Enjeux

« Pas de travaux embarqués sans diagnostic préalable »

Mots clés : Architecte - Gestion immobilière

Olivier Delalande, spécialiste des copropriétés, préconise l’intervention de l’architecte avant travaux.

Alors que la polémique sur l’isolation par l’extérieur à l’occasion de travaux de ravalement ressurgit, le président de la Compagnie des architectes de copropriété préconise un diagnostic systématique avant travaux « pour éviter de faire n’importe quoi ».

Les « travaux embarqués » prévus par la loi de transition énergétique peuvent-ils nuire à la qualité des rénovations ?

Le principe des « travaux embarqués » n’est pas à remettre en question. Les architectes de copropriété l’appliquent en permanence. L’isolation de toiture lors d’une opération de rénovation de couverture, le remplacement de descentes d’eaux pluviales lors d’un ravalement, ou encore des travaux d’accessibilité lors d’une rénovation de hall sont systématiquement proposés. L’intérêt immédiat emporte toujours la décision des copropriétaires.

D’où vient la méfiance actuelle sur les travaux embarqués ?

Le problème vient essentiellement de l’isolation thermique par l’extérieur (ITE). Le bâti ancien n’est pas nécessairement compatible car, dans la tradition française, l’aspect extérieur de la façade exprime le matériau dont elle est constituée et les fenêtres sont au nu intérieur des murs.

Tout l’équilibre du bâtiment repose sur ces caractéristiques : ventilation intérieure, respiration des matériaux, apport de lumière, esthétique. L’ITE n’est pas une simple adjonction neutre à un ravalement, elle bouleverse en profondeur cet équilibre et peut provoquer des désordres graves. Pour les éviter, chaque projet d’ITE doit faire l’objet d’un diagnostic par un architecte pour déterminer sa faisabilité. Il ne faut pas faire n’importe quoi !

Peut-on améliorer la performance énergétique des copropriétés par d’autres moyens ?

Avec l’isolation thermique, l’amélioration du chauffage et de la ventilation sont les moyens les plus efficaces. En matière de ventilation, par exemple, il faut davantage d’énergie pour chauffer un air humide qu’un air sec.

Assurer une bonne qualité de l’air à l’intérieur des logements, c’est déjà diminuer la consommation d’énergie. Les déperditions dues au renouvellement d’air sont bien moindres que la surconsommation provoquée en réaction à une atmosphère humide.

La Compagnie des architectes de copropriété fête ses 20 ans. Qu’apporte-t-elle à ses adhérents ?

En vingt ans, les membres de la Compagnie ont élaboré des méthodes de diagnostic, des documents types et des formations pour les missions qui sont les leurs. Ils ont capitalisé des connaissances avec leurs retours d’expérience pour mieux anticiper, mieux évaluer les besoins et, finalement, répondre efficacement aux attentes des copropriétaires. Les deux tiers des adhérents, en moyenne, se réunissent chaque mois dans ce but.

Vous présidez la Compagnie depuis quatre ans.

Quelle est aujourd’hui votre priorité ?

J’ai débuté ma présidence en mettant l’accent sur l’accessibilité des bâtiments aux handicapés et le maintien à domicile. J’ai poursuivi mon mandat avec la maîtrise de l’énergie. Ma priorité est aujourd’hui de faire entrer les copropriétés dans la maintenance ce que, dans notre jargon, nous nommons le facility management . Il est temps de rationaliser l’entretien des immeubles. Cela passe par les diagnostics de travaux à engager. De nombreux propriétaires de patrimoine et copropriétés nous poussent à mener ce travail d’anticipation.

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