Territoires Toulouse Métropole

Pose de traverses en résine made in Japan dans le métro

Mots clés : Transport collectif urbain

Cet été, pour la première fois depuis sa mise en service en 1993, le VAL de la ligne A du métro toulousain a été arrêté pendant six semaines. Le remplacement des traverses en bois des appareils de voie sur les viaducs à proximité des stations Basso-Cambo et Jolimont a imposé cette pause. « Il était urgent d’agir car les intempéries, les ultraviolets et les passages répétés des rames de métro avaient accéléré la dégradation du bois », explique Jean-Louis Huillet, responsable de la maintenance des infrastructures ferroviaires à la régie des transports publics de l’agglomération toulousaine Tisséo. Pour limiter au maximum l’impact de ces travaux de maintenance sur les usagers, l’exploitant a imposé un chantier de six semaines. Le choix a été fait de le réaliser en deux temps : du 15 juillet au 2 août au niveau de Jolimont, puis du 3 au 23 août au niveau de Basso Cambo.

Outre ces contraintes de calendrier, l’utilisation pour la première fois en France de traverses synthétiques est l’autre particularité du chantier. Après des recherches réalisées par le maître d’œuvre Egis pour trouver une solution, le maître d’ouvrage a choisi le produit de l’entreprise japonaise Sekisui utilisé depuis vingt ans sur les lignes à grande vitesse au Japon. « En fibre de verre très dense agglomérée avec une résine polyuréthane, il reproduit toutes les caractéristiques du bois et a une résistance plus élevée. Il est aussi plus léger et imputrescible, une propriété importante pour des ouvrages aériens soumis aux intempéries », précise Olivier Berger, ingénieur voie ferrée chez Egis Rail. Malgré un coût trois fois supérieur à celui des traverses en bois, Tisséo a choisi le produit japonais, compte tenu de la quantité à changer (38 traverses à Basso-Cambo, 38 à Jolimont).

Dépose des éléments.

Achetées au Japon, ces traverses ont été usinées en Alsace chez le constructeur d’appareils de voies Vossloh Cogifer. Au niveau de chacun des deux appareils de voie, Colas Rail a opéré de la même façon. Ses ouvriers ont déposé les éléments d’aiguillage puis les ont descendus depuis le viaduc de 12 m de hauteur. Au sol, ils ont assemblé sur les traverses synthétiques les rails métalliques, conservés et nettoyés. Sur le viaduc, ils ont retiré les anciennes en bois. L’opération s’est poursuivie par la préparation de la zone pour couler de la résine afin de caler les nouvelles traverses dans l’empreinte en béton. Ensuite, via une grue de 200 tonnes, Colas Rail a remonté les appareils de voie.

L’exploitant Tisséo est intervenu à la fin pour remonter les équipements (courants forts et faibles) de signalisation et de pilotage du VAL. « La difficulté a été d’extraire les traverses en bois de leur logement car elles étaient prises dans le béton. La grande chaleur de cet été a été une autre contrainte », témoigne Dominique Durran, chef de projet chez Colas Rail qui a mobilisé sur ce chantier 17 ouvriers.

Remplacement des traverses des appareils de voie au niveau de la station de métro Jolimont, chantier mené du 15 juillet au 2 août dernier.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : Syndicat mixte des transports en commun Tisséo. Maître d’œuvre : Egis/Egis Rail. Entreprises : fourniture de traverses synthétiques, Sekisui Chemical GmbH ; assistance technique, Vossloh/Siemens ; renouvellement des traverses, Colas Rail. Coût total : 1,2 million d’euros HT.

ENCADRE

Prolongement de la ligne B en bonne voie

Après l’enquête publique sur le projet de prolongement de la ligne B (PLB) du métro toulousain jusqu’à Labège, du 2 avril au 18 mai derniers, le commissaire enquêteur a rendu début septembre un avis favorable assorti de cinq réserves. Il s’interroge notamment sur le montage financier du projet, dont le coût évolue entre 362 et 420 millions d’euros. Il doute aussi de la date de mise en service annoncée de 2020. Porté par le Sicoval, communauté d’agglomération du Sud-Est toulousain, le projet prévoit cinq stations sur un peu plus de 5 km (400 m en souterrain, 4,6 km en viaduc). Il permet de desservir un bassin d’emplois et de vie de plus de 50 000 personnes. Le préfet a un an pour prendre son arrêté de déclaration d’utilité publique. Il tiendra sans doute compte de l’avancée du projet de 3e ligne de métro défendu par Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole. Elle desservirait les principaux pôles économiques de l’agglomération, dont le territoire du Sicoval au sud-est. Tisséo finalise les études pour un choix du tracé en décembre. Le premier coup de pioche est prévu en 2019.

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