Enjeux

Prêt à taux zéro renforcé, marché sauvé ?

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Financement du logement - Politique du logement

L’extension du PTZ laisse espérer le retour des primo- accédants. L’impact sur la rénovation des logements anciens devrait toutefois rester limité.

Chose promise, chose due. Fin octobre, François Hollande annonçait l’élargissement du prêt à taux zéro (PTZ) à « la quasi-totalité du pays ». Deux semaines plus tard, Sylvia Pinel, ministre du Logement, et Christian Eckert, secrétaire d’Etat au Budget, ont dévoilé les contours du PTZ renforcé. Au 1er janvier 2016, cet emprunt réservé aux primo-accédants pourra être contracté en vue d’un achat dans le neuf mais aussi dans l’ancien, à condition de réhabiliter le logement (pour un montant de travaux équivalent à 25 % du prix au minimum). Le PTZ financera jusqu’à 40 % de l’acquisition (contre 26 % au maximum aujourd’hui), le différé de remboursement sera systématique et s’étalera de cinq à quinze ans, la durée de remboursement s’échelonnera de dix à quinze ans, et le gouvernement a relevé les plafonds de revenus permettant d’accéder au PTZ de 1 000 à 8 000 euros selon les profils. « Cela peut paraître peu, mais lorsque l’on achète un logement, on est à l’euro prêt », rappelle Alexandra François-Cuxac, présidente de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

Le renforcement du PTZ met du baume au cœur des professionnels. Actuellement, seuls les investisseurs portent le marché de l’immobilier neuf : ils représentent 54 % des acheteurs au troisième trimestre 2015 selon la FPI. Pour Alain Dinin, P-DG de Nexity, le manque de primo-accédants sur le marché de l’immobilier neuf serait même un frein à la reprise du secteur. Ces derniers « ne représentent plus que 35 % des acquéreurs, alors qu’ils étaient 55 % en 2010 », note Philippe Taboret, directeur général adjoint du courtier en crédit immobilier Cafpi. Le PTZ renforcé signera-t-il leur retour ? C’est bien possible. Considéré comme de l’apport personnel par les banques, il solvabilise les ménages aux revenus serrés. Et le gouvernement espère bien en distribuer à 120 000 foyers en 2016, contre un peu plus de 48 000 PTZ effectivement accordés en 2014 et 65 000 espérés en 2015. « Il s’agit du signe qui manquait encore pour véritablement croire au retour de la primo-accession dans le neuf, et donc à la reprise », estime Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).

Deux ombres au tableau.

Malgré les annonces, tout n’est pas rose ; il y a même deux ombres au tableau. D’abord, l’obligation de consacrer 25 % du montant de l’achat aux travaux pour bénéficier du PTZ dans l’ancien. Sur le papier, les spécialistes de la rénovation peuvent se frotter les mains. Dans les faits, il s’agit « d’un montant important, qui constitue un vrai frein pour les acheteurs, estime Cécile Roquelaure, directrice de la communication et des études du courtier Empruntis. Selon une de nos récentes études, si un acquéreur sur trois prévoit une enveloppe budgétaire pour des travaux, elle se chiffre à 13 % du montant de l’achat pour une personne seule et à 14 % pour un couple… loin du plancher des 25 % ! »

Enfin, l’annonce du PTZ élargi sera retranscrite dans le projet de loi de finances pour 2016. Non rétroactive, cette mesure entrera en vigueur à partir du 1er janvier 2016. En cette fin d’année, les ménages candidats à l’accession, souvent bien informés, pourraient choisir de patienter quelques mois afin de bénéficier du coup de pouce gouvernemental. Comme le rappelle la présidente de la FPI, lorsque l’on achète, on calcule « à l’euro près ».

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120 000 PTZ seront octroyés en 2016 contre 65 000 prévus en 2015.

50 000 emplois créés par l’extension du PTZ

Source : ministère du Logement, novembre 2015

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