Réglementation

Projet de décret relatif aux marchés publics

Mots clés : Contrat de partenariat

Ministère de l’Économie, de l’industrie et du numérique Novembre 2015

Introduction

Consultation publique

Publiées le 28 mars 2014 au Journal Officiel de l’Union européenne, les directives « marchés publics » doivent être transposées en droit interne au plus tard le 18 avril 2016. Prise sur le fondement de la loi de simplification de la vie des entreprises, l’ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 relative aux marchés publics transpose les mesures de niveau législatif. Le projet de décret soumis à consultation vise à la fois à achever la transposition de ces directives européennes sur les marchés publics et à prolonger, pour ce qui relève du niveau réglementaire, le travail d’unification des règles relatives aux marchés publics au sens du droit de l’Union européenne. Nous vous invitons, jusqu’au 4 décembre inclus, à faire parvenir vos remarques sur le projet de décret, ainsi qu’à nous transmettre tout élément que vous jugeriez nécessaire, à l’adresse suivante : concertation.daj@finances.gouv.fr

Projet de décret relatif aux marchés publics

Le Premier ministre,

Sur le rapport du ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique,

Vu le règlement d’exécution (UE) de la Commission européenne du… établissant les formulaires standard pour la publication d’avis en matière de marchés publics et de contrats de concession ;

Vu le règlement d’exécution (UE) de la Commission européenne du… établissant le formulaire type pour le document unique de marché européen ;

Vu la directive 2007/66/CE du Parlement européen et du Conseil du 11 décembre 2007 modifiant les directives 89/665/CEE et 92/13/CEE du Conseil en ce qui concerne l’amélioration de l’efficacité des procédures de recours en matière de passation des marchés publics ;

Vu la directive 2009/33/CE du Parlement européen et du Conseil du 23 avril 2009 relative à la promotion de véhicules de transport routier propres et économes en énergie ;

Vu la directive 2014/24/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 sur la passation des marchés publics et abrogeant la directive 2004/18/CE ;

Vu la directive 2014/25/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 février 2014 relative à la passation de marchés par des entités opérant dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, des transports et des services postaux et abrogeant la directive 2004/17/CE ;

Vu la recommandation de la Commission n° 2003/361/CE du 6 mai 2003 concernant la définition des micro, petites et moyennes entreprises ;

Vu la convention des Nations unies du 13 décembre 2006 relative aux droits des personnes handicapées signée à New York le 30 mars 2007, publiée par le décret n° 2010-356 du 1er avril 2010, et la loi n° 2009-1791 du 31 décembre 2009 autorisant la ratification de la convention relative aux droits des personnes handicapées ;

Vu le code de la construction et de l’habitation ;

Vu le code général de la propriété des personnes publiques, notamment ses articles R. 2122-28 à R. 2122-49 ;

Vu le code général des collectivités territoriales, notamment ses articles L. 1414-1 et suivants ;

Vu le code de justice administrative ;

Vu le code monétaire et financier ;

Vu le code de procédure civile, notamment son article 1441-3 ;

Vu le code de la route, et notamment son article R. 311-1 ;

Vu le code de la santé publique ;

Vu le code du travail, notamment son article L. 3253-22 ;

Vu le code de l’urbanisme ;

Vu la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 modifiée relative à la sous-traitance ;

Vu la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée ;

Vu la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 modifiée relative au développement et à la promotion du commerce et de l’artisanat, notamment son article 19 ;

Vu la loi n° 2010-597 du 3 juin 2010 modifiée relative au Grand Paris, notamment son article 22 ;

Vu la loi n° 2012-1558 du 31 décembre 2012 de programmation des finances publiques pour les années 2012 à 2017, notamment son article 17 ;

Vu la loi n° 2013-100 du 28 janvier 2013 portant diverses dispositions d’adaptation de la législation au droit de l’Union européenne en matière économique et financière, notamment son titre IV ;

Vu la loi n° 2014-626 du 18 juin 2014 modifiée relative à l’artisanat, au commerce et aux très petites entreprises, notamment son article 19 ;

Vu l’ordonnance n° 2009-515 du 7 mai 2009 relative aux procédures de recours applicables aux contrats de la commande publique, notamment son article 13 ;

Vu l’ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015 relative aux marchés publics ;

Vu le décret n° 2015-815 du 3 juillet 2015 relatif à la procédure d’attribution des contrats de revitalisation artisanale et commerciale ;

Vu le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 relatif à la lutte contre les retards de paiement dans les contrats de la commande publique ;

Vu […] ;

[Organismes consultés],

Le Conseil d’État (section…) entendu,

Décrète :

Première partie – Dispositions générales

Titre Ier- Champ d’application

Article 1er

Le présent décret s’applique aux marchés publics soumis à l’ordonnance du 23 juillet 2015 susvisée, à l’exception des marchés publics de défense ou de sécurité définis à son article 6.

Article 2

La liste des travaux, fournitures et services mentionnés aux articles 2 et 54 de l’ordonnance du 23 juillet 2015 susvisée est précisée, en tant que de besoin, par un arrêté du ministre chargé de l’économie.

Titre II – Préparation du marché public

Chapitre Ier- Définition du besoin

Section 1 – Sourçage

Article 3

Afin de préparer la passation d’un marché public, l’acheteur peut réaliser des consultations, solliciter des avis, faire réaliser des études de marché ou informer les opérateurs économiques de son projet et de ses exigences.

Les résultats de ce sourçage peuvent être utilisés par l’acheteur, à condition qu’ils n’aient pas pour effet de fausser la concurrence et n’entraînent pas une violation des principes de liberté d’accès à la commande publique, d’égalité de traitement des candidats et de transparence des procédures.

Section 2 – Mesures propres à garantir l’égalité de traitement des candidats et soumissionnaires

Article 4

L’acheteur prend les mesures appropriées pour veiller à ce que la concurrence ne soit pas faussée par la participation d’un opérateur économique qui aurait eu accès à des informations susceptibles de créer une distorsion de concurrence par rapport aux autres candidats ou soumissionnaires, notamment parce qu’il a présenté une offre spontanée, qu’il a participé à la préparation de la procédure de passation ou qu’il a été titulaire d’un marché public antérieur ayant le même objet ou portant sur un objet connexe.

Section 3 – Spécifications techniques

Article 5

I. − Les spécifications techniques définissent les caractéristiques requises des travaux, des services ou des fournitures qui font l’objet du marché public.

