Régions Reims

Plus de 1 000 logements sociaux réhabilités en BBC par le Foyer rémois

Mots clés : Logement social

Le bailleur social rémois lance un programme de rénovation thermique ambitieux. L’expérience compliquée d’un premier chantier et l’absence de précédents à cette échelle l’ont incité à recourir au dialogue compétitif pour rédiger le cahier des charges et choisir la maîtrise d’œuvre.

Engagé depuis 2003 dans la rénovation urbaine du quartier Wilson à Reims, Le Foyer rémois entreprendra d’ici à fin 2010 la réhabilitation des quartiers Orgeval et Pays de France (Croix-Rouge) sous l’égide de l’Anru. Soit 1 049 logements anciens à remettre aux normes en se conformant aux exigences du label BBC (bâtiment basse consommation). « Les consommations ne dépasseront pas 103 kWh/m2.an et par foyer, précise Jean-Denis Mège, directeur du développement du 2e bailleur social marnais (17 000 logements). On descendra même à 85 kWh/m2.an en moyenne sur Pays de France, ce qui est inférieur à de la THPE (très haute performance énergétique) neuve. » L’isolation thermique par l’extérieur en polystyrène, les interventions sur les huisseries, le chauffage et la ventilation permettront d’atteindre une telle performance.

Dialogue compétitif

Pour mener à bien ce chantier de 49 millions, Le Foyer rémois a emprunté la voie du dialogue compétitif. Mené en concertation avec les architectes, les bureaux de contrôle et les services techniques de la Ville, celui-ci a abouti, au bout de neuf mois, au choix de deux entreprises, Cari et Pertuy Construction. Cari fera équipe avec Gera Architectes et l’atelier Choiseul à Orgeval ; Pertuy Construction travaillera de concert avec l’agence Bécard & Palay, l’atelier Ruelle et Iosis Grand Est dans le secteur Pays de France. Pingat Ingénierie, BASF et l’Arcad/PQE formeront l’équipe d’AMO.
Le Foyer rémois a eu recours au dialogue compétitif faute de références sur le marché. Mais aussi parce qu’il a été échaudé par la construction d’un bâtiment passif à Bétheny (l’immeuble La Clairière, certifié BBC-Effinergie et Passivhaus) : le chantier a subi de nombreux contretemps, et s’est éternisé alors que tout semblait avoir été verrouillé en amont. « Le travail préparatoire n’a pas suffi à établir un cahier des charges pertinent, constate Jean-Denis Mège. Il a fallu reprendre le travail descriptif élément par élément, plan d’exécution par plan d’exécution, en concertation avec les entreprises. Celles-ci n’ont que progressivement pris la mesure des objectifs tandis que le projet avançait. »
Au vu de cette expérience laborieuse et en l’état actuel de la pratique des BET et des entreprises, Le Foyer rémois a préféré sortir du cadre de l’appel d’offres traditionnel.

Deux bâtiments pilotes

« L’objectif est de pouvoir se reposer sur une entreprise générale et d’obtenir des garanties tant au niveau de la performance énergétique que de l’accompagnement social des locataires. »
Deux bâtiments pilotes, un dans chaque quartier, seront livrés dès le printemps 2011. Leur évaluation par l’Arcad/PQE et par BASF sur la base de onze points de contrôle permettra de valider les process mis en œuvre. L’idée étant non seulement de les généraliser à tout le programme, mais aussi d’établir un modèle pour d’autres réhabilitations. La fin des travaux est prévue à la mi-2013.

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ENCADRE

Une approche thermique pointue

Le Foyer rémois a cherché à « sécuriser » au maximum le volet thermique de son projet en procédant à des audits contradictoires avec différents outils de simulation : une étude RT, une étude PHPP (Passive House Planning Package), un process d’analyse Passivhaus (volume chauffé, plus trait de crayon, avec calcul de tous les ponts thermiques, des points de rosée, et détails d’exécution), des tests d’infiltrométrie et par caméra thermique pour chaque bâtiment. L’occasion d’enregistrer des écarts allant jusqu’à 25 % d’un bilan thermique à l’autre, donc de valider le bien-fondé du dialogue compétitif en ce qu’il permet de croiser les résultats. La décision d’installer des thermostats a découlé de cette confrontation d’idées. Mais le projet n’aura pas recours aux énergies renouvelables faute de rentabilité.

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