Architecture Travaux maritimes

Plus de 150 hectares gagnés sur la mer

Mots clés : Gares, aéroports - Rénovation d'ouvrage - Transport maritime - Travaux publics

L’extension du port de Calais nécessite le dragage de plus de 4 millions de m3 de déblais.

Trois mois après la pose officielle de la « première pierre » par le président de la République François Hollande, le plus important chantier portuaire actuellement en cours en Europe atteint progressivement son rythme de croisière. L’extension du port de Calais (Pas-de- Calais), le premier port français de voyageurs et le premier port d’Europe continentale de fret roulier, doit accompagner l’évolution prévue du trafic et de la taille des bateaux (jusqu’à 240 m de long pour 35 m de large) dans les années à venir ; une évolution destinée à répondre aux besoins économiques futurs. Cette extension, imaginée au début des années 2000, représente plus de 150 ha gagnés sur la Manche.

Plusieurs variantes ont été étudiées dans le cadre du projet. C’est finalement l’extension au nord de l’infrastructure existante – plutôt qu’un agrandissement à l’est ou un réaménagement du port actuel – qui a été retenue. Le projet consiste à créer, en un peu plus de cinq ans, une digue en mer de 3,3 km de long, l’ouvrage majeur du chantier (lire p. 30) . Une fois érigée, cette dernière donnera alors naissance au nouveau bassin portuaire (110 ha), lequel sera navigable sur 90 ha et accueillera trois postes d’accostage pour maxi-ferries et un poste roulier, qui permettra aux bateaux d’accoster par l’avant. La totalité de ces aménagements doit être livrée pour le 13 janvier 2021.

40 Xblocs posés par jour. Mené par Sodraco, la filiale du groupe luxembourgeois Jan De Nul spécialisé dans les travaux maritimes et fluviaux, le dragage constitue l’une des opérations phares des travaux. « Plus de 4 millions de m3 de déblais seront extraits du sous-sol marin », indique Arnaud Grévoz, directeur de projet adjoint pour Bouygues Travaux Publics. Ces matériaux serviront, dans une logique de recyclage in situ , à la création des 65 ha de nouveaux terre-pleins, dont 44 ha seront construits sur la mer.

A l’instar du chantier de la Nouvelle Route du littoral sur l’île de la Réunion, des milliers de blocs de béton préfabriqués seront mis en place sur la digue, côté mer, pour « briser » la force de la houle. Dénommés Xblocs, ils constitueront la carapace de la future digue (lire p. 30) . « Près de 2 800 Xblocs sont déjà sortis d’usine située sur site – pour moitié en mode “forain” et pour l’autre moitié suivant un process automatisé. Et environ 800 avaient déjà été posés par voie terrestre, à l’aide de pelles mécaniques hydrauliques. Nous mettons en place environ 40 blocs par jour », précise Arnaud Grévoz. Au total, près de 3 millions de m3 de matériaux seront nécessaires à la construction de la digue et pas moins de 200 000 m3 de béton seront produits pour le chantier.

Comportant des travaux d’extension portuaire « traditionnels », le chantier de Calais se distingue toutefois par l’usage d’outils modernes. Un drone est ainsi employé régulièrement pour calculer le volume des matériaux stockés sur site et destinés à réaliser les terre-pleins. Quand la tradition s’allie à la modernité…

Maîtrise d’ouvrage : Société des Ports du Détroit. Maîtrise d’œuvre : Arcadis. Groupement d’entreprises : Bouygues Travaux Publics (mandataire), Colas Nord-Picardie, Spie Batignolles, Jan De Nul. Montant : 675 millions d’euros. Chantier : de juillet 2016 à la mi-janvier 2021.

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ENCADRE

Digue - Opération chirurgicale pour la pose de la carapace

Depuis septembre, une digue de 3,3 km de long est construite en pleine mer pour créer le nouveau bassin du port de Calais. « La particularité de cette digue à talus, en forme de croix, est qu’elle sera recouverte, côté mer, de 15 500 Xblocs, des blocs de béton préfabriqués de 4 m3 », indique Arnaud Grévoz, directeur de projet adjoint pour Bouygues Travaux publics. Deux ateliers de terrassement opèrent successivement : le premier pour remblayer le corps de digue ; le second – une centaine de mètres plus loin – pour la pose des Xblocs. « Cette opération s’avère très minutieuse, car ces derniers doivent être positionnés selon un ordonnancement précis. Il faut, par exemple, au moins trois points de contact entre deux blocs. Pour ce faire, ces derniers disposent de capteurs qui aident l’opérateur de la pelle hydraulique à les placer avec précision, selon le plan de pose », poursuit-il.

Les matériaux tout-venant constitutifs du noyau de la digue sont, quant à eux, approvisionnés par le groupe Jan De Nul, à l’aide de navires-cargos de grande capacité (40 000 tonnes). Puis, ils sont déversés par des moyens dédiés (pelles hydrauliques embarquées et chalands à coque ouvrante) pour réaliser les soubassements de l’ouvrage. Au total, 3 millions de m3 de remblais sont nécessaires pour ériger la future digue.

ENCADRE

Bassin - Une déferlante de moyens de dragage

Pour créer la nouvelle zone portuaire de 110 ha, d’importantes opérations de dragage, menées par le spécialiste luxembourgeois Jan De Nul, ont lieu depuis l’été dernier. Près de 4,5 millions de m3 de déblais (vase, sables, etc. ) seront extraits du site à une dizaine de mètres de profondeur – une partie de ces matériaux étant « recyclés » dans la construction des nouveaux terre-pleins (65 ha, dont 44 ha gagnés sur la mer).

Pour ce faire, l’entreprise utilise, entre autres, une drague suceuse à désagrégateur. Cette machine permet de fragmenter les sols les plus difficiles. Les déblais ainsi obtenus sont ensuite aspirés pour être refoulés jusqu’à la zone de dépôt du chantier via une conduite flottante et des tuyaux posés sur le rivage. Une drague à pelle rétrocaveuse est aussi employée pour creuser le bassin.

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