Territoires Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées

« Quand je dépense de l’argent, je le dépense utile »

Carole Delga, présidente de la nouvelle grande région.

L’élue socialiste fait du BTP sa priorité. Elle annonce l’engagement de 800 millions d’euros pour le secteur, avec notamment le lancement des études pour cinq nouveaux lycées.

Vous avez annoncé un « plan Marshall » en faveur du BTP. Pourquoi ce secteur ?

Le BTP a perdu un quart de ses effectifs en sept ans. Il faut une action forte pour créer des emplois qui seront non délocalisables et répartis sur l’ensemble du territoire. Cela permet aussi d’équiper une région qui gagne 50 000 nouveaux habitants par an.

Quelles opérations vont être lancées avec ce plan ?

Nous allons engager 800 millions d’euros pour le BTP, soit 200 millions de plus que le cumul annuel des investissements des deux régions. Nous allons amplifier notre soutien au très haut débit et accentuer notre politique de rénovation énergétique. Nous allons lancer cette année les études pour cinq nouveaux lycées avec une ouverture en 2019-2020. J’ai également demandé à mes services de recenser les projets qui avaient fait l’objet de décisions mais n’avaient pas encore été lancés, comme la restructuration du lycée Joffre à Montpellier, la construction du CEA Tech à Labège ou la réhabilitation du lycée Peytavin à Mende.

Vous souhaitez une meilleure commande publique. Que ferez-vous pour lutter contre la concurrence déloyale ?

Dès qu’un chantier sous maîtrise d’ouvrage régionale sera lancé, je saisirai l’inspection du travail pour demander des contrôles. Nous allons également limiter à deux ou trois le nombre de niveaux de sous-traitance.

Vous annoncez pour fin 2016 un contrat de filière BTP. En quoi se distinguera-t-il du contrat signé fin 2015 par l’ex-région Languedoc-Roussillon avec la FFB et la Capeb ?

Nous allons étendre ce contrat à l’ensemble de la région et au secteur des travaux publics. Nous allons également l’enrichir, notamment pour favoriser les transferts de technologies et promouvoir les filières innovantes.

N’est-il pas contradictoire de soutenir le BTP et de laisser planer le doute sur le financement de la gare TGV de Montpellier dont le chantier a débuté ?

Quand je dépense de l’argent, je le dépense utile. La SNCF ne peut pas me dire combien de TGV passeront par la gare de la Mogère, ni me garantir des sillons supplémentaires entre Montpellier et Sète. Elle s’était pourtant engagée contractuellement à augmenter de 30 % les trains du quotidien aux heures de pointe sur cet axe. Donc je suspends les paiements.

N’est-ce pas un mauvais signal donné pour la poursuite du projet de la LGV Montpellier Perpignan ?

Cela n’a rien à voir ! Je rappelle que j’ai été élue le 4 janvier et que fin janvier, Alain Vidalies, secrétaire d’Etat en charge des Transports, annonçait le tracé de Montpellier-Perpignan. L’enquête publique aura lieu à l’automne.

Le gouvernement prévoit une mise en service au-delà de 2030. Peut-on raccourcir ce délai ?

2030 c’est très loin. Si l’on fait l’enquête publique en 2016, on peut espérer une mise en service à l’horizon 2025.

Vous êtes hostile au PPP pour la réalisation de la LGV Bordeaux-Toulouse. Comment la financer ?

Cette ligne nouvelle sera rentable, donc ne nous engageons pas dans un partenariat public-privé qui ferait supporter des coûts très élevés aux collectivités locales. J’ai demandé au président de la République de mettre en place un comité de financement. Nous pouvons obtenir des crédits européens. Et puis les collectivités s’impliqueront parce que cette ligne est indispensable. L’année prochaine, Bordeaux sera à 2 heures de Paris, et Toulouse à 4 h 20. C’est trop pour la 4e ville de France !

La grande région compte deux métropoles, Montpellier et Toulouse. Comment améliorer la liaison entre les deux ?

Nous y travaillons avec le préfet. Nous allons inscrire les études pour la modernisation de cette ligne dans le contrat de plan Etat-région à la faveur de sa révision, en septembre. Il faut augmenter le nombre de trains, adapter la grille horaire aux trajets professionnels et diminuer le temps de parcours, qui doit descendre en dessous d’une heure et demie.

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