Territoires Bordeaux rive droite

Première pierre pour le « galet » conçu par Ricciotti

De tous les attributs qui caractérisent une ville d’importance, la salle de spectacle de grande capacité aura été le dernier qui manquait à la métropole bordelaise. Surtout depuis l’ouverture du grand stade (Herzog & de Meuron). Plusieurs propositions, dont celle des architectes Lanoire & Courrian (2004) et celle, purement privée, de la société Montecristo Developpement (2009) furent abandonnées. Place au projet de Lagardère Sports and Entertainment/DV Construction (Bouygues), dessiné par Rudy Ricciotti.

La première pierre de la future salle Bordeaux Métropole Arena, posée le 11 avril, est l’aboutissement d’une longue attente : « Nous ne disposions pas à Bordeaux d’une grande salle de spectacle, ce projet aura mis dix ans à aboutir, a reconnu Alain Juppé, président de la Métropole. La présence de ce bel équipement à Floirac est stratégique pour rééquilibrer sur les deux rives le développement de l’agglomération. »

Monolithes minéraux.

On retiendra du programme une salle multifonctionnelle, dont les formes en béton blanc évoquent les rives de la Garonne : « Le fleuve a déposé un galet sur la parcelle en retrait de la berge, une douce masse polie et arrondie », explique Rudy Ricciotti. La coque en béton entoure la salle proprement dite, dont la jauge, via des tribunes escamotables, peut passer de 2 500 à 11 000 places. L’acoustique est travaillée par les cabinets Apia et Gamba pour ce grand volume, qui permet une vingtaine de configurations suivant le type de spectacle : concert, événement d’entreprise, sport indoor visible sur un espace à 360°, etc. L’architecte a su tirer partie du lieu : « Le projet assemble deux monolithes minéraux : un socle de 7 m de hauteur soutient un prisme trapézoïdal dont l’altitude atteint 23 m. »

Le bâtiment est orienté vers le futur pont Jean-Jacques-Bosc et situé en retrait des quais, permettant une couverture végétale sur le parvis. L’enveloppe en béton blanc autoplaçant est posée sur un socle où se dégage un pan complet de verre, qui donne à voir le hall intérieur de 2 200 m2. « La peau de béton est régulièrement perforée de baies de taille constante, mises en lumière par des LED : on y verra, vu leurs étagements, une analogie graphique avec un égaliseur numérique, précise l’architecte. Pour ce chantier, une main-d’œuvre nombreuse sera nécessaire. La construction de la peau, en tant qu’ouvrage maçonné, fera la part belle au savoir-faire des compagnons et à la dextérité des bancheurs. » A la première pierre, Rudy Ricciotti a martelé son propos : « Le coefficient de main-d’œuvre doit être le plus élevé possible. » Le programme prévoit de confier 35 % des lots à des PME et 5 % des heures de travail à des salariés en insertion. Et, bien sûr, l’ensemble du chantier vise la certification HQE en phase construction et en phase exploitation.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : Senso (Lagardère). Mandataire entreprise générale : Bouygues Bâtiment Centre Sud-Ouest. Architecte : Rudy Ricciotti. BET Structure Charpente VRD : ECCTA. Lots techniques : IG Concept. HQE : Agence Franck Boutté. Acoustique : Gamba, Apia. Scénographe : MAS EA Consultant. Contrôle et SPS : Qualiconsult.

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