Territoires Var

Prévention des inondations : un Papi qui vaut 100 millions d’euros

Mots clés : Sécurite civile

Six ans après les terribles inondations de 2010 (25 morts, 1 milliard d’euros de dégâts), 75 communes du Var – soit la moitié du département -, rassemblées dans le Syndicat mixte de l’Argens (SMA) créé en 2014, s’apprêtent à mettre en œuvre un Programme d’actions et de prévention des inondations (Papi) de plus de 96 millions d’euros, dont 91 millions consacrés aux travaux. Il s’agit de l’un des plus importants dispositifs de ce type engagé sur le territoire national. Ce « Papi complet Argens et Côtiers de l’Estérel », qui fait suite à un Papi d’intention (études), a été labellisé par l’Etat en juillet dernier et doit encore faire l’objet d’une convention cadre entre les partenaires. Mais un programme de travaux et de lutte contre les inondations a déjà été établi.

« Six ans peuvent paraître longs. Mais c’est le temps administratif et nous avons dû fédérer les communes, intercommunalités et syndicats préexistants. Il a fallu aussi monter le financement de ce Papi et intégrer la compétence Gemapi (Gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations), transférée de l’Etat aux collectivités », commente Olivier Audibert-Troin, le président du SMA. Pour la communauté d’agglomération dracénoise qu’il préside également, ce plan de lutte contre les inondations représente un engagement financier de 18 millions d’euros.

Les chantiers en 2017.

Ce Papi 2016-2022, qui bénéficie de près de 50 % de subventions de l’Etat et de l’Agence de l’eau, repose sur quatre grandes orientations stratégiques et un recensement de 63 actions pour tenter de protéger le territoire du risque naturel. Les enjeux sont considérables : sur le périmètre du Papi (2 700 km², un bassin de 114 km de largeur), le risque inondation touche 110 000 habitants, 111 établissements scolaires, 14 000 entreprises, plus de 500 ERP (établissements recevant du public), 11 casernes de pompiers… « Le phasage et l’échéancier des travaux vont être mis au point au cours des prochaines semaines avec un démarrage des chantiers à partir de 2017. Le SMA sera maître d’ouvrage de près de 80 % des travaux mais des syndicats ou des intercommunalités pourront porter des travaux. C’est le cas de la Cavem à Saint-Raphaël qui va réaliser trois ouvrages écrêteurs », précise Delphine Barriau, directrice du SMA.

Basés sur des niveaux de crues décennales ou centennales, les aménagements prévus dans ce Papi reposent sur des reprises ou des suppressions d’ouvrages d’art pour restaurer les capacités hydrauliques des cours d’eau, sur des suppressions ou abaissements de seuils, sur des recalibrages de berges, etc. Des restaurations morphologiques qui exigent la mise en place de zones d’expansion de crues (au Val, à Vidauban, à Tavernes, au Muy, etc.) et de nouveaux ouvrages de protection, en particulier en aval de Draguignan. Par secteur, 25,5 millions d’euros HT de travaux sont prévus sur la Nartuby à Draguignan, 18,6 millions HT sur la basse vallée de l’Argens, 11,1 millions HT pour préserver par un endiguement la zone d’activités de La Palud à Fréjus, 4,1 millions HT pour conforter les digues du Reyran.

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