Métier

Peretti en remet plusieurs couches

Mots clés : Peinture - Plâtrerie - PME

La PME auvergnate de peinture et plâtrerie base son développement sur la croissance externe et les macrolots.

Hughes Hortefeux est volontiers facétieux. « Avec mes deux frères, on a coutume de plaisanter lorsqu’on se présente. Et de dire qu’il y en a un qui pense, un autre qui parle [Brice, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, NDLR] et un troisième qui agit », glisse le chef d’entreprise du Puy-en-Velay, cadet de la fratrie. Né à Neuilly-sur-Seine, il a retrouvé ses racines auvergnates à la faveur du rachat de l’entreprise de plâtrerie et peinture Peretti, après avoir lu une annonce parue dans « Le Moniteur » en avril 2004. A l’âge de 56 ans, Georges Peretti avait décidé de transmettre cette entreprise familiale plus que centenaire.

Après son diplôme de l’ESTP complété par une formation managériale dans un IAE, Hughes Hortefeux avait jusqu’alors fait carrière dans les travaux publics – essentiellement à la Sade, filiale de Veolia. Rachetée le 1er avril 2015 – le jour de la saint Hugues ! -, l’entreprise Peretti s’est développée. Son chiffre d’affaires a presque triplé en dix ans. Ce développement s’est fait pour partie par croissance externe, en 2007, mais surtout par le biais des macrolots. Le chef d’entreprise fait la promotion de ce type de marchés auprès des maîtres d’ouvrage : « Les lots séparés sont sources de retard et de décalage de chantier, de réclamation et de surcoût. » Aujourd’hui, les macrolots représentent plus de la moitié de l’activité de l’entreprise de peinture-plâtrerie. Hughes Hortefeux n’en fait pas pour autant une religion. « Je tiens avant tout à travailler dans la durée », tient-il à préciser.

Une société de services.

Le deuxième virage pris par la société concerne les clients. L’entreprise ponote a délaissé les marchés publics « où les prix prédominent » pour privilégier les industriels et les privés, particuliers ou sociétés, « avec qui il est possible d’expliquer notre offre », observe le président. De Sanofi à l’évêché du Puy, d’un hôtel des années 1920 transformé en logements à Royat à un Ehpad. « On est passé d’une entreprise du bâtiment à une société de services, où la notion d’écoute, de compréhension du client est importante, explique Hughes Hortefeux. On a créé une charte de bon comportement pour nos salariés, qui l’ont bien comprise. Ils savent s’adapter à l’environnement, aux horaires des chantiers. Par exemple, refaire les bureaux d’une banque en un week-end, des peintures jusqu’à l’implantation des plantes vertes. »

Hughes Hortefeux fait part de ses agacements quant à l’environnement social contraignant du chef d’entreprise, à l’inertie des hommes politiques de tous bords – y compris l’actuel président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez -, qui oublient vite leurs promesses de réformer les marchés publics. « Si mes effectifs salariés ont baissé, c’est à cause de toutes ces pesanteurs, peste Hughes Hortefeux. En 2014, si j’avais remplacé ma centaine de salariés par des salariés détachés, mon résultat se serait amélioré de 900 000 euros. C’est pourquoi je propose d’introduire la notion de critères sociaux dans les mémoires techniques des appels d’offres. »

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ENCADRE

Création : 1893.

Siège :Brives-Charensac (Haute-Loire).

Président : Hughes Hortefeux.

Chiffre d’affaires : 13 millions d’euros (2015).

Effectif : 120 personnes.

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