Régions Lille

Patrimoine à vendre… et à valoriser

Mots clés : Conservation du patrimoine

Pas de braderie à Lille quand la Ville vend son patrimoine !

Martine Aubry a même plutôt la réputation d’être dure en affaires avec les promoteurs. « Elle a raison, le centre de Lille est de loin le secteur le plus attractif de la région », juge l’un d’entre eux, beau joueur. En position de force, la Mairie de Lille ne se contente pas de faire monter les enchères. Au-delà des prescriptions obligatoires du plan local d’urbanisme de Lille (45 % de logements répartis entre logement locatif social et accession aidée à la propriété), elle fait valoir ses choix. « Nous encourageons les beaux programmes, respectueux du patrimoine historique et ouverts sur leur environnement », résume Stanislas Dendievel, adjoint à l’urbanisme.

Illustration avec l’hôtel d’Avelin. En novembre 2014, cet hôtel particulier bâti en 1777 a été vendu par la Ville 2,4 millions d’euros l’année dernière. Porté par le groupe immobilier Sofim, le projet prévoit 18 logements sur 2 000 m2 , mais aussi une salle de conférences qui sera ouverte un week-end par mois. L’occasion pour les Lillois de découvrir ce bâtiment historique jusque-là fermé au public. Un bon point pour les concepteurs du projet.

La Ville fait jouer la concurrence entre promoteurs.

En décembre 2013, pour remporter l’appel à projets sur l’îlot Malpart, terrain de 5 000 m2 en plein centre-ville, Linkcity (ex-Cir-mad, filiale de Bouygues Bâtiment Nord-Est) a imaginé avec les architectes de l’agence lilloise Tank une résidence de 148 logements sur cinq bâtiments, respectant le label biodiversité et articulés autour d’un potager partagé. L’ensemble s’intègre parfaitement avec son prestigieux voisin, l’Hospice Gantois, monument du XVIIe siècle. Le terrain (occupé par une ancienne maternité qui vient d’être rasée) est parti pour 4 millions d’euros.

Hôtel trois-étoiles, galerie d’art et coworking. C’est moins que l’ancienne fac de pharmacie, superbe ensemble de la fin XIXe , adjugé en juin 2016 pour 11,5 millions d’euros ! L’opérateur lillois Finapar a acquis ses 8 000 m2 pour y installer 200 logements (dont 60 % abordables), un hôtel trois-étoiles de 127 chambres, un restaurant, un espace de coworking et une galerie d’art numérique. À la tête d’un groupement comprenant le bailleur Vilogia, ETR Ingénierie et Nord-France Construction, Finapar l’a emporté sur Eiffage Immobilier Construction et CFA-Duval. Dessiné par les cabinets Sintive Patrimoine et Red Cat, le projet de reconversion – baptisé Cosmopole – est celui qui préservait l’ancien bâti au maximum.

Cette année, c’est l’ancien collège Jean Macé qui affole les promoteurs. Un élégant bâtiment de 7 000 m2 , datant là encore du XIXe et donnant sur l’un des parcs les plus prisés de la ville. Un appel à projets a été lancé par la mairie. « La programmation est très ouverte. Nous espérons des propositions inattendues », confie Stanislas Dendievel. Les candidats sont prévenus.

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