Ces caractéristiques peuvent également se référer au processus ou à la méthode spécifique de production ou de fourniture des travaux, des produits ou des services demandés ou à un processus propre à un autre stade de leur cycle de vie même lorsque ces facteurs ne font pas partie de leur contenu matériel, à condition qu’ils soient liés à l’objet du marché public et proportionnés à sa valeur et à ses objectifs.

II. − Les spécifications techniques sont formulées :

1° Soit par référence à des normes ou à d’autres documents équivalents accessibles aux candidats, choisis dans l’ordre de préférence suivant :

a) Les normes nationales transposant des normes européennes ;

b) Les évaluations techniques européennes ;

c) Les spécifications techniques communes ;

d) Les normes internationales ;

e) Les autres référentiels techniques élaborés par les organismes européens de normalisation, ou, en leur absence, les normes nationales, les agréments techniques nationaux ou les spécifications techniques nationales en matière de conception, de calcul et de réalisation des ouvrages et d’utilisation des fournitures ;

2° Soit en termes de performances ou d’exigences fonctionnelles. Celles-ci sont suffisamment précises pour permettre aux candidats de connaître exactement l’objet du marché et à l’acheteur d’attribuer le marché public. Elles peuvent inclure des caractéristiques environnementales ;

3° Soit en combinant le 1° et le 2°.

Un avis publié au Journal officiel de la République française reprend les règles européennes relatives à la nature et au contenu des spécifications techniques.

Article 6

Lorsque l’acheteur définit une spécification technique par référence à une norme, il ne peut pas rejeter une offre au motif qu’elle n’est pas conforme à cette spécification si le soumissionnaire prouve dans son offre, par tout moyen approprié, que les solutions qu’il propose respectent de manière équivalente cette spécification.

Lorsque l’acheteur définit une spécification technique en termes de performances ou d’exigences fonctionnelles, il ne peut pas rejeter une offre au motif qu’elle n’est pas conforme à cette spécification si le soumissionnaire prouve, par tout moyen approprié, que son offre est conforme à des normes ou documents équivalents qui eux-mêmes correspondent aux performances ou exigences fonctionnelles exigées.

Article 7

Les spécifications techniques ne peuvent pas faire mention d’un mode ou procédé de fabrication particulier ou d’une provenance ou origine déterminée, ni faire référence à une marque, à un brevet ou à un type lorsqu’une telle mention ou référence est susceptible de favoriser ou d’éliminer certains opérateurs économiques ou certains produits. Toutefois, une telle mention ou référence est possible si elle est justifiée par l’objet du marché public ou, à titre exceptionnel, dans le cas où une description suffisamment précise et intelligible de l’objet du marché public n’est pas possible sans elle et à la condition qu’elle soit accompagnée des termes « ou équivalent ».

Article 8

Sauf cas dûment justifié, les spécifications techniques sont établies de manière à prendre en compte des critères d’accessibilité pour les personnes handicapées ou des critères de fonctionnalité pour tous les utilisateurs.

Section 4 – Labels

Article 9

I. – Lorsque l’acheteur souhaite acquérir des travaux, des fournitures ou des services présentant certaines caractéristiques d’ordre environnemental, social ou autre, il peut, dans les spécifications techniques, les critères d’attribution ou les conditions d’exécution du marché public, exiger un label particulier en tant que moyen permettant de prouver que les travaux, services ou fournitures correspondent aux caractéristiques requises, à condition que l’ensemble des conditions suivantes soient respectées :

1° Les exigences en matière de label ne concernent que des critères qui sont liés à l’objet du marché public ou à ses conditions d’exécution et sont propres à définir les caractéristiques des travaux, fournitures ou services qui font l’objet du marché public ;

2° Les exigences en matière de label sont fondées sur des critères objectivement vérifiables et non discriminatoires ;

3° Le label est établi par une procédure ouverte et transparente à laquelle toutes les parties concernées, telles que les organismes publics, les consommateurs, les partenaires sociaux, les fabricants, les distributeurs ou les organisations non gouvernementales, peuvent participer ;

4° Le label est accessible à toutes les parties intéressées ;

5° Les exigences en matière de label sont fixées par un tiers sur lequel l’opérateur économique qui demande l’obtention du label ne peut exercer d’influence décisive.

Lorsque l’acheteur n’exige pas que les travaux, fournitures ou services remplissent toutes les exigences en matière de label, il indique les exigences qui sont visées.

L’acheteur qui exige un label particulier accepte tous les labels qui confirment que les travaux, fournitures ou services remplissent des exigences équivalentes en matière de label.

Lorsqu’un opérateur économique n’avait manifestement pas la possibilité d’obtenir le label particulier spécifié par l’acheteur ou un label équivalent dans les délais fixés pour des raisons qui ne lui sont pas imputables, l’acheteur accepte d’autres moyens de preuve appropriés tels que, par exemple, un dossier technique du fabricant, pour autant que l’opérateur économique concerné établisse que les travaux, fournitures ou services qu’il doit fournir satisfont aux exigences concernant le label particulier ou aux exigences particulières indiquées par l’acheteur.

II. – Au sens du présent article, un label est tout document, certificat ou attestation confirmant que les ouvrages, les produits, les services, les procédés ou les procédures concernées par la délivrance de ce label remplissent certaines exigences.

Les exigences en matière de label sont les exigences que doivent remplir les ouvrages, les produits, les services, les procédés ou les procédures en question pour obtenir le label concerné.

III. – Lorsqu’un label remplit les conditions prévues aux 2° à 5° du I, mais fixe aussi des exigences qui ne sont pas liées à l’objet du marché public, l’acheteur n’exige pas ce label mais il peut définir la spécification technique par référence aux spécifications détaillées de ce label ou, si besoin est, aux parties de celles-ci qui sont liées à l’objet du marché public et sont propres à définir les caractéristiques de cet objet.

Section 5 – Rapports d’essai, certification et autres moyens de preuve

Article 10

I. – L’acheteur peut exiger que les opérateurs économiques fournissent, au titre de moyen de preuve de la conformité aux spécifications techniques, aux critères d’attribution ou aux conditions d’exécution du marché, un rapport d’essai d’un organisme d’évaluation de la conformité accrédité conformément au règlement (CE) nº 765/2008 du Parlement européen et du Conseil ou un certificat délivré par un tel organisme.

