Technique et chantier

Pourquoi si peu d’électronique dans les nacelles ?

Mots clés : Informatique - Innovations - Matériel - Equipement de chantier

Innovation. L’informatique embarquée se généralise dans les machines de chantier. Étrangement, les nacelles élévatrices semblent se tenir à l’écart de ce mouvement de fond. Explications.

Genie, qui dispute la place de numéro un mondial des nacelles élévatrices à son compatriote américain JLG, vient d’annoncer coup sur coup deux innovations touchant à l’électronique embarquée. La première concerne le le système Smartlink. Il s’agit d’une amélioration des nacelles à ciseaux dont la commande d’élévation est maintenant proportionnelle : plus on pousse le levier avec amplitude, plus la montée se fait rapidement, et inversement. L’autre nouveauté se présente sous la forme d’une prise sur laquelle il est facile de brancher un système de télématique. Ni l’une ni l’autre de ces innovations ne sont révolutionnaires ! Voilà longtemps que les commandes électroproportionnelles sont présentes dans les cabines des engins de chantier. Quant à la télématique, pourquoi se contenter d’en faciliter le branchement au lieu de l’intégrer directement au cœur de la machine, comme c’est le cas ailleurs ? « Les nacelles élévatrices ne sont pas des matériels très innovants », concède Karel Verheul, directeur technique chez Genie. Pas d’obstacle technique à cela, mais une demande du marché et une contrainte réglementaire. « Nos clients sont des entreprises de location qui préfèrent les engins rudimentaires aux machines trop sophistiquées. C’est un marché plutôt conservateur », remarque Matthew Skipworth, responsable services chez Genie. Cela explique pourquoi les fabricants n’intègrent pas la télématique. « Les loueurs ont tous leur propre système. Au lieu de leur imposer le nôtre, qui ne serait peut-être pas compatible, nous préférons les aider à utiliser le leur. » Quant au Smartlink, il aurait pu aller plus loin dans l’automatisation des mouvements. Mais la réglementation ne le permet pas. « La directive machines cherche à limiter les mouvements automatiques quand ils concernent l’élévation de personnes », regrette Karel Verheul. Cependant, le marché exige parfois certaines innovations technologiques. Ainsi, Genie remarque qu’une de ses options connaît un grand succès : la lecture des puces de la carte PAL, délivrée aux opérateurs ayant suivi une formation à la conduite de nacelles. Le lecteur n’autorise le démarrage de la machine qu’après avoir vérifié que l’opérateur est à jour de sa formation et que celle-ci correspond au type de machine qu’il s’apprête à utiliser. Un système très demandé dans les pays anglo-saxons, où la carte PAL fait référence, mais pas en France où le certificat aptitude à la conduite en sécurité (Caces) ne comporte pas encore de puce électronique.

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