Régions

Production de logements sociaux La Ville mise sur une politique « imaginative »

Mots clés : Collectivités locales - Enfance et famille - Financement du logement - Logement social - Politique du logement

Comme le souligne Bertrand Delanoë (voir entretien p. 30), la Ville de Paris devra mobiliser tous les leviers disponibles pour atteindre l’objectif de 40 000 logements sociaux financés sur la mandature. Aux manettes, Jean-Yves Mano, reconduit dans ses fonctions d’adjoint au logement. « L’ambition est importante, reconnaît-il, mais nous avons su démontrer lors du premier mandat qu’avec une volonté politique forte et assumée on obtient des résultats assez probants. » Environ le tiers des logements sociaux supplémentaires (entre 13 000 et 14 000) proviendra de la construction neuve.

Parallèlement, la collectivité parisienne poursuivra sa politique d’acquisition d’immeubles. « Le potentiel est plus faible qu’en 2001-2002 mais il existe, constate Jean-Yves Mano. Les conséquences de la crise financière devraient nous permettre de voir arriver des propositions intéressantes. » Un millier de logements sont en cours d’acquisition et autant devraient bientôt rentrer en négociation. La municipalité continuera à faire jouer son droit de préemption, espérant ainsi acquérir entre 1 000 et 1 200 logements l’an. « Cette politique, assez imaginative, nous demande d’être réactifs à tout moment », explique l’adjoint au logement. Bien sûr, elle ne pourra être mise en œuvre que si l’Etat continue à accompagner la Ville. La convention signée entre les deux partenaires porte sur le financement de 6 000 logements sociaux par an. Elle doit être renouvelée en 2010.

Classes moyennes

Cet effort accru en faveur du logement social profitera aussi aux classes moyennes. « Nous nous y intéressons, contrairement à ce que certains prétendent », lance Jean-Yves Mano. La Ville financera 35 % des logements sociaux familiaux (1) en PLS (prêt locatif social). Ces logements sont accessibles à un célibataire dont les ressources mensuelles ne dépassent pas 3 003 euros, ou à un ménage avec deux enfants aux revenus inférieurs à 6 631 euros par mois. Par ailleurs, ces mêmes familles, si elles sont déjà locataires d’un logement HLM (dans le parc non conventionné notamment), pourront bénéficier du prêt parcours résidentiel (PPR). Ce prêt à taux zéro entrera en vigueur le 1er janvier : 300 pourraient être accordés la première année, 600 par an ensuite. Une mesure permettant de faire d’une pierre deux coups : faciliter l’accession à la propriété et fluidifier le parc social dont le taux de rotation s’élève à 3,8 %.

Ciblant toujours les classes moyennes, la municipalité veut favoriser la construction d’appartements à loyer maîtrisé. En contrepartie d’une « ristourne » sur la charge foncière, les opérateurs s’engagent à plafonner les valeurs locatives (environ 16,50 euros/m2). Entre 1 200 et 2 000 logements de ce type devraient être réalisés ces six prochaines années dans les ZAC parisiennes. Autre priorité : les familles avec enfants. 35 % des logements sociaux familiaux seront des T4 et plus. Cette mesure s’accompagnera d’une campagne de sensibilisation en direction des occupants de grands logements HLM pour les convaincre d’emménager dans un appartement plus petit si la composition familiale a changé. En 2009, les subventions de la Ville au logement social s’élèveront à 300 millions (hors délégation des aides à la pierre qui se montent à 300 millions). S’y ajouteront 100 millions alloués au compte foncier.

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(1) Les logements familiaux correspondent aux logements sociaux hors logements étudiants, foyers de jeunes travailleurs, résidences pour personnes âgées… Ils représentent les deux tiers de la programmation (27 000 logements sur les 40 000).
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