Lorsque l’acheteur demande que des certificats particuliers leur soient soumis, il accepte aussi des certificats équivalents.

II. – Lorsqu’un opérateur économique n’a pas accès aux certificats ou aux rapports d’essai visés au I ni la possibilité de les obtenir dans les délais fixés par l’acheteur, ce dernier accepte d’autres moyens de preuve appropriés.

Chapitre II – Allotissement

Article 11

I. – L’acheteur qui décide de ne pas allotir un marché public :

1° Mentionne les raisons de son choix dans les documents de la consultation ou le rapport de présentation mentionné à l’article 101, lorsqu’il agit en tant que pouvoir adjudicateur ;

2° Conserve ces justifications dans les conditions de l’article 102, lorsqu’il agit en tant qu’entité adjudicatrice.

II. – L’acheteur indique dans l’avis d’appel public à la concurrence ou l’invitation à confirmer l’intérêt si les opérateurs économiques peuvent soumissionner pour un seul lot, plusieurs lots ou tous les lots ainsi que, le cas échéant, le nombre maximal de lots qui peuvent être attribués à un même soumissionnaire. Dans ce cas, les documents de la consultation précisent les règles applicables lorsque la mise en œuvre des critères d’attribution conduirait à attribuer à un même soumissionnaire un nombre de lots supérieur au nombre maximal.

Chapitre III – Marchés publics réservés

Article 12

Lorsque l’acheteur réserve un marché public ou des lots d’un marché public aux opérateurs économiques qui emploient des travailleurs handicapés ou défavorisés en application de l’article 36 de l’ordonnance du 23 juillet 2015, l’avis d’appel public à la concurrence renvoie au I ou au II de ce même article.

La proportion minimale mentionnée aux I et II de l’article 36 susmentionné est fixée à 50 %.

Article 13

Lorsque l’acheteur décide de mettre en œuvre la réservation prévue à l’article 37 de l’ordonnance du 23 juillet 2015 susvisée, l’avis d’appel public à la concurrence renvoie à cet article.

Chapitre IV – Contenu du marché public

Section 1 – Clauses obligatoires dans les marchés publics écrits

Article 14

I. – Les marchés publics dont le montant est égal ou supérieur à 25 000 euros HT sont conclus par écrit et contiennent des clauses qui précisent :

1° Les pièces constitutives du marché public et leur ordre de priorité. Cet ordre de priorité prévaut en cas de contradiction dans le contenu des pièces ;

2° La désignation du comptable assignataire lorsque le marché public est passé par un acheteur doté d’un comptable public. Toutefois, pour les accords-cadres et les systèmes d’acquisition dynamique, cette mention peut figurer dans les bons de commande, dans les marchés subséquents ou dans les marchés spécifiques ;

3° L’objet et les conditions d’exécution du marché public.

II. – Ces clauses peuvent être déterminées par référence à des documents généraux tels que :

1° Les cahiers des clauses administratives générales, qui fixent les stipulations de nature administrative applicables à une catégorie de marchés publics ;

2° Les cahiers des clauses techniques générales, qui fixent les stipulations de nature technique applicables à toutes les prestations d’une même nature.

Les cahiers des clauses administratives générales et les cahiers des clauses techniques générales sont publiés au Journal officiel de la République française par avis du ministre chargé de l’économie.

Lorsque l’acheteur fait référence à des documents généraux, le marché public comporte, le cas échéant, l’indication des articles de ces documents auxquels il déroge.

Section 2 – Durée

Article 15

I. – Sous réserve des dispositions relatives à la durée maximale des accords-cadres et de certains marchés publics, la durée d’un marché public est fixée en tenant compte de la nature des prestations et de la nécessité d’une remise en concurrence périodique.

II. – Un marché public peut prévoir une ou plusieurs reconductions à condition que ses caractéristiques restent inchangées et que la mise en concurrence ait été réalisée en prenant en compte la durée totale du marché public.

Sauf stipulation contraire, la reconduction prévue dans le marché public est tacite et le titulaire ne peut s’y opposer.

Section 3 – Prix

Article 16

Les prix des prestations faisant l’objet d’un marché public sont soit des prix unitaires appliqués aux quantités réellement livrées ou exécutées, soit des prix forfaitaires appliqués à tout ou partie du marché public, quelles que soient les quantités livrées ou exécutées.

Des clauses incitatives peuvent être insérées dans les marchés publics aux fins d’améliorer les délais d’exécution, de rechercher une meilleure qualité des prestations et de réduire les coûts de production.

Article 17

I. – Sous réserve des dispositions de l’article 18, un marché public est conclu à prix définitif.

II. – Un prix définitif peut être ferme ou révisable.

III. – Un prix ferme est un prix invariable pendant la durée du marché. Toutefois, il est actualisable dans les conditions définies ci-dessous.

Un marché public est conclu à prix ferme dans le cas où cette forme de prix n’est pas de nature à exposer à des aléas majeurs les parties au marché public du fait de l’évolution raisonnablement prévisible des conditions économiques pendant la période d’exécution des prestations.

Lorsqu’un marché public est conclu à prix ferme pour des fournitures ou services autres que courants ou pour des travaux, il prévoit les modalités d’actualisation de son prix. Il précise notamment :

1° Que ce prix sera actualisé si un délai supérieur à trois mois s’écoule entre la date à laquelle le candidat a fixé son prix dans l’offre et la date de début d’exécution des prestations ;

2° Que l’actualisation se fera aux conditions économiques correspondant à une date antérieure de trois mois à la date de début d’exécution des prestations.

Lorsqu’un marché public est conclu à prix ferme pour des fournitures ou services courants, il peut prévoir que son prix pourra être actualisé selon des règles identiques à celles mentionnées ci-dessus.

Le prix ainsi actualisé reste ferme pendant toute la période d’exécution des prestations et constitue le prix de règlement.

Dans les marchés publics à tranches, le prix de chaque tranche est actualisable dans les conditions déterminées par les troisième à sixième alinéas du présent III. Cette actualisation est opérée aux conditions économiques observées à une date antérieure de trois mois au début d’exécution des prestations de la tranche.

Pour l’application de ces dispositions, sont réputés être des fournitures ou services courants ceux pour lesquels l’acheteur n’impose pas des spécifications techniques propres au marché public.

