Architecture

Palmarès Prix d’architecture 2013 du Moniteur

Mots clés : Architecture - Prix d'architecture

Un musée d’exception, des logements sociaux et un espace de services en milieu rural. En distinguant des programmes aussi différents par leur taille, leur vocation et leur coût, les Prix d’architecture du Moniteur 2013 saluent la collaboration entre les maîtres d’ouvrage et les architectes dans la réalisation de bâtiments innovants. La pureté esthétique et technique du Louvre à Lens (Pas-de-Calais), tout en reflets et transparences, semble faire écho à l’intelligence climatique, formelle et constructive des logements de la rue des Orteaux à Paris (XXe). Une « question du logement » également posée à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), un département où la désertification qui menace oblige les édiles, comme à Marsac-en-Livradois, à imaginer de nouveaux programmes pour revivifier le territoire, tout en mobilisant des savoir-faire locaux.

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Membres du jury

Guillaume Prot, président du jury (alors président du Groupe Moniteur à l’annonce des lauréats).Gaston Tolila et Nicholas Gilliland, architectes, lauréats du prix de la Première œuvre 2012. Jean-Patrice Calori, Bita Azimi, Marc Botineau, architectes (agence CAB), lauréats du prix de l’Equerre d’argent 2012. Isabelle Saison-Menu, architecte (Saison-Menu architectes urbanistes).Pierre-Michel Delpeuch, architecte, DG de l’Atelier villes et paysages, Egis.Vincent Parreira, architecte (Atelier d’architecture Vincent Parreira).Frédérique Monjanel, directrice du développement immobilier d’Adim-Vinci Construction France. David Chambolle, ingénieur (EVP Ingénierie). Michel Dalloni, directeur des rédactions du pôle construction du Groupe Moniteur.Dominique Errard, rédacteur en chef du « Moniteur ».Josep Lluís Mateo, architecte (Mateo Arquitectura).Olivier Chadoin, sociologue.

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Equerre d'argent Louvre-Lens (Pas-De-Calais) L'alchimie entre un musée et un paysage

Evanescent, éthéré, mouvant, les mots ne manquent pas pour décrire le Louvre-Lens, inauguré le 4 décembre 2012. Afin d’accueillir les collections du Louvre, les architectes Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa ont composé de manière subtile avec la lumière singulière d’Europe du Nord qui les avait frappés en visitant le site. Tour à tour éclatant, effacé, se confondant même parfois avec le ciel nuageux, le musée se joue des perceptions selon le temps et les saisons.

A l’origine de ces effets : l’enveloppe lisse et légèrement courbe en panneaux d’aluminium anodisé et verre qui habille les cinq volumes délicatement articulés aux angles. Le Louvre-Lens est certes un musée iconique qui impulse la revitalisation d’une région ; pour autant, il n’est pas une institution monumentale, écrasante pour son environnement. Les architectes japonais et la paysagiste Catherine Mosbach ont choisi, au contraire, de faire fusionner le musée avec son environnement pour l’ouvrir sur le grand territoire et brouiller les limites entre l’intérieur et l’extérieur : un parc public de 20 ha aménagé sur un ancien carreau de mines (la fosse n° 9) qui compose avec la mémoire industrielle du lieu et la nature.

La fluidité qui caractérise le passage du paysage au bâtiment est aussi palpable à l’intérieur, où l’on déambule librement entre les bulles de verre du hall d’entrée – réservées aux fonctions d’accueil -, dans la galerie d’exposition temporaire et le pavillon dédié à l’art contemporain. Et surtout, dans la spectaculaire Galerie du temps, où sont rassemblés en un même volume dépourvu de tout cloisonnement ou poteau plus de 200 œuvres retraçant 4 500 ans de cultures et civilisations, de l’Antiquité aux Temps modernes. Un cheminement autour des collections permis par une autre audace : l’absence d’accrochage et de signalétique au mur qu’interdit la peau en aluminium anodisé habillant aussi les parois intérieures. Une matière qui invite encore à un jeu de réflexion, cette fois entre les œuvres et leur public.

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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : région Nord-Pas-de-Calais. aîtrise d’œuvre : Sanaa, architecte mandataire ; Tim Culbert, Celia Imrey/Imrey Culbert LP ; Catherine Mosbach, architecte paysagiste, coauteurs ; Yoshitaka Tanase, Yumiko Yamada, Louis-Antoine Grégo, Koji Yoshida, Nobuhiro Kitazawa, Lucy Styles, architectes assistants ; Studio Adrien Gardère, muséographe ; Extra Muros (Antoine Saubot et Michel Lévi) et Antoine Belin, architectes d’opération. BET : Forgue, économiste ; Saps/Sasaki and Partners (structure) ; Bollinger + Grohmann (structure métal et façade) ; Betom (structure béton et fluides) ; Hubert Pénicaud, SNC Lavalin (environnement) ; Transplan (concept environnemental) ; Arnaud de Bussière (façades) ; Arup Lighting (éclairage) ; Avel (acoustique). Principales entreprises : Permasteelisa (enveloppe, charpente et façade) ; Eiffage (gros œuvre) ; Guintoli (terrassement) ; Grepi (chapes) ; Sterec (couverture) ; CRI (revêtements) ; Bonnardel (menuiseries) ; Loison (métallerie) ; Eiffage TP avec Euro-Vert et Sirev (paysage). Surface : 28 000 m2 Shon. Coût : 150 millions d’euros.

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Mention au prix de l'Equerre d'argent Logements (Paris XXe) Des dispositifs low-tech pour une façade bioclimatique

« Quelle expression architecturale proposer pour un immeuble d’habitation soucieux de qualité environnementale ? » Telle est l’une des questions formulées par l’architecte, Armand Nouvet, pour cette opération à Paris XXe, exemplaire d’une « intelligence climatique » appliquée au logement social. Pour répondre aux exigences d’une consommation inférieure à 50 kWhep/m2.an, l’agence Babled-Nouvet-Reynaud a privilégié ici des dispositifs low-tech exclusivement architecturaux. Sa proposition se veut « l’expression lisible d’un système constructif fait de poteaux, de dalles et de fenêtres ». Adossés contre d’autres immeubles, les bâtiments forment une séquence construite articulée selon plusieurs volumes de hauteurs décroissantes autour d’une cour. Les façades épaisses, intégralement exposées à la course du soleil, créent une double peau thermo-acoustique de bois et de verre, élément-clé du dispositif environnemental.

Les deux parois vitrées forment de petits espaces non chauffés de 0,30 m à 1,20 m d’épaisseur avec, çà et là, des murs capteurs en béton cannelé noir qui, en hiver, absorbent le rayonnement solaire diurne pour le restituer la nuit, sous forme de chaleur, dans le logement. Un procédé de chauffage régulé et complété, saison après saison, à l’aide de stores d’occultation aluminisés à manoeuvrer par les locataires, et d’une ventilation simple flux.

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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Société immobilière d’économie mixte de la Ville de Paris (Siemp). Maîtrise d’œuvre : Babled-Nouvet-Reynaud Architectes ; Julien Boidot, chef de projet ; BET : SNC Lavalin (TCE, économiste), RFR Eléments (environnement). Entreprise : Francilia. Surfaces : 1 950 m2 Shon. Coût des Coût des travaux : 3,84 millions d’euros HT.

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Mention au prix de l'Equerre d'argent Logements à Clermont-Ferrand (Puy-De-Dôme) Quatorze variations autour d'une même manière d'habiter

Agressif et généreux. C’est ainsi que l’architecte Nasrine Seraji qualifie le projet de 74 logements qu’elle a réalisé à Clermont-Ferrand pour l’Office public de l’habitat et de l’immobilier social (Ophis) du Puy-de-Dôme. Agressif car l’opération affirme sa présence dans la ville par des façades noires en enduit et brique. « La brique pleine donne une allure, une échelle, une pérennité et une précision d’exécution au bâtiment », estime la conceptrice. Une maîtrise des détails appréciée par le jury des Prix d’architecture du Moniteur. Attentive à la qualité de vie des habitants, Nasrine Seraji a par ailleurs misé sur des espaces généreux. A commencer par les vastes porches d’entrée installés dans chacune des deux ailes du complexe résidentiel – en accession sociale et en locatif social -, et qui s’ouvrent sur le jardin arboré en cœur d’îlot et sur les alentours. Hostile à la répétitivité des appartements synonyme d’ennui selon l’architecte, ceux-ci diffèrent en plan et en volume suivant quatorze types variant du simplex au duplex, de la simple, à la double, voire à la triple orientation. Cette diversité se prolonge à l’extérieur par des balcons qui, côté jardin, zigzaguent d’un logement à l’autre et forment des brise-soleil pour les appartements du niveau inférieur. La répartition des logements – 47 à 96 m² – change légèrement d’un étage à l’autre en fonction du contexte. En résumé, une opération qui fait preuve d’urbanité et d’humanité.

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Fiche technique

Fiche technique Maîtrise d’ouvrage : Ophis du Puy-de-Dôme. aîtrise d’œuvre : Atelier Seraji Architectes et Associés, architecte-urbaniste ; Euclid, BET structure et fluide ; MDETC, économiste ; SCTARL Debost, OPC. Principales entreprises : Dumez Lagorsse (terrassement, gros œuvre, façades) ; Gauthier (menuiseries extérieures) ; Métallerie orcetoise (métallerie, serrurerie). Surface : 6 500 m² Shon. Coût : 8,2 millions d’euros HT.

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Prix de la première oeuvre Centre médical et commerce à Marsac-en-Livradois (Puy-De-Dôme) Un équipement mixte ravive un territoire rural

Audacieuse, la petite ville de Marsac-en- Livradois (1 500 habitants, Puy-de-Dôme) a décidé de bâtir un lieu fonctionnel pour attirer de nouveaux professionnels de santé et lutter ainsi contre la désertification médicale. Une supérette, mal située et à l’étroit dans son local, se joint au projet. Pour accueillir cet équipement public qui mêle cabinets médicaux et commerce, la commune jette son dévolu sur une parcelle vacante, le long de la départementale qui la traverse, et prévoit d’y bâtir deux bâtiments de plain-pied. Le comité de pilotage, qui inclut les professionnels de santé intéressés, confie le projet au jeune architecte Boris Bouchet. Et celui-ci émet une idée différente. En effet, les gabarits alentour, et la préservation d’une traverse piétonne entre départementale et centre bourg, l’ont conduit à proposer un édifice unique en « L », adossé au pignon voisin. Une attention urbaine convaincante.

Soucieux de valoriser des techniques locales, il recourt au pisé pour le socle abritant le commerce. L’étage, construit en structure bois, s’organise le long d’une galerie desservant les cabinets médicaux par de petites alcôves qui forment autant de salles d’attente. « Cet équipement est emblématique pour la commune en ce qu’il offre à un territoire rural une qualité de services comparable à celle des villes », se réjouit Michel Sauvade, maire de la commune.

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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : commune de Marsac-en-Livradois. aîtrise d’œuvre : Boris Bouchet, architecte ; Guillaume Varraud, chef de projet ; BET : Ettel (structure), AES (fluides) ; CS2N, économiste. Entreprises : SGB Grenier (mur en pisé) ; Veyrière Charpente (ossature bois et bardage) ; Roger Fougerouse SARL (menuiseries intérieures) ; GATP (VRD, espaces verts). Surface : 405 m2 Shab. Coût : 710 000 euros HT.

Vidéos des bâtiments primés et portfolios des opérations nominées sur www.lemoniteur.fr/equerre

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