Annuel aménagement

Paris 18e Un jardin sous une halle ferroviaire

Mots clés : Aménagement paysager - Architecte - Architecture - Droit de l'urbanisme - Energie renouvelable - Espace vert - Gros oeuvre - Rénovation urbaine - Transport ferroviaire

La ZAC Pajol, programmée sur une friche ferroviaire du 18e arrondissement, accueillera un ensemble d’équipements publics destinés au quartier. Au centre, un jardin d’un hectare s’installera sur les traces des voies ferrées et se glissera sous la toiture de l’ancienne halle de déchargement des trains de marchandises, elle-même couverte de panneaux photovoltaïques.

Un premier projet urbain, datant de 1994 prévoyait la démolition des bâtiments de la friche Pajol, ancienne emprise ferroviaire dans le 18e arrondissement de Paris, et la construction d’environ 1 000 logements. Il a été totalement remanié en 2004, aussi bien dans sa philosophie – conservation de la halle de déchargement des marchandises, du bâtiment des messageries et du bâtiment des douanes – que dans son programme – essentiellement des équipements publics. La ZAC Pajol est alors pensée en termes de bâtiments à énergie positive et de ville durable. Le projet de l’agence Galiano-Simon, architecte coordinateur et concepteur des espaces publics, valorise le site et favorise le développement d’une unité architecturale et paysagère, tout en préservant le patrimoine industriel ferroviaire. Le programme comprend plusieurs équipements publics : collège, IUT, gymnase, auberge de jeunesse, bibliothèque municipale, salle de spectacles, ainsi que des commerces et un jardin. La simplicité des volumes et des matériaux rend les différents espaces facilement lisibles. « Il ne fallait pas un projet de type ‘‘paquebot urbain’’. Nous avons voulu développer ici une mixité fonctionnelle de manière à pallier les carences en termes d’équipements publics, d’espaces verts et de commerces », précise Daniel Vaillant, maire du 18e arrondissement.

Avec près d’un hectare de jardins qui s’immiscent jusque dans les bâtiments, la nature existe bien au-delà des interstices architecturaux habituels en s’inscrivant dans le tracé linéaire des anciennes lignes ferroviaires. « La partie couverte, d’une surface de 2 500 m2, privilégie une palette d’ombre : des bouleaux et des charmes, alternant avec des ormes de Sibérie, une végétation diffuse, des terrasses, un talus plein sud et, ici ou là, des pièces d’eau… La complémentarité entre la partie bâtie et le jardin met en exergue la qualité du lieu, en utilisant les eaux de toiture pour alimenter les plantations » explique la paysagiste de l’agence In Situ, Anne Tardivon.

La décision de conserver la halle de déchargement, qui abritera l’auberge de jeunesse et la bibliothèque notamment, et les deux bâtiments en béton qui accueilleront l’IUT et le collège, s’accompagne d’objectifs très ambitieux dans le domaine énergétique. Maîtres d’œuvre et maîtres d’ouvrage adaptent la relation entre le paysage et le cadre bâti, en appliquant de façon concrète le plan climat de la Ville de Paris élaboré en 2007. Les bâtiments sont à très haute performance énergétique (THPE) avec un objectif de consommation limité à 40 kWh/m2.an et, avec 3 300 m2de panneaux solaires photovoltaïques installés en toiture, la halle reconvertie deviendra la première centrale solaire photovoltaïque à Paris. Sa production électrique qui s’élèvera à 380 MWh/an sera supérieure à la consommation annuelle des équipements qu’elle abrite. « La structure de la halle a été nettoyée pour ne conserver que les plateaux et le toit en forme de sheds, sous lequel s’inscrivent les bâtiments en bois et le jardin couvert », explique l’architecte Françoise-Hélène Jourda. Un certain nombre d’éléments et de matériaux du site ont été réutilisés. Les poutrelles métalliques, issues de la déconstruction de quelques travées, ont été évacuées par voie ferrée, puis recyclées. Autre exemple : les tuiles de toiture seront récupérées, pour être broyées et incorporées au béton désactivé du sol.

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ENCADRE

Fiche technique

Lieu: ZAC Pajol.

Maîtrise d’ouvrage: Ville de Paris, Semaest.

Maîtrise d’œuvre: Galiano-Simon (architectes coordonnateurs) ; In Situ (paysagistes) ;

Françoise-Hélène Jourda (architecte de la halle),

Brisac-Gonzalez, Lin (architectes).

Coût: 49 millions d’euros HT.

Superficie: 1 ha.

Réalisation: 2008-2013.

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