Technique et chantier

Ouvrage d’art Un pont de 5 300 t déplacé de 75 m

Mots clés : Acier - Transport aérien - Travail

Le ripage d’un pont à l’aéroport de Roissy, planifié sur quatre mois et réalisé sous circulation, s’est déroulé en trois phases de 25 m. Le tablier précontraint de 50 × 50 m a été déplacé au moyen de vérins de glissement, mobiles sur une structure métