Architecture Technique Espace polyvalent

Programmes libres en univers pavillonnaire

Mots clés : Urbanisme - aménagement urbain

Au cœur d’un banal lotissement toulousain, le Pavillon M se singularise par la polyvalence de ses usages, alternant les fonctionnalités en toute fluidité.

C’est en s’avançant en profondeur dans un lotissement à Seilh en périphérie de Toulouse (Haute-Garonne) que se découvre le Pavillon M, ou plutôt un long mur en béton brut formé de panneaux préfabriqués de 6 m de hauteur, sur lesquels subsistent les traces des coffrages en bois, comme si l’ouvrage avait été coulé en place. « Au début, nous l’avions surnommé le mur de Berlin », se souvient Olivier Companyo, architecte associé chez PPA Architectures, soulignant ainsi la demande du propriétaire d’abstraire l’édifice de son environnement pavillonnaire. Pour les architectes, s’est alors engagé un questionnement sur la matérialisation des limites entre domaines public et privé. Ainsi, à l’inverse des propriétés voisines, aucun grillage ni muret ne vient ici délimiter la parcelle le long de la voie de circulation : la façade en béton forme elle-même une clôture, et c’est en faisant coulisser des parois métalliques, telle une entrée de service, que commence la progression vers la sphère privée. Se dévoile alors un premier espace tampon entre intérieur et extérieur, aux murs sertis de plaques d’aluminium, qui sert tout à la fois de garage, de dépôt provisoire et d’entrée principale pour des usagers de différents profils. Car, ce qui fait la particularité du Pavillon M – et son mystère – c’est sa flexibilité d’usage qui brouille les cartes sur la nature réelle d’un édifice qui, à première vue, se classerait simplement dans la catégorie des villas contemporaines.

Zapping entre plusieurs univers.

« Dans le contexte actuel, on doit pouvoir zapper à tout moment, tout en restant au même endroit, entre plusieurs univers, professionnel et familial, dévolus aux loisirs, au partage d’une passion, etc. », explique le maître des lieux, entrepreneur et amateur d’art et d’architecture, qui a fait bâtir cet édifice multifonctionnel à vocation à la fois résidentielle, tertiaire, événementielle, culturelle, et ce, sans qu’il soit nécessaire de restructurer l’espace intérieur à chaque changement d’usage. Une polyvalence qui ne génère pas pour autant des espaces indéterminés et des circulations non hiérarchisées. Ainsi, à partir du vestibule, trois possibilités de parcours sont offertes : accès direct à un logement indépendant de type atelier d’artiste ; accès, par un escalier, à quatre pièces en enfilade qui servent de bureaux pour la propre entreprise du propriétaire tout autant que de chambres ; et enfin accès aux espaces collectifs via une rampe à pente douce. Celle-ci longe le patio intérieur où dialoguent verre, béton et eau, grâce à un couloir de nage.

La promenade architecturale s’achève par une salle intégralement vitrée aux proportions d’une galerie, utilisable comme séjour-salle à manger, salle de réception événementielle ou espace culturel. Par ses baies panoramiques, elle offre la vue sur un paysage bucolique, vierge de toute construction, où se déplacent lentement de petites grappes de personnes : un terrain de golf.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : privée. Maîtrise d’œuvre : PPA Architectures (J.-M Puig, G. Pujol, C. Séguier, O. Companyo), Amandine Hernandez, chef de projet. BET : Grontmij (TCE), Execo (économie). Principales entreprises : Construit 31 (gros œuvre), CIR Préfa (panneaux béton préfabriqués), Vitrocsa France, Miroiterie Dewerpe SAS (menuiseries extérieures), Artel (bardage, serrurerie). Surface : 400 m2 de surface de plancher. Montant des travaux : n. c.

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