IV. – Un prix révisable est un prix qui peut être modifié pour tenir compte des variations économiques dans les conditions fixées ci-dessous.

Lorsque le prix est révisable, le marché public fixe la date d’établissement du prix initial, les modalités de calcul de la révision ainsi que la périodicité de sa mise en œuvre. Les modalités de calcul de la révision du prix sont fixées :

1° Soit en fonction d’une référence à partir de laquelle on procède à l’ajustement du prix de la prestation ;

2° Soit par application d’une formule représentative de l’évolution du coût de la prestation. Dans ce cas, la formule de révision ne prend en compte que les différents éléments du coût de la prestation et peut inclure un terme fixe ;

3° Soit en combinant les modalités mentionnées aux 1° et 2°.

V. – Les marchés publics d’une durée d’exécution supérieure à trois mois qui nécessitent pour leur réalisation le recours à une part importante de fournitures notamment de matières premières dont le prix est directement affecté par les fluctuations de cours mondiaux comportent une clause de révision de prix incluant au moins une référence aux indices officiels de fixation de ces cours, conformément au IV du présent article.

Toutefois, les marchés publics de fourniture de gaz ou d’électricité peuvent être conclus à prix ferme conformément aux usages de la profession.

Article 18

I. – Il est possible de conclure des marchés publics à prix provisoires dans les cas exceptionnels suivants :

1° Lorsque, pour des prestations complexes ou faisant appel à une technique nouvelle et présentant soit un caractère d’urgence impérieuse, soit des aléas techniques importants, l’exécution du marché public doit commencer alors que la détermination d’un prix initial définitif n’est pas encore possible ;

2° Lorsque les résultats d’une enquête de coût de revient portant sur des prestations comparables commandées au titulaire d’un marché public antérieur ne sont pas encore connus ;

3° Lorsque les prix des dernières tranches d’un marché public à tranches sont fixés au vu des résultats, non encore connus, d’une enquête de coût de revient portant sur les premières tranches, conclues à prix définitifs ;

4° Lorsque les prix définitifs de prestations comparables ayant fait l’objet de marchés publics antérieurs sont remis en cause par le candidat pressenti ou par l’acheteur, sous réserve que ce dernier ne dispose pas des éléments techniques ou comptables lui permettant de négocier de nouveaux prix définitifs ;

5° Lorsque les prestations font l’objet d’un partenariat d’innovation.

II. – Les marchés publics conclus à prix provisoires précisent :

1° Les conditions dans lesquelles sera déterminé le prix définitif, éventuellement dans la limite d’un prix plafond ;

2° L’échéance à laquelle le prix définitif devra être fixé ;

3° Les règles comptables auxquelles le titulaire devra se conformer ;

4° Les vérifications sur pièces et sur place que l’acheteur se réserve d’effectuer sur les éléments techniques et comptables du coût de revient.

V. – Pour la réalisation des ouvrages mentionnés à l’article 1er de la loi du 12 juillet 1985 susvisée, les marchés publics de maîtrise d’œuvre sont passés à prix provisoires conformément au décret n° 93-1268 du 29 novembre 1993 relatif aux missions de maîtrise d’œuvre confiées par des maîtres d’ouvrage publics à des prestataires de droit privé.

Titre III – Passation du marché public

Chapitre IER- Opérations préalables au lancement de la procédure de passation

Section 1 – Calcul de la valeur estimée du besoin

Article 19

La valeur estimée du besoin est calculée sur la base du montant total hors taxe du ou des marchés publics envisagés, y compris les options et les reconductions. Lorsque l’acheteur prévoit des primes au profit des candidats ou soumissionnaires, il en tient compte pour ce calcul.

Lorsqu’un acheteur est composé d’unités opérationnelles distinctes, la valeur totale estimée des marchés publics passés pour les besoins des différentes unités opérationnelles est prise en compte. Toutefois, lorsqu’une unité opérationnelle est responsable de manière autonome de ses marchés publics ou de certaines catégories d’entre eux, la valeur du besoin peut être estimée au niveau de l’unité en question.

L’acheteur ne peut se soustraire à l’application du présent décret en scindant ses achats ou en utilisant des modalités de calcul de la valeur estimée du besoin autres que celles prévues ci-après.

Article 20

I. – La valeur estimée du besoin est déterminée dans les conditions suivantes, quels que soient le nombre d’opérateurs économiques auquel il est fait appel et le nombre de marchés publics à passer :

1° En ce qui concerne les marchés publics de travaux, sont prises en compte la valeur globale des travaux se rapportant à une opération ainsi que la valeur totale estimée des fournitures et des services mis à la disposition du titulaire par l’acheteur lorsqu’ils sont nécessaires à l’exécution des travaux.

2° En ce qui concerne les marchés publics de fournitures ou de services, il est procédé à une estimation de la valeur totale des produits ou des services qui peuvent être considérés comme homogènes soit en raison de leurs caractéristiques propres, soit parce qu’ils constituent une unité fonctionnelle.

II. – Pour les marchés publics de fournitures ou de services qui répondent à un besoin régulier, la valeur estimée mentionnée au I correspond aux besoins d’une année ou d’un exercice budgétaire si celui-ci est supérieur à une année.

III. – Pour les accords-cadres et les systèmes d’acquisition dynamiques, la valeur à prendre en compte est la valeur maximale estimée de l’ensemble des marchés à passer ou des bons de commande à émettre pendant la durée totale de l’accord-cadre ou du système d’acquisition dynamique.

IV. – Pour les partenariats d’innovation, la valeur à prendre en compte est la valeur totale estimée des activités de recherche et de développement qui doivent être menées au cours des différentes phases du partenariat ainsi que la valeur totale estimée des fournitures, services ou travaux innovants qui en sont le résultat et dont l’acquisition est envisagée.

Article 21

En cas de marché public alloti, l’acheteur prend en compte la valeur globale estimée de la totalité des lots.

Toutefois, alors même que la valeur cumulée de tous les lots est égale ou supérieure aux seuils de procédure formalisée, l’acheteur peut mettre en œuvre une procédure adaptée pour les lots qui remplissent les deux conditions suivantes :

1° La valeur estimée de chaque lot concerné est inférieure à 80 000 euros HT pour des fournitures ou des services ou à 1 million d’Euros HT pour des travaux ;

2° Le montant cumulé de ces lots n’excède pas 20 % de la valeur totale estimée de tous les lots.

Cette disposition est également applicable aux lots déclarés infructueux ou sans suite au terme d’une première procédure ainsi qu’aux lots dont l’exécution est inachevée après résiliation du marché public initial pour autant que ces lots satisfassent aux conditions fixées par les deux alinéas précédents.

Article 22

La valeur du besoin à prendre en compte est celle estimée au moment de l’envoi de l’avis d’appel public à la concurrence à la publication, ou, en l’absence d’un tel avis, au moment où l’acheteur engage la procédure de passation du marché public.

Section 2 – Évaluation préalable du mode de réalisation du projet d’investissement

Article 23

I. − Le seuil mentionné à l’article 40 de l’ordonnance du 23 juillet 2015 susvisée, à partir duquel la procédure de passation du marché public doit être précédée d’une évaluation du mode de réalisation du projet, est fixé à 100 millions d’Euros HT.

Pour le calcul du seuil fixé à l’alinéa précédent, le montant d’investissement à prendre en compte est constitué de l’ensemble des dépenses effectuées par l’acheteur pour la réalisation du projet.

II. − Cette évaluation comporte :

1° Une présentation générale :

a) Du projet, notamment son objet, l’historique, le contexte, ses enjeux et les caractéristiques de son équilibre économique ;

b) De l’acheteur, notamment ses compétences et son statut.

2° Une analyse comparative en valeur actualisée des différentes options de montages contractuels et institutionnels de la commande publique envisageables pour mettre en œuvre le projet, comprenant :

a) Un cadrage, incluant notamment le périmètre, les procédures et le calendrier pour chacune des phases de réalisation du projet, ainsi que la durée totale du contrat ;

b) Une estimation en coût complet des différentes options comprenant notamment les coûts de programmation, de conception, de réalisation, de financement et de fonctionnement de l’ouvrage pour l’acheteur et pour le cocontractant avec leur évolution dans le temps, ainsi que le cas échéant des recettes générées par le projet et le traitement comptable et fiscal retenu ;

3° Une cartographie des principaux risques du projet comprenant les risques financiers et la répartition des risques entre l’acheteur et le titulaire et, le cas échéant, une valorisation financière de ces risques.

Article 24

Lorsque le projet d’investissement est soumis à l’obligation d’évaluation socio-économique prévue par l’article 17 de la loi du 31 décembre 2012 susvisée, l’évaluation préalable du mode de réalisation du projet, lorsqu’elle est disponible, est insérée dans le dossier d’évaluation socio-économique.

Chapitre II – Choix de la procédure

Section 1 – Les procédures formalisées

Sous-section 1 – Les procédures formalisées applicables aux pouvoirs adjudicateurs

Article 25

I. – Sous réserve des articles 28 et 29, lorsque la valeur estimée du besoin est égale ou supérieure aux seuils européens mentionnés à l’article 42 de l’ordonnance du 23 juillet 2015 susvisée, les pouvoirs adjudicateurs passent leurs marchés publics selon l’une des procédures formalisées suivantes :

1° L’appel d’offres ;

2° La procédure concurrentielle avec négociation ;

3° Le dialogue compétitif.

II. – Les pouvoirs adjudicateurs peuvent utiliser la procédure concurrentielle avec négociation ou le dialogue compétitif dans les cas suivants :

1° Lorsque le besoin ne peut être satisfait sans adapter des solutions immédiatement disponibles ;

2° Lorsque le besoin consiste en une solution innovante au sens de l’article 90 ;

3° Lorsque le marché public comporte des prestations de conception ;

4° Lorsque le marché public ne peut être attribué sans négociation préalable du fait de circonstances particulières liées à sa nature, à sa complexité ou au montage juridique et financier ou en raison des risques qui s’y rattachent ;

5° Lorsque le pouvoir adjudicateur n’est pas en mesure de définir les spécifications techniques avec une précision suffisante en se référant à une norme, une évaluation technique européenne, une spécification technique commune ou un référentiel technique ;

6° Lorsque, dans le cadre d’un appel d’offres, seules des offres irrégulières ou inacceptables, au sens de l’article 56, ont été présentées pour autant que les conditions initiales du marché public ne soient pas substantiellement modifiées. Le pouvoir adjudicateur n’est pas tenu de publier un avis d’appel public à la concurrence s’il ne fait participer à la procédure que le ou les soumissionnaires qui ont présenté des offres conformes aux exigences formelles de l’appel d’offres.

Sous-section 2 – Les procédures formalisées applicables aux entités adjudicatrices

Article 26

Sous réserve des articles 28 et 29, lorsque la valeur estimée du besoin est égale ou supérieure aux seuils européens mentionnés à l’article 42 de l’ordonnance du 23 juillet 2015 susvisée, les entités adjudicatrices passent leurs marchés publics selon l’une des procédures formalisées suivantes qu’elles choisissent librement :

1° L’appel d’offres ;

2° La procédure négociée avec mise en concurrence préalable ;

3° Le dialogue compétitif.

Section 2 – La procédure adaptée

Sous-section 1 – Les marchés publics inférieurs aux seuils de procédure formalisée

Article 27

I. – Lorsque la valeur estimée du besoin est inférieure aux seuils de procédure formalisée, l’acheteur peut recourir à une procédure adaptée dont il détermine librement les modalités en fonction de la nature et des caractéristiques du besoin à satisfaire, du nombre ou de la localisation des opérateurs économiques susceptibles d’y répondre ainsi que des circonstances de l’achat.

Lorsque des négociations sont prévues, l’acheteur peut attribuer le marché public sur la base des offres initiales sans négociation, à condition d’avoir indiqué dans les documents de la consultation qu’il se réserve la possibilité de le faire.

II. − L’acheteur peut décider que le marché public sera passé sans publicité ni mise en concurrence préalables dans les cas suivants :

1° Dans les situations décrites à l’article 30 ;

2° Lorsque des mesures de publicité et de mise en concurrence sont impossibles ou manifestement inutiles en raison notamment de l’objet du marché public, de son montant ou du faible degré de concurrence dans le secteur considéré ;

3° Lorsque la valeur estimée du besoin est inférieure à 25 000 euros HT. Lorsqu’il est fait usage de cette faculté, l’acheteur veille à choisir une offre pertinente, à faire une bonne utilisation des deniers publics et à ne pas contracter systématiquement avec un même opérateur économique.

