Enjeux Patrick Liebus, président de la Confédération des artisans et des petites entreprises du bâtiment (Capeb).

« Pour les artisans, l’horizon s’éclaircit »

Mots clés : Artisanat - Entreprise du BTP

Avec la reprise de l’activité dans le bâtiment, le président de la Capeb retrouve son optimisme.

Comment se porte l’activité dans l’artisanat du bâtiment ?

Après quatre ans de récession, l’activité est enfin en mouvement depuis quelques trimestres. Une progression de 1,5 % en volume au premier trimestre 2017 confirme cette reprise. La construction neuve est la plus dynamique : elle enregistre une hausse de 2,5 %, contre + 1 % pour les travaux d’entretien-rénovation au sein desquels je note le décollage des travaux d’amélioration de performance énergétique (+ 2 %). C’est en partie le fruit des mesures gouvernementales. Cela a pris du temps car il fallait attendre que les mesures, notamment la TVA à 5,5 %, produisent leurs effets et que la conjoncture s’améliore enfin.

D’après vous, la carte du BTP permettra-t-elle de lutter contre le travail illégal ?

C’est un moyen de contrôle qui peut être dissuasif. Mais il a ses limites. D’une part, il n’est utile que sur les gros chantiers. Un particulier ne demandera jamais aux salariés d’une entreprise artisanale de lui présenter leurs cartes BTP ! D’autre part, nous n’avons pas suffisamment de contrôle sur les informations enregistrées : il est par exemple impossible de s’assurer que les informations rentrées par l’employeur soient exactes…

Vous êtes favorable à la clause Molière. Est-ce une façon efficace de lutter contre les abus du travail détaché ?

La Capeb y est favorable si elle est légale. La clause Molière préserve la santé et la sécurité sur les chantiers et vise à éviter la non-qualité. Ce n’est pas une mesure biaisée pour lutter contre les travailleurs détachés. La France est un pays de droit. Nous avons des formations et des obligations de résultats que les travailleurs détachés n’ont pas forcément.

Au sein de l’U2P, qui regroupe les artisans et les professions libérales, vous travaillez main dans la main avec les architectes. Un grand changement ?

Les architectes et les artisans ont toujours entretenu une petite rivalité. Mais nous apprenons à nous connaître. Nous défendons les mêmes types d’entreprises et les mêmes intérêts. L’U2P représente la première force patronale du pays : elle rassemble 2,3 millions d’entreprises. Nous attendons néanmoins les résultats sur la représentativité des organisations patronales.

Les journées de la construction de la Capeb se tiennent actuellement à Strasbourg. L’occasion d’aborder des thèmes comme les nouvelles technologies ?

Les nouvelles technologies y sont effectivement traitées. Il s’agit d’une problématique à laquelle nous réfléchissons afin de la mettre à la portée de tous les artisans et de tous nos chantiers. Sur le Building Information Modeling (BIM) par exemple, nous travaillons au développement d’outils faits par et pour les artisans adaptés au petit chantier et à la réhabilitation, ce qui n’est pas encore le cas. Autre axe, celui de l’intermédiation. Les artisans doivent se rapprocher de leur client en utilisant les moyens modernes. Reste à trouver un outil efficace avec lequel les particuliers préciseront les travaux à effectuer et seront ensuite mis en relation avec les professionnels les plus compétents. Et ce, sans que les prix ni les produits ne soient imposés aux artisans.

Qu’attendez-vous du futur président de la République ?

Beaucoup de choses : soutenir l’entrepreneuriat et l’emploi, organiser une concurrence saine et loyale, alléger le coût du travail, débloquer le financement des TPE, simplifier le Code du travail, valoriser les métiers du bâtiment, soutenir la qualification et l’apprentissage, défiscaliser les heures supplémentaires, maintenir le taux de TVA réduit… Nous ne donnerons pas de consignes de vote, nous ne le faisons jamais. Aujourd’hui, nous refaisons surface, l’horizon s’éclaircit. A nous, artisans, d’être plus performants. Et aux politiciens de porter une politique de relance et de s’y tenir !

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