Architecture Technique Matériel

Peau de coffrage en composite recyclé et recyclable

Mots clés : Dallage - Matériel - Equipement de chantier - Produits et matériaux

Des plaques à base de plastique recyclé tentent de concurrencer le contreplaqué en fond de coffrage de dalles.

Un nouveau venu tente de se mesurer au traditionnel contreplaqué bakélisé des peaux de coffrage de dalles coulées en place, avec l’argument environnemental. Dans son usine proche de Beauvais (Oise), l’industriel Novafloor fabrique des plaques à partir d’un nouveau matériau composite, recyclé et recyclable à 100 %, qu’il a lui-même mis au point. Le Novaplak est réalisé avec des déchets de menuiseries et de tuyaux PVC, chargés avec de la poudre de sciure de marbre. Après une quinzaine d’années à l’export sur des chantiers du Moyen‑Orient, où son matériau composite a pris la forme de revêtements de sol, de façade ou de couverture, Fawaz Kazma, son P-DG, a décidé de développer ses activités en France et dédié l’une de ses branches au coffrage. Ainsi est né Coffranov 10, réalisé à partir de plaques Novaplak de 2 m x 1 m et 10 mm d’épaisseur. « C’est une solution économique et écologique, affirme Fawaz Kazma. Par sa durabilité, il transforme la peau coffrante, simple consommable, en équipement à part entière ».

Coffranov 10 a été étudié pour offrir une résistance à la flexion et à la poussée, répondant aux exigences de la plupart des dalles coulées. Monolithique, le matériau ne peut se délaminer et s’user couche par couche. Imputrescible, il résiste aux agressions de l’eau et ne gondole pas à l’usage. Soumis à une batterie de tests, le produit présente un module d’élasticité de 3 600 MPa, une résistance à la flexion de 42,6 N/mm² et un coefficient de dilatation linéaire limité à 0,1 mm/m par tranche de 1 °C. Côté résistance au feu, le matériau est classé M2.

Temps de séchage réduit.

A la différence du contreplaqué bakélisé, qui doit être changé toutes les 4 à 7 utilisations, Coffranov annonce de 50 à 100 utilisations sans usure ni aucune dégradation d’aspect. Comme le contreplaqué, les panneaux se découpent à la scie circulaire, la scie sauteuse ou la meuleuse. Autre atout avancé par l’industriel, le temps de séchage est considérablement réduit. En effet, l’eau ne pénètre pas dans la peau de coffrage et les calories s’échappent plus facilement qu’avec le contreplaqué, permettant de réduire les temps de séchage du béton. La société Novafloor peut récupérer les plaques du chantier lorsque celles-ci sont usagées et inutilisables.

Malgré ses atouts, le produit peine encore à pénétrer le marché de la peau coffrante, où le contreplaqué règne en maître. Il est vrai qu’il coûte deux fois plus cher qu’un contreplaqué de base et ne se justifie donc que sur des opérations de taille importante, où le réemploi des peaux de coffrage peut être élevé. Il ne devient compétitif qu’à partir de 3 000 m² de plancher, estime l’industriel. Les enseignes de négoce se montrant peu intéressées, Novafloor travaille sur la prescription et s’adresse directement aux gestionnaires de parcs de matériels, qui devraient être plus sensibles à ses arguments de longévité et de recyclabilité.
Et si le contreplaqué s’avérait décidément indétrônable, l’industriel pourrait trouver un autre débouché à son matériau, en développant des matrices de coffrage pour habiller les peaux métalliques des banches traditionnellement utilisées en France pour le coffrage des voiles. Une peau en Novaplak de 3 mm d’épaisseur, moulée suivant le motif choisi pour le rendu final du béton, serait alors complétée par un remplissage en résine pour assurer la résistance du panneau. Des prototypes ont été réalisés et un premier chantier est en cours de négociation…

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X