Sous-section 2 – Les marchés publics de services sociaux et autres services spécifiques

Article 28

I. − Quelle que soit la valeur estimée du besoin, les marchés publics ayant pour objet des services sociaux et autres services spécifiques, dont la liste figure dans un avis publié au Journal officiel de la République française peuvent être passés selon une procédure adaptée dans les conditions prévues par l’article 27.

II. − Pour l’attribution du marché public, l’acheteur tient compte des spécificités des services en question. Il veille notamment à la qualité, la continuité, l’accessibilité, le caractère abordable, la disponibilité et l’exhaustivité des services, les besoins spécifiques des différentes catégories d’utilisateurs, y compris des catégories défavorisées et vulnérables, la participation et l’implication des utilisateurs, ainsi que l’innovation.

III. – A l’exception de l’article 133, le titre IV de la présente partie ne s’applique pas aux marchés publics de services juridiques autres que ceux mentionnés à l’article 29.

IV. – Lorsqu’un marché public a pour objet à la fois des services sociaux et autres services spécifiques figurant sur la liste mentionnée au I et d’autres services qui n’y figurent pas, il est passé conformément aux règles applicables à celle de ces deux catégories de services dont la valeur estimée est la plus élevée.

Sous-section 3 – Les marchés publics de services juridiques de représentation

Article 29

I. – À l’exception des articles 27,36, 100 et 134, les dispositions du présent décret ne s’appliquent pas aux marchés publics de services juridiques suivants :

1° Les services juridiques de représentation légale d’un client par un avocat dans le cadre d’un arbitrage ou d’une conciliation ou d’une procédure devant les juridictions nationales, étrangères ou internationales, devant les autorités publiques ou les institutions internationales ;

2° Les services de consultation juridique fournis par un avocat en vue de la préparation de toute procédure visée à l’alinéa précédent ou lorsqu’il existe des signes tangibles et de fortes probabilités que la question sur laquelle porte la consultation fera l’objet d’une telle procédure

II. – Quelle que soit la valeur estimée du besoin, ces marchés peuvent être passés selon une procédure adaptée dans les conditions prévues par l’article 27.

III. − Lorsqu’un marché public a pour objet à la fois des services juridiques de représentation et d’autres services, il est passé conformément au présent article si les services juridiques de représentation constituent l’objet principal du marché public et si les différentes parties du marché sont objectivement inséparables. Lorsqu’il n’est pas possible de déterminer l’objet principal du marché public, celui-ci est soumis aux règles applicables aux autres services.

Section 3 – La procédure négociée sans publicité ni mise en concurrence préalables

Article 30

I. – Les acheteurs peuvent recourir à une procédure négociée sans publicité ni mise en concurrence préalables dans les cas suivants :

1° Lorsqu’une urgence impérieuse résultant de circonstances imprévisibles pour l’acheteur et n’étant pas de son fait ne permet pas de respecter les délais minimums exigés par les procédures formalisées. Tel est notamment le cas des marchés publics rendus nécessaires pour l’exécution d’office, en urgence, des travaux réalisés par des acheteurs en application des articles L. 1311-4, L. 1331-24, L. 1331-26-1, L. 1331-28, L. 1331-29 et L. 1334-2 du code de la santé publique et des articles L. 123-3, L. 129-2, L. 129-3, L. 511-2 et L. 511-3 du code de la construction et de l’habitation. Le marché public est limité aux prestations strictement nécessaires pour faire face à la situation d’urgence ;

2° Lorsque, dans le cadre d’une procédure d’appel d’offres passée par un pouvoir adjudicateur ou d’une procédure formalisée passée par une entité adjudicatrice, soit aucune candidature ou aucune offre n’a été déposée dans les délais prescrits, soit seules des candidatures irrecevables au sens du III de l’article 52 ou des offres inappropriées au sens du II de l’article 56, ont été présentées, pour autant que les conditions initiales du marché public ne soient pas substantiellement modifiées et qu’un rapport soit communiqué, à sa demande, à la Commission européenne ;

3° Lorsque les travaux, fournitures ou services ne peuvent être fournis que par un opérateur économique particulier, pour l’une des raisons suivantes :

a) L’objet du marché public a pour objet la création ou l’acquisition d’une œuvre d’art ou d’une performance artistique unique ;

b) Pour des raisons tenant à l’absence de concurrence pour des raisons techniques ;

c) Pour des raisons tenant à la protection de droits d’exclusivité, notamment de droits de propriété intellectuelle ;

4° Pour les marchés publics de fournitures qui ont pour objet :

a) Des livraisons complémentaires exécutées par le fournisseur initial et qui sont destinées soit au renouvellement partiel de fournitures ou d’installations, soit à l’extension de fournitures ou d’installations existantes, lorsque le changement de fournisseur obligerait l’acheteur à acquérir des fournitures ayant des caractéristiques techniques différentes entraînant une incompatibilité ou des difficultés techniques d’utilisation et d’entretien disproportionnées. Lorsqu’un tel marché public est passé par un pouvoir adjudicateur, sa durée ne peut dépasser, sauf cas dûment justifié, trois ans, périodes de reconduction comprises ;

b) L’achat de matières premières cotées et achetées en bourse ;

5° Pour les marchés publics de fournitures ou de services passés dans des conditions particulièrement avantageuses, soit auprès d’un fournisseur en cessation définitive d’activité, soit auprès du liquidateur d’une faillite ou d’une procédure de même nature ;

6° Pour les marchés publics de services attribués au lauréat ou à l’un des lauréats d’un concours. Lorsqu’il y a plusieurs lauréats, ils sont tous invités à participer aux négociations ;

7° Pour les marchés publics de travaux ou de services ayant pour objet la réalisation de prestations similaires à celles qui ont été confiées au titulaire d’un marché public précédent passé après mise en concurrence. Le premier marché public doit avoir indiqué la possibilité de recourir à cette procédure pour la réalisation de prestations similaires. Sa mise en concurrence doit également avoir pris en compte le montant total envisagé, y compris celui des nouveaux travaux ou services. Lorsqu’un tel marché public est passé par un pouvoir adjudicateur, la durée pendant laquelle les nouveaux marchés publics peuvent être conclus ne peut dépasser trois ans à compter de la notification du marché public initial.

