Territoires Aquitaine-Limousin- Poitou-Charentes

Premiers bras de fer

Quelques semaines après la fusion des trois régions, le président de l’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC), Alain Rousset, se trouve confronté à plusieurs dossiers sensibles concernant les finances et l’aménagement du territoire. L’un implique la gestion financière de l’ancienne région Poitou-Charentes, l’autre concerne la suppression annoncée par la SNCF de plusieurs TER aquitains.

Première affaire : alerté fin 2015 par les fédérations du bâtiment des Deux-Sèvres et de la Vienne sur un retard de paiement qui fragilise les PME, Alain Rousset se trouve confronté à une ardoise d’impayés de 132 millions d’euros depuis 2015, « qui pénalisent nos partenaires, nos entreprises, nos lycées qui ont légitimement le droit d’être payés en temps et en heure, mais qui pénalisent également les finances de la grande région, puisque ces impayés viennent directement impacter le budget 2016 ». De fait, l’ex-région Poitou-Charentes a interrompu tout ou partie des paiements (subventions ou factures) à compter du mois de juillet 2015 et a recommencé à les acquitter dans les deux premiers mois de 2016. Le reliquat d’impayés 2015 s’élève à 70 millions d’euros de fonctionnement et 62 millions d’investissement. « La reprise des paiements a d’ores et déjà permis de régler, en quinze jours, 46 millions d’impayés. La situation devrait être apurée en cinq semaines, au rythme de 20 millions par semaine, soit d’ici la fin mars », précise la région. En parallèle, l’endettement picto-charentais pose problème : « Une dette fortement exposée au risque de taux de change, sur un encours qui s’élève au 31 décembre 2015 à 457 millions d’euros, dont 130 millions d’euros sont des emprunts dits structurés », détaille Alain Rousset.

Audit financier.

Ces dossiers sensibles ont conduit Jean-François Macaire, ancien président du conseil régional de Poitou-Charentes, à démissionner de sa délégation de vice-président la région ALPC chargé des finances et du budget. Par ailleurs, le directeur des finances de l’ex-région Poitou-Charentes a été remercié. Un audit financier des trois régions a été confié au cabinet Ernst & Young, pour construire une stratégie budgétaire spécifique permettant de retrouver une marge de manœuvre financière dès 2017. « Mais il faudra avant que nous ayons une discipline budgétaire exigeante. La nouvelle politique régionale devra prendre en compte cette contrainte conjoncturelle », insiste Alain Rousset.

Autre sujet sensible, le bras de fer engagé avec la SNCF. D’abord sur le nombre d’allers-retours directs de la future LGV Paris-Bordeaux (13 pour la SNCF, 16,5 à 19 en discussion). Ensuite, la suppression annoncée de 24 TER quotidiens sur les lignes Bordeaux-Angoulême, Bordeaux-Le Verdon, Bordeaux-Arcachon, Bordeaux-Sarlat, Agen-Périgueux et Bordeaux-Périgueux. Suppression qui serait temporaire – jusqu’à l’été – en raison du manque de conducteurs. Alain Rousset a demandé officiellement à Guillaume Pepy, président de la SNCF, le rétablissement immédiat du plan de transport commandé par la région, qui investit chaque année 120 millions dans le seul fonctionnement du service TER.

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