Architecture Technique Logement social

Proue d’aluminium

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social - Produits et matériaux

Intégralement caréné de métal, ce nouvel immeuble pointe son étrave vers le centre de Paris.

A l’angle de la rue Louis-Bonnet et de la rue l’Orillon, dans le XIe arrondissement de Paris, dans un quartier encore mixte de la capitale, cet immeuble forme la pointe d’une parcelle triangulaire. « Il remplace une copropriété et un hôtel très dégradés, rachetés et démolis dans le cadre de la politique de résorption de l’habitat indigne menée depuis plus de dix ans à Paris et en région parisienne », indique Valérie Hermant, chargée d’opération à la Société immobilière d’économie mixte de la Ville de Paris (Siemp), maître d’ouvrage du programme.

Pas de parking mais un local à vélo.

Les 18 logements locatifs sociaux se répartissent sur six étages, au-dessus d’un rez-de-chaussée haut, occupé par deux locaux d’activité entièrement vitrés sur rue et des locaux collectifs. Ni cave ni parking mais, signe des temps, un grand local à vélos au rez-de-chaussée. De faible épaisseur – 9,50 mètres – le bâtiment se développe sur la longueur, entre rue et cour commune avec l’immeuble voisin, également propriété du bailleur social. « Nous sommes sur une petite parcelle, très dense, et nous avons repris le gabarit existant avec les deux derniers étages en retrait, précise l’architecte Jean-François Renaud. Pour désenclaver la cour, nous avons créé une faille entre les logements et les circulations verticales traitées en un bloc distinct de manière à mettre visuellement en relation la rue et la cour d’immeuble. » Là se glisse l’entrée, surplombée des paliers ainsi positionnés en balcon vers la ville, dans l’axe de la rue de Vaucouleurs. Ceux-ci se poursuivent en coursives – galeries ouvertes sur la cour – pour desservir les appartements. Cette faille offre un espace de transition, un temps suspendu entre l’intérieur et l’extérieur de l’îlot.

Peu d’espace mais de grandes fenêtres verticales.

Cette attention à la ville se retrouve jusque dans la cage d’escalier dont la façade est traitée en claustra réalisé avec des tubes d’aluminium posés à la verticale : passent l’air, la lumière et le regard. Tous les appartements, du studio au cinq-pièces, sont traversants et organisés sur le même principe : les pièces de service s’ouvrent petitement en façade est, sur la coursive, à l’inverse des chambres et séjours en façade ouest sur la rue Louis-Bonnet et à l’angle, équipés de grandes fenêtres verticales avec des garde-corps en verre ; cuisine et séjour sont de préférence en vis-à-vis. La modicité des surfaces allouées se trouve compensée par l’apport de lumière et l’étendue de la vue. La structure en béton est peu contraignante dans l’organisation des logements dans la mesure où elle porte de façade à façade. Isolé par l’extérieur, l’immeuble a fait l’objet d’un travail particulier sur la vêture pour aboutir à cette façade lumineuse dont les pleins sont recouverts d’aluminium anodisé de même que les volets qui, ouverts, se tiennent dans l’épaisseur des saillies des nez de dalle. L’ensemble crée une modénature originale et permet des variations aléatoires sur la volumétrie.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : Siemp. Maîtrise d’œuvre : Babin + Renaud Architectes. BET : EVP (structure), CFERM (fluides). Entreprise générale : Lainé-Delau. Surface : 1 592 m2 Shon (logements : 1 144 m2 Shab et locaux d’activité : 162 m2 SU). Coût des travaux : 3 037 574 euros HT.

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