays de la Loire

Quand la LGV remodèle le paysage rural

Mots clés : Transport ferroviaire

Le 23 septembre se tiendra, au Palais des congrès du Mans, le 1er colloque sur l’environnement organisé dans le cadre de l’Observatoire de la LGV Bretagne-Pays de la Loire. Pour Eiffage Rail Express (ERE), titulaire du marché conception, construction et entretien de cette ligne de 182 km, cet observatoire sera l’occasion de présenter les actions menées pour limiter les impacts de l’infrastructure sur l’environnement. « Notre démarche se décline en trois étapes : éviter, réduire et compenser », explique Christian de Firmas, directeur développement durable, foncier et concertation de ERE. Si un important travail a été conduit pour minimiser les impacts de la LGV (forme sinueuse du tracé pour éviter certains espaces, création de passages pour la faune, etc.), un tel projet engendre des impacts environnementaux résiduels qui correspondent à une forme de « dette écologique » et font l’objet d’un programme de compensation jusqu’en 2036, date de la fin du partenariat public-privé entre ERE et SNCF Réseau.

245 sites à moins de 2 km de la ligne.

Pour mettre en œuvre et suivre dans le temps ces mesures compensatoires, le concessionnaire a confié cette mission à un groupement de quatre PME bretonnes (1) piloté par Dervenn, spécialisé dans le génie écologique et les écosystèmes. Totalisant 920 ha, 245 sites de compensation ont été retenus à moins de 2 km de la ligne, dont 190 avec une gestion agricole encadrée par des baux ruraux environnementaux et 55 sans vocation agricole (boisement, comblements partiels de plans d’eau, plantation de formations végétales au bord des cours d’eau, etc.). « Le maintien d’une activité agricole sur les sites de compensation est une volonté forte du programme », assure Vincent Guillemot, directeur du bureau d’études Dervenn. 80 % de ces sites sont la propriété foncière de SNCF Réseau, les 20 % restants appartenant à des collectivités ou des propriétaires privés ayant accepté le principe d’une mise à disposition des terrains pour la mise en œuvre de mesures compensatoires.

A Argentré (Mayenne), le site de la Petite Choltière illustre bien l’action menée par le groupement Dervenn Compensation. Quatre mares, des gîtes à amphibiens et des haies ont été créées et une parcelle en culture convertie en prairie permanente. « Nous avons notamment créé des microdépressions et des bourrelets pour permettre l’accumulation d’eau afin de créer des zones humides », explique Jean-Yves Zaneguy, conducteur de travaux de terrassement chez Cardin TP, qui est intervenu de mai 2015 à début 2016. Contre un loyer symbolique de 1 euro, l’agriculteur locataire s’est engagé à respecter un cahier des charges environnemental, en évitant les labours ou en respectant les périodes de pâturage ou dates de fauche. Dervenn Compensation effectuera de l’entretien et un contrôle annuel de la gestion du site. Contre toute attente, ces contraintes sont bien vécues par les agriculteurs. « Globalement ils sont sensibles à notre action car on revient sur des paysages historiques qu’ils ont pu connaître dans leur jeunesse », témoigne Vincent Guillemot.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ

(1) Dervenn, Ouest Aménagement (bureau d’études en environnement et aménagement du territoire), Cardin Travaux publics et Ter-Qualitechs (conseil en agriculture).

Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X