Management et prévention Entreprises de construction

Priorité aux profils confirmés

Surtout, ne pas cesser de recruter. Crise économique ou non, les entreprises de construction ont bien compris qu’il était nécessaire de ne pas fermer le robinet des embauches. « C’est une erreur que le secteur avait commise dans les années 1990. Devant le retournement de conjoncture, les recruteurs avaient cessé d’intégrer de nouveaux collaborateurs. Résultat : la filière BTP s’est ensuite retrouvée confrontée à une pénurie de main-d’œuvre quand la croissance est revenue quelques années plus tard », analyse Patrick Plein, directeur du développement RH du groupe Vinci. Pour éviter de se retrouver dans une situation similaire, le géant du BTP français, qui parie sur une reprise à terme, a prévu de recruter environ 1 200 cadres et Etam en 2010 (contre 2 400 l’an dernier). Même politique chez les autres entreprises de construction : Colas mise ainsi sur 900 embauches d’Etam et cadres, et Léon Grosse sur une soixantaine de recrutements, un niveau plus ou moins équivalent aux années précédentes. « Au-delà de la conjoncture, il existe des raisons structurelles à ces recrutements, comme par exemple le départ à la retraite des collaborateurs actuels », argumente Anne-Marie Fanlo, correspondante RH chargée des relations-écoles et du recrutement des jeunes diplômés de l’entreprise.

Avantage recruteurs

Les profils recherchés ? Comme les années précédentes, il s’agit essentiellement d’ingénieurs et de techniciens spécialisés dans les travaux et les études de prix. Sade, filiale de Veolia Environnement spécialisée dans les métiers de la canalisation, indique ainsi rechercher des « chefs d’équipe, des chefs de chantier, des conducteurs de travaux et des chefs de centre », selon son responsable recrutement Ivan Hary. Certains experts, notamment des cadres dans le domaine des structures et du développement durable, figurent aussi parmi les cibles des recruteurs professionnels.
Crise oblige, l’ensemble de ces profils est désormais moins difficile à attirer qu’auparavant. « Il y a trois ans, il fallait passer par un cabinet de recrutement pour dénicher un chef de centre. Aujourd’hui, cela va plus vite », illustre Ivan Hary. Autre nouveauté : le rapport de force entre les jeunes diplômés et les entreprises a tendance à s’inverser. Autrefois favorable aux premiers, il l’est désormais aux seconds. « Il est plus facile d’attirer des confirmés que les années précédentes, et donc d’être plus sélectif sur les jeunes. Le déséquilibre entre les deux populations s’est réajusté », confirme Anne-Marie Fanlo.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X