Expositions

Qu’est-ce qu’habiter en 2050 ?

Mots clés : Analyse de l'architecture - Architecte - Architecture - Enfance et famille

La forme de la question pointe la contradiction inhérente à toute futurologie : la chronologie devrait exiger l’emploi du futur, mais la réponse ne peut être donnée qu’au présent. Le paradoxe peut être fécond – c’est le cas chez Banham qui, pour se faire « l’historien du futur immédiat », avait entrepris d’isoler dans le présent quelques lignes d’évolution et de les prolonger vers l’avenir ; il peut être aussi paralysant – il suffit d’avoir visité le pavillon français à la Biennale d’architecture de Venise 2004, dont le travail offrait surtout l’image un peu comique d’une poignée d’architectes en plein brain storming. Au Centre Pompidou, la réponse d’Alain Bublex est doublement rusée.

D’une part, il s’installe au cœur de la contradiction que la question soulève, et la manifeste en la brouillant un peu plus : s’il parle au présent, c’est d’un passé récent qui s’intéressait au futur. Bublex offre ici un résumé des recherches vers lesquelles son travail le porte depuis longtemps et qui, au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle, se sont occupées d’anticipation. A Beaubourg, il en a rassemblé quelques-unes en un paysage parodique dont chaque élément constitue une allusion : des préfabriqués qui évoquent une ville en chantier permanent, à la manière de la Plug-in City d’Archigram ; un sol meuble qui s’abaisse et se soulève, rappelant la supersurface de Superstudio ou la ville oblique de Claude Parent ; une tente, dont le « Profil hémisphérique démontre l’originalité du principe géodésique développé par Buckminster Fuller », etc. Le tout, en balcon sur le grand hall de Beaubourg, rappelle les paysages intérieurs de No Stop City – on retrouve d’ailleurs, tout comme chez Andrea Branzi, l’ordinateur conçu comme un équipement urbain. Au cœur du bâtiment qui a le mieux concrétisé cet héritage, c’est comme la mise en abîme d’une époque.

D’autre part, Bublex renvoie la question au public auquel est destinée la commande : les enfants, pour qui cette nouvelle Galerie des enfants est construite, et installée pour six mois sur la mezzanine nord (au-dessus de la boutique, qui a gagné au change une vitrine et un espace clos). La vraie réponse, dit-il en substance, est entre leurs mains. Mais leurs propres manières d’habiter...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 192 du 01/11/2009
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