II. − Les pouvoirs adjudicateurs peuvent également recourir à une procédure négociée sans publicité ni mise en concurrence préalables pour les marchés de fournitures ayant pour objet l’achat de produits fabriqués uniquement à des fins de recherche, d’expérimentation, d’étude ou de développement, sans objectif de rentabilité ou d’amortissement des coûts de recherche et de développement.

III. − Les entités adjudicatrices peuvent également recourir à une procédure négociée sans publicité ni mise en concurrence préalables dans les cas suivants :

1° Pour les marchés publics conclus à des fins de recherche, d’expérimentation, d’étude ou de développement, sans objectif de rentabilité ou d’amortissement des coûts de recherche et de développement. La passation d’un tel marché public ne doit pas porter préjudice à la mise en concurrence des marchés publics ultérieurs qui poursuivent ces mêmes objectifs.

2° Pour les marchés publics ayant pour objet l’achat de fournitures qu’il est possible d’acquérir en profitant d’une occasion particulièrement avantageuse qui se présente dans une période de temps très courte et pour lesquelles le prix à payer est considérablement plus bas que les prix normalement pratiqués sur le marché.

Chapitre III – Publicité préalable

Section 1 – Les avis de publicité préalable

Sous-section 1 – Avis de pré-information des pouvoirs adjudicateurs

Article 31

I. − Les pouvoirs adjudicateurs peuvent faire connaître leur intention de passer un marché public par le biais de la publication d’un avis de pré-information établi conformément au modèle fixé par le règlement de la Commission européenne établissant les formulaires standard pour la publication d’avis dans le cadre des procédures de passation de marchés publics.

Cet avis peut être soit adressé pour publication à l’Office des publications officielles de l’Union européenne, soit publié par le pouvoir adjudicateur sur son profil d’acheteur.

Lorsqu’un pouvoir adjudicateur publie l’avis de pré-information sur son profil d’acheteur, il envoie à l’Office des publications de l’Union européenne un avis annonçant la publication de cet avis. La date de cet envoi est mentionnée sur l’avis de pré-information publié sur le profil d’acheteur.

II. − Dans le cadre d’une procédure d’appel d’offres restreint ou d’une procédure concurrentielle avec négociation, à l’exception des autorités publiques centrales dont la liste est publiée au Journal officiel de la République française, les pouvoirs adjudicateurs peuvent utiliser un avis de pré-information en lieu et place d’un avis d’appel public à la concurrence, à condition que l’avis remplisse les conditions suivantes :

1° Il fait référence spécifiquement aux travaux, aux fournitures ou aux services qui feront l’objet du marché public à passer ;

2° Il mentionne que ce marché public sera passé selon une procédure d’appel d’offres restreint ou une procédure concurrentielle avec négociation sans publication ultérieure d’un avis d’appel public à la concurrence et invite les opérateurs économiques intéressés à manifester leur intérêt ;

3° Il a été envoyé pour publication entre trente-cinq jours et douze mois avant la date d’envoi de l’invitation à confirmer l’intérêt.

De tels avis ne sont pas publiés sur un profil d’acheteur. Toutefois, une publication supplémentaire peut être réalisée sur un profil d’acheteur, dans les conditions de l’article 37.

La durée maximale de la période couverte par l’avis de pré-information est de douze mois à compter de la date de transmission de l’avis pour publication.

Sous-section 2 – Avis périodique indicatif des entités adjudicatrices

Article 32

I. – Les entités adjudicatrices peuvent faire connaître leur intention de passer un marché public par le biais de la publication d’un avis périodique indicatif établi conformément au modèle fixé par le règlement de la Commission européenne établissant les formulaires standard pour la publication d’avis dans le cadre des procédures de passation de marchés publics.

Cet avis est publié soit par l’Office des publications officielles de l’Union européenne, soit sur le profil d’acheteur de l’entité adjudicatrice.

Lorsqu’une entité adjudicatrice publie l’avis périodique indicatif sur son profil d’acheteur, elle envoie à l’Office des publications de l’Union européenne un avis annonçant la publication de cet avis. La date de cet envoi est mentionnée sur l’avis de pré-information publié sur le profil d’acheteur.

II. − Dans le cadre d’une procédure d’appel d’offres restreint ou d’une procédure négociée avec mise en concurrence préalable, les entités adjudicatrices peuvent utiliser un avis périodique indicatif en lieu et place d’un avis d’appel public à la concurrence, à condition que l’avis remplisse les conditions suivantes :

1° Il fait référence spécifiquement aux travaux, aux fournitures ou aux services qui feront l’objet du marché public à passer ;

2° Il mentionne que ce marché public sera passé selon une procédure d’appel d’offres restreint ou une procédure négociée sans publication ultérieure d’un avis d’appel public à la concurrence et invite les opérateurs économiques intéressés à manifester leur intérêt ;

3° Il a été envoyé pour publication entre trente-cinq jours et douze mois avant la date d’envoi de l’invitation à confirmer l’intérêt.

De tels avis ne sont pas publiés sur un profil d’acheteur. Toutefois, une publication supplémentaire au niveau national peut être réalisée sur un profil d’acheteur, dans les conditions de l’article 37.

La durée maximale de la période couverte par l’avis périodique indicatif est de douze mois à compter de la date de transmission de l’avis pour publication.

III. – Lorsqu’une entité adjudicatrice publie un avis périodique indicatif, elle communique aux candidats qui le demandent, les spécifications techniques qu’elle fait habituellement figurer ou qu’elle entend faire figurer dans les marchés publics ayant le même objet que celui mentionné dans l’avis.

Ces spécifications techniques sont mises à disposition sur un profil d’acheteur dans les conditions fixées à l’article 39. Toutefois, elles sont transmises par d’autres moyens dans les cas suivants :

1° Lorsqu’il n’est pas possible d’offrir un accès gratuit, sans restriction, complet et direct par voie électronique à certains documents de la consultation pour une des raisons mentionnées au II de l’article 41 ;

2° Lorsque l’entité adjudicatrice entend imposer aux opérateurs économiques des exigences visant à protéger la confidentialité des informations qu’elle met à disposition tout au long de la procédure de passation.

Lorsque les spécifications techniques sont fondées sur des documents gratuitement disponibles par des moyens électroniques, l’indication de la référence de ces documents est considérée comme suffisante.

