Grand Paris

« Positionner Paris parmi les trois premières métropoles mondiales »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel

Le Grand Paris avance : nouvelle gouvernance, construction de 70 000 logements par an, validation des premiers contrats d’intérêt national…

Questions à Jean-François Carenco, préfet de la région Ile-de-France.

A la tête de la préfecture de la région Ile-de-France depuis avril 2015, Jean-François Carenco, parmi de nombreux autres dossiers, pilote la mise en œuvre du Grand Paris. Il dresse pour nous un premier bilan de son action.

Vous êtes chargé par le gouvernement de mettre en œuvre le projet de Grand Paris. Comment définissez-vous cette grande ambition ?

Le Grand Paris, c’est le grand pari. Le monde change à toute vitesse. Ce qui se passe sous nos yeux est à l’évidence tout aussi radical que les grands changements précédents dans l’histoire de l’humanité. Le Grand Paris, c’est faire en sorte que cette métropole autour de notre capitale participe pleinement à la mutation du monde. Les métropoles, de par leur taille, leur métissage, leur concentration sont le lieu des créations. Dans la concurrence mondiale à laquelle se livrent les métropoles, gagneront celles qui seront parvenues à créer trois choses : de la valeur, de l’émotion culturelle et du lien social. Le gouvernement et le président de la République m’ont demandé de rassembler tout le monde pour atteindre cet objectif qui permettra à Paris de se positionner parmi les trois premières métropoles mondiales. Cet objectif se décline ensuite dans l’action : la gouvernance, le logement, les transports, le développement économique, le rayonnement culturel… Et, sur tous ces points, les choses avancent.

Quel premier bilan dressez-vous quatre mois après l’installation de la métropole du Grand Paris ?

Constatons-le, la mise en place de la métropole du Grand Paris et des établissements publics territoriaux (EPT) se passe mieux que prévu. Les EPT fonctionnent, ils ont voté leur budget. Le dispositif évoluera vraisemblablement. C’est normal. Mais il ne m’appartient pas de me prononcer sur ce sujet.

La reprise de la construction de logements se confirme en Ile-de-France. Comment l’expliquez-vous ?

Je me félicite des résultats obtenus : à fin mars, sur les douze derniers mois glissants, 73 800 logements ont été autorisés et 66 800 mis en chantier. On a dépassé les 70 000 logements par an. Qui l’eut cru ! Quand je dis « on », c’est un « on » très collectif. C’est pour cette raison qu’on y est arrivé. Le logement est un vaste puzzle et, s’il manque une pièce, cela ne fonctionne pas. A mon arrivée, le socle de mesures était déjà là. Mon rôle a été de renouer la confiance en faisant travailler ensemble tous les acteurs du logement. Ce qui est un peu nouveau, c’est la relance du logement intermédiaire à travers le « Pinel » pour l’accession à la propriété et le logement intermédiaire en location. Il fallait intervenir sur ce créneau-là pour répondre aux besoins des classes moyennes.

’objectif des 70 000 logements par an étant atteint, pourquoi recourir à des opérations d’intérêt national (OIN) ?

Il s’agit de créer de la ville et pas simplement de construire du logement. La naissance de la métropole est d’intérêt national et cette notion d’intérêt national se décline en matière d’urbanisation dans un certain nombre de sites. D’ici à 2040, nous allons créer 180 km2 de ville en Ile-de-France, soit une fois et demie Paris, notamment autour des gares du Grand Paris Express. Cette perspective mérite que l’on se rassemble pour ordonnancer tout cela. Nous avons deux outils à notre disposition : le CIN (contrat d’intérêt national) et l’OIN, qui est un CIN assorti de capacités juridiques plus fortes données à l’Etat. Ces OIN seront mises en place avec l’accord des maires. Nous visons le même objectif : « faire ville ».

En quoi le CIN se distingue-t-il du contrat de développement territorial (CDT) ?

Le CIN est un outil de rassemblement de territoires et d’acteurs autour d’une ou deux problématiques communes et de projets concrets avec la mise en place d’une gouvernance, plus ou moins élargie. Il est une mesure d’application du CDT.

Quand les premiers CIN seront-ils signés ?

Les CIN de la Vallée scientifique de la Bièvre et de Grand Paris Sud pourraient être signés fin mai ou à la mi-juin. C’est difficile car il faut essayer d’être concret, de rassembler. Les tenants de l’opposition Etat/collectivités locales ne manquent pas de jeter de l’huile sur le feu. Quant aux OIN, plusieurs sont en projet : à Villejuif dans le cadre du CIN Vallée scientifique de la Bièvre et celle appelée « Portes Sud » (1), qui pourraient être créées avant l’été ; à Aulnay, sur l’ancien site industriel PSA. L’OIN Paris Saclay, que je souhaite appeler « Paris Saclay Versailles », sera élargie pour englober Corbeville et le quartier Camille-Claudel à Palaiseau. Nous allons (re) lancer deux ZAC très importantes : l’une sur Satory, à Versailles, l’autre sur Guyancourt. Enfin, des OIN spécifiques seront créées dans le cadre des opérations de requalification des copropriétés dégradées : Grigny, Argenteuil et le Val Fourré à Mantes-la-Jolie.

Allez-vous bientôt aboutir sur les terrains PSA d’Aulnay ?

Pour commencer, nous allons exproprier la parcelle où sera implanté le site de maintenance et de remisage de la ligne 17. Je le fais en plein accord avec Bruno Beschizza, le maire d’Aulnay-sous-Bois. Pour le reste, j’attends que les dirigeants de Peugeot veuillent bien se montrer un peu plus raisonnables dans leurs prétentions. Ils pensent que leurs terrains [NDLR : 150 ha] valent 400 millions d’euros. C’est un rêve absolu ! La création de l’OIN interviendra lorsque nous maîtriserons le foncier.

On a beaucoup reproché aux CDT de n’être accompagnés d’aucun financement. Qu’en est-il des CIN ?

Je ne prends pas le sujet par le financement. Nous ne sommes pas au supermarché de la création de la ville. Nous pouvons mobiliser des financements privés, publics, les crédits inscrits au contrat de plan Etat-région (CPER) et dans les différents contrats région/départements, sans oublier les aides versées par l’Etat. En revanche, il est important que la recherche de financements se concentre sur les projets intéressants. C’est pourquoi nous avons, avec la région Ile-de-France, engagé une révision du CPER.

Pourquoi engager la révision du CPER aussi rapidement ?

Au bout d’un an, nous avons vu ce qui était réalisable et ce qui ne l’était pas. Des projets sont bloqués pour toute une série de raisons : procédures, délais, découvertes archéologiques, oppositions locales… Il faut mettre l’argent là où il est le plus utile. Nous sommes en train de réorienter les financements vers les projets qui pourront être réalisés rapidement au profit des populations et du Grand Paris. Nous visons une validation par l’Etat avant la fin mai et par le conseil régional à son assemblée de juin.

Le prolongement d’Eole à l’ouest est l’un des projets inscrits au CPER. Quand son financement sera-t-il bouclé ?

Le prolongement d’Eole à l’ouest est un sujet à part entière. Nous avons déjà conclu un protocole financier. Chacun doit le respecter. Maintenant, il s’agit de passer à la convention de financement. Sur un projet de plusieurs milliards d’euros, j’en suis à chercher 7 millions, soit 2,5/1 000e de l’enveloppe globale. J’espère que ceux qui sont responsables de ces 2,5/1000e feront l’effort nécessaire.

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(1) Bondoufle, Courcouronnes, Corbeil-Essonnes, Evry, Grigny, Fleury-Mérogis, Ris-Orangis.

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