Expositions

Photographier le vivre ensemble

Mots clés : Politique de la ville

À l’occasion du festival Circulation(s) qui se déroule au Centquatre à Paris, une jeune génération de photographes revient sur les grands projets urbains des Trente Glorieuses. Un regard entre critique sociale et mise en scène poétique.

Depuis sa création en 2011, le festival Circulation(s) met en valeur la jeune photographie européenne. Sur les 51 photographes de cette sixième édition, une douzaine d’entre eux aborde les questions de la ville, de l’urbanisme ou de l’architecture, que celle-ci soit durable ou éphémère. Originaires d’Espagne, de France, d’Irlande, d’Italie ou des Pays-Bas, les photographes sélectionnés sont, pour la plupart, nés dans les années 1980. Même si certains de leurs travaux se rapprochent d’une écriture documentaire, on ne trouve pas, à proprement parler, de photojournalisme. « Nous recevons de plus en plus de travaux dits « artistiques » mais qui ne versent pas pour autant dans l’esthétisme pur, analyse Marion Hislen, directrice du festival. Tous parlent de notre société et des problèmes actuels, avec parfois un pas de côté. On voit combien la question du vivre ensemble se pose à cette jeune génération. » Un vivre ensemble qui est ici presque naturellement associé au cadre architectural et urbain, pour devenir un sujet photographique de prédilection.

Si plusieurs artistes reviennent sur les grands programmes urbanistiques des Trente Glorieuses et la forme d’utopie qu’ils véhiculaient, ils n’en dressent pas systématiquement un bilan à charge. Souvenir d’un futur, de Laurent Kronental, met ainsi en parallèle deux vieillissements, celui des personnes et celui des constructions des années 1960 et 1970, marquées par le déclassement. Avec sa chambre photographique 4 x 5, ce photographe autodidacte s’est rendu dans les grands ensembles de la région parisienne. Photographiées dans leur majesté, les tours Nuages d’Émile Aillaud à Nanterre ou les Arcades du lac de Ricardo Boffil à Montigny-le–Bretonneux, apparaissent comme les décors d’un film futuriste. Tels...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 250 du 20/04/2016
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