Sous-section 3 – Avis d’appel public à la concurrence

Article 33

I. – Pour les marchés publics passés selon une des procédures formalisées énumérées aux articles 25 et 26 :

1° L’État, ses établissements publics autres qu’à caractère industriel et commercial, les collectivités territoriales et leurs groupements publient un avis d’appel public à la concurrence dans le Bulletin officiel des annonces des marchés publics et au Journal officiel de l’Union européenne ;

2° Les autres acheteurs et la Caisse des dépôts et consignation publient un avis d’appel public à la concurrence au Journal officiel de l’Union européenne

II. – L’avis est établi conformément au modèle fixé par le règlement de la Commission européenne établissant les formulaires standards pour la publication d’avis dans le cadre des procédures de passation de marchés publics. L’acheteur peut faire paraître une publicité complémentaire sur un autre support dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l’économie.

Article 34

I. – Pour les marchés publics passés selon une procédure adaptée en vertu de l’article 27 :

1° L’État, ses établissements publics autres qu’à caractère industriel et commercial, les collectivités territoriales et leurs groupements procèdent à une publicité dans les conditions suivantes :

a) Lorsque la valeur estimée du besoin est égale ou supérieure à 25 000 e HT et inférieure à 90 000 e HT, l’acheteur publie un avis d’appel public à la concurrence sur le support de son choix de manière à garantir l’information des opérateurs économiques raisonnablement vigilants pouvant être intéressés par le marché public ;

b) Lorsque la valeur estimée du besoin est égale ou supérieure à 90 000 e HT et inférieure aux seuils de procédure formalisée, l’acheteur publie un avis d’appel public à la concurrence soit dans le Bulletin officiel des annonces des marchés publics soit dans un journal habilité à recevoir des annonces légales. L’acheteur apprécie si, compte tenu de la nature ou du montant des fournitures, des services ou des travaux en cause, une publication dans un journal spécialisé correspondant au secteur économique concerné ou au Journal officiel de l’Union européenne est en outre nécessaire pour garantir l’information des opérateurs économiques raisonnablement vigilants pouvant être intéressés par le marché public ;

2° Les autres acheteurs et la Caisse des dépôts et consignation publient un avis d’appel public à la concurrence sur le support de leur choix de manière à garantir l’information des opérateurs économiques raisonnablement vigilants pouvant être intéressés par le marché public.

II. – L’avis est établi conformément au modèle fixé par arrêté du ministre chargé de l’économie. L’acheteur peut faire paraître une publicité complémentaire sur un autre support que celui choisi à titre principal dans les conditions fixées par l’arrêté susmentionné.

Article 35

Pour les marchés publics de services sociaux et autres services spécifiques mentionnés à l’article 28 :

1° Lorsque la valeur estimée du besoin est égale ou supérieure à 25 000 e HT et inférieure au seuil européen applicable à ces marchés publics mentionné dans un avis publié au Journal officiel de la République française, l’acheteur définit librement les mesures de publicité de manière à garantir l’information des opérateurs économiques raisonnablement vigilants pouvant être intéressés par le marché public ;

2° Lorsque la valeur estimée du besoin est supérieure au seuil européen applicable à ces marchés publics mentionné dans un avis publié au Journal officiel de la République française, l’acheteur publie un avis de marché, un avis de pré-information, un avis périodique indicatif ou un avis sur l’existence d’un système d’acquisition dynamique conforme au modèle fixé par le règlement de la Commission européenne établissant les formulaires standards pour la publication d’avis dans le cadre des procédures de passation de marchés publics. Cet avis est publié au Journal officiel de l’Union européenne dans les conditions prévues à l’article 37. Lorsqu’il utilise un avis de pré-information ou un avis périodique indicatif, cet avis fait référence spécifiquement aux types de services qui feront l’objet des marchés publics à passer, indique que les marchés publics seront passés sans publication ultérieure et invite les opérateurs économiques intéressés à manifester leur intérêt par écrit. L’avis de pré-information ou un avis périodique indicatif peut couvrir une période d’une durée supérieure à douze mois.

Article 36

Pour les marchés publics de services juridiques mentionnés à l’article 29, l’acheteur définit librement les mesures de publicité de manière à garantir l’information des opérateurs économiques raisonnablement vigilants pouvant être intéressés par le marché public.

Section 2 – Modalités de publication des avis de publicité préalable

Article 37

I. − Les avis destinés à être publiés au Journal officiel de l’Union européenne sont transmis par voie électronique à l’Office des publications de l’Union européenne, qui se charge de leur publication au Journal officiel de l’Union européenne. L’acheteur conserve la preuve de la date d’envoi de ces avis.

II. − Les publications au niveau national ne peuvent être effectuées avant la publication au Journal officiel de l’Union européenne. Elle peut néanmoins avoir lieu, en tout état de cause, lorsque l’acheteur n’a pas été avisé de la publication au Journal officiel de l’Union européenne dans les quarante-huit heures suivant la confirmation de la réception de l’avis par l’Office des publications de l’Union européenne.

III. – Les publications au niveau national ne peuvent fournir plus de renseignements que ceux envoyés à l’Office des publications de l’Union européenne. Ils mentionnent la date de cet envoi.

Section 3 – Invitation à confirmer l’intérêt

Article 38

Lorsqu’un appel à la concurrence est effectué au moyen d’un avis de pré-information ou d’un avis périodique indicatif, l’acheteur invite simultanément et par écrit tous les opérateurs économiques qui ont manifesté leur intérêt à confirmer leur intérêt sur la base des informations détaillées relatives au marché public en question.

L’invitation comprend au minimum les renseignements suivants :

1° La nature et la quantité des prestations demandées, y compris celles qui relèvent d’éventuels marchés complémentaires et, si possible, une estimation du délai dans lequel l’acheteur décidera de recourir à ces marchés complémentaires. Dans le cas de marchés publics renouvelables, elle indique la nature, la quantité, et, si possible, une estimation du délai dans lequel l’acheteur procédera à la publication des avis d’appel public à la concurrence ultérieurs pour le renouvellement des marchés publics ;

2° La procédure utilisée, qui est soit l’appel d’offres restreint soit la procédure concurrentielle avec négociation ou la procédure négociée avec mise en concurrence préalable ;

3° Le cas échéant, la date de commencement ou d’achèvement de l’exécution du marché public ;

4° L’adresse du profil d’acheteur sur lequel les documents de la consultation sont mis à disposition des candidats. Lorsque les documents de la consultation ne sont pas mis à disposition sur un...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5842 du 13/11/2015
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