Enjeux

Quand BIM et SIG jouent la complémentarité

Mots clés : Logiciels - Outils d'aide

Il sera bientôt possible d’insérer un bâtiment en BIM dans son environnement géographique.

L’information géographique va-t-elle intégrer le building information modeling (BIM) dans les échanges numériques entre professionnels de la construction ? Servira-t-elle à la conception d’infrastructures liée aux bâtiments, à préparer les travaux ou à planifier l’approvisionnement des chantiers ? On peut le penser à la lumière des dernières avancées sur les systèmes d’information géographique (SIG) mises en œuvre par les acteurs du bâtiment. Elles sont réalisées aussi bien par des constructeurs comme Bouygues, que par des bureaux d’études comme Egis, ou encore des urbanistes comme l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) et même par des architectes.

« Mettre en place des approches globales ». Gaëtan Lavenu, responsable de la veille technologique chez Esri France, y croit fermement. Pour cet éditeur spécialisé dans les SIG, « nos utilisateurs s’interrogent sur la possibilité de combiner des données du SIG avec d’autres données de conception et de construction pour mettre en place des approches globales en matière d’urbanisme, de rénovation d’infrastructures, d’analyse énergétique ou technique dans le cadre d’un smart building ou d’une smart city , par exemple. La convergence entre BIM et SIG peut aussi servir à optimiser des parcours intérieurs et/ou extérieurs ou à traiter de façon géospatiale des capteurs connectés intégrés. » Pour autant, le SIG ne concurrence pas la conception assistée par ordinateur (CAO). Il la complète, tandis que le BIM assure le lien entre eux. La CAO reste, en effet, l’outil idéal pour la conception architecturale à l’échelle du bâtiment : avec le BIM, elle sert à établir des plans précis et détaillés. Le SIG travaille à une échelle plus vaste, celle de la carte étendue. Mis en corrélation avec le BIM, « il permet aux concepteurs de présenter et d’étudier l’impact d’un projet dans son environnement, que ce soit en matière d’ensoleillement, de microclimat ou de dispersion de polluants… », liste Anne-Lise Poplavksy, chef de produit chez 1Spatial, éditeur de SIG. Pour Mickael Guilleux-Nedellec, consultant métier de l’offre BIM chez Cap Gemini, « le SIG est idéal pour définir des orientations architecturales en fonction de l’environnement social et humain d’un quartier, d’une zone ou d’une ville. Il permet de savoir s’il faut prévoir une tour ou un bâtiment en long, comment l’orienter au mieux, ou encore s’il faut une trame d’habitat dispersée, en bande ou groupée. »

La carte reste l’outil de base. La carte est aussi l’outil de base de tous les acteurs de la construction : les corps d’état ont l’habitude de se partager les plans d’implantation pour mesurer des tracés, calculer des volumes ou des surfaces, traiter les caractéristiques physiques et fonctionnelles de terrains, trouver la carrière de matériaux, etc. C’est enfin sur un plan que le maître d’ouvrage conserve l’histoire d’une infrastructure ou effectue des récolements entre le prévu et le réalisé.

SIG et BIM sont donc destinés à s’entendre et à utiliser un langage numérique commun avec des objets au même format IFC (industry foundation classes) . « A l’avenir, nous disposerons d’un bâtiment en CAO qui fera partie d’un SIG plus vaste. L’ensemble constituera un BIM global couvrant toute l’infrastructure », prédit Christophe Castaing, directeur de projet chez Egis. C’est tout l’objet du projet Minnd (modélisation des informations interopérables pour les infrastructures durables) qu’il anime et vise à réunir les mondes du bâtiment et de l’infrastructure (1).

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(1) Lire l’article « Les travaux publics en convoi vers le BIM » dans « Le Moniteur » n° 5897 du 25 novembre 2016, p. 31.
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