Enjeux

ParticulierArtisan.com

Mots clés : Télécommunications

Les plates-formes Internet de mise en relation entre particuliers picorent le marché des travaux dans le bâtiment.

Test réussi pour les trois magasins Leroy Merlin, chargés de promouvoir auprès de leurs clients la plate-forme Internet de mise en relation entre particuliers, Frizbiz.com. Début 2016, le leader de la grande surface de bricolage en France a décidé d’étendre à tout son réseau son partenariat avec cette start-up, spécialisée dans le jobbing (« petits boulots »), dont il est actionnaire depuis juin. La multiplication de ces plates-formes accélère le développement d’une catégorie de travailleurs du bâtiment aux contours parfois flous. A côté des artisans, on retrouve de plus en plus d’auto-entrepreneurs et de particuliers à la recherche de compléments de revenus. L’économie collaborative deviendrait-elle une nouvelle concurrence pour les artisans ? « La majorité des travaux proposés sur Frizbiz ne sont pas assez motivants économiquement pour les artisans, assure Pascal Malfoy, directeur général délégué de Leroy Merlin France. Mais si cela les intéresse, ils sont les bienvenus sur la plate-forme. » Car certains travaux proposés sur Frizbiz peuvent s’apparenter à des prestations professionnelles, comme la rénovation d’une studette ou le montage de cloisons et de plafonds dans une maison de 150 m2 en construction. De quoi s’éloigner de « l’entraide de proximité, rapide et pas trop chère » mise en avant par Leroy Merlin.

Ubérisation de l’artisanat du bâtiment ?

« Ce phénomène participe d’une déprofessionnalisation des travaux dans le bâtiment et d’une distorsion de concurrence pour nos artisans », tranche Sabine Basili, vice-présidente de la Capeb. Pour elle, c’est le gommage de la frontière entre ce qui relève de l’échange et ce qui doit rester une activité professionnelle, qui pose problème. Avec, en toile de fond, la question des assurances et de la garantie de ces travaux réalisés par des particuliers ou des auto-entrepreneurs sans qualification. « Contrairement à Uber, qui est venu percuter le marché de la course de taxis, nous ne bouleversons pas le marché de fond de l’artisanat du bâtiment. Le particulier ne sera pas, du jour au lendemain, un artisan professionnel qualifié, certifié et assuré », relativise Pascal Malfoy. Pour la Capeb, cet argument ne tient pas : « Notre activité, c’est aussi le dépannage. Les petites installations et les petits travaux permettent aux artisans d’attirer et de fidéliser la clientèle. »

www.lemoniteur.fr/uberisation

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