Architecture Technique Réhabilitation

Parcours fluides au cœur du patrimoine

Mots clés : Conservation du patrimoine - Rénovation d'ouvrage - Transports mécaniques - Circulation

A Dijon, la restructuration des locaux de la Drac Bourgogne fait la part belle aux circulations entre corps de bâtiment.

Dans le secteur sauvegardé du centre de Dijon (Côte-d’Or), ces deux hôtels particuliers accolés du XVIIIe siècle – classés aux Monuments historiques – abritent la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) de Bourgogne. Ils viennent d’être restructurés afin de regrouper le personnel sur une surface plus restreinte (pour vendre une partie des bâtiments), et d’améliorer la communication entre les services – Conservation régionale des Monuments historiques, Service territorial de l’architecture et du patrimoine (Stap), Service régional de l’archéologie et services dédiés à la culture et la création -, isolés entre eux par un labyrinthe de circulations.

« Nous nous sommes aperçus que certains collaborateurs, présents depuis des années, n’avaient jamais dépassé l’étage de leur bureau », atteste Olivier Curt, chef du Stap de Côte-d’Or et conservateur des lieux. De fait, quiconque a eu l’occasion de recourir à une administration abritée dans un édifice patrimonial n’a pu qu’être frappé par le contraste entre la majesté des façades et le désordre des espaces intérieurs, moult fois remaniés pour y entasser des archives et caser bureaux ou escaliers. Aussi, l’agence BQ + A, associée ici à l’architecte du patrimoine Bertrand Cohendet, s’est-elle attachée à créer un parcours fluide qui tienne compte de l’accessibilité des personnes à mobilité réduite. Un travail rendu complexe par la dissémination des services dans plusieurs corps de bâtiment avec parfois, de l’un à l’autre, des différences altimétriques pour un même niveau. Tout d’abord, l’accès a été revu : sous le porche, à l’interface entre la cour et la rue, un volume vitré – sorte de petit salon éclairé par un lustre – bloque l’accès direct à la cour et redirige vers le nouvel accueil. Dès lors le ton est donné : le bois, exclusivement de chêne, devient le matériau signal de la restructuration. Il est décliné sous forme de parquets, estrades, bancs, bibliothèques, marches d’escalier, garde-corps, portes, revêtements muraux, etc. Bernard Quirot (BQ + A) le dit : « Nous avons différencié clairement les interventions contemporaines de l’existant », se référant ainsi au maître italien de la restructuration de bâtiments anciens, l’architecte Carlo Scarpa (1906-1978) qui, par des jeux de contrastes, mettait en valeur les strates historiques d’un édifice.

Aspect de péristyle.

A l’extérieur, la nouvelle galerie vitrée, partie émergée de ce dispositif, relie deux corps de bâtiment avec une légère pente qui permet de gommer les variations de niveaux. Elle affirme sa différence avec la pierre de Bourgogne par sa structure légère en bois qui lui donne l’aspect d’un péristyle. A l’intérieur, l’escalier spiralé se fait sculpture et occupe à lui seul une pièce. Par cette mise en scène et sa réalisation soignée, il dialogue avec l’escalier d’honneur, joyau des lieux où l’art du trompe-l’œil est poussé à un haut degré de perfection, un plafond plan devenant coupole à s’y méprendre.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Drac de Bourgogne. Maîtrise d’œuvre : BQ + A (B. Quirot, O. Vichard, A. Lenoble, F. Patrono, architectes) ; B. Cohendet, architecte du patrimoine ; F. Drubigny, chef de projet. BET : Clément (structure), Beteb (fluides, électricité). Principales entreprises : SNCTP (gros œuvre), Charpentiers de Bourgogne (charpente, couverture, zinc), Jacquet (maçonnerie en pierres), Menuiseries Vitu/Maignan, Dijon Parquets (menuiseries intérieures, parquets). Surface : 3 169 m2 SP. Coût des travaux : 1,97 million d’euros HT.

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