Territoires Mons-en-Barœul

Quand l’art du paysage se met au service de la rénovation urbaine

Mots clés : Urbanisme - aménagement urbain

Plus grande ZUP au nord de Paris (près de 100 ha), le Nouveau Mons est emblématique des choix architecturaux et de morphologie urbaine des années 1960. Dans un contexte de tours et de barres d’immeubles typiques des grands ensembles de cette époque, l’image de la ville est amplement apportée par la qualité des espaces publics mais également des parcelles privées.

La singularité du Nouveau Mons réside ainsi dans la générosité de ses espaces plantés. C’est toute l’intelligence du programme de rénovation urbaine qui y a été conduit depuis 2009, et qui touche à son terme, que d’avoir respecté cet esprit. Au-delà de l’amélioration de l’habitat (400 démolitions/reconstructions et 2 000 réhabilitations dont 1 000 dans le cadre du PRU), de gros investissements ont été consentis sur le paysage : 10 millions d’euros pour 10 ha d’espaces publics (SEM Ville Renouvelée, MOA) et 2,8 millions pour 4 500 m2 de pieds d’immeubles (Partenord Habitat, maître d’ouvrage).

Deux arbres plantés pour un abattu.

Empreinte, paysagiste mandataire (1) pour le volet espaces publics, a travaillé suivant deux axes, à partir desquels s’opère le désenclavement du quartier : une orientation nord-sud, qui porte le végétal, et une orientation est-ouest, plus minérale. La première s’organise en un système de plateaux et de bassins de tamponnement des eaux pluviales, lesquelles dévalent la pente pour venir arroser les plantations. Cette avenue-parc est en quelque sorte la vitrine du nouvel écoquartier labellisé, bien qu’il soit regrettable que l’imperméabilité des sols impose au final un rejet dans le réseau collectif. L’axe est-ouest constitue, pour sa part, celui des flux, que des plantations d’alignement structurent et accompagnent, la disparition du terre-plein central offrant une confortable esplanade aux piétons face aux commerces.

A la croisée de ces deux chemins, la place de l’Europe, dont les très grandes dalles de béton prennent leurs aises sur 1 ha, vient créer une centralité, que des cépées habilement mis en scène ramènent à taille humaine. Le passage de la grande à la petite échelle s’effectue par le rapprochement subtil des espaces verts aux abords des immeubles. Une opération, réalisée sur sept sites par l’Atelier Altern (2), qui met en valeur un bâti de qualité tout en replaçant l’habitant au cœur du projet.
Ce travail paysager a aussi été marqué par un principe fort : pour un arbre abattu, deux ont été plantés. En provenance de pépinières de renom (Daniel Soupe à Lyon et Drappier en Belgique), ces derniers, pour nombre d’entre eux non calibrés, contribuent à leur manière à l’enrichissement de la biodiversité ordinaire.  

Portfolio et vidéo sur www.lemoniteur.fr/mons

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(1) Egis (VRD), Scène publique (éclairagiste), Villes et Paysages (urbanistes).

(2) Avec Rabot-Dutilleul (mandataire), De Alzua + (architectes) et Iosis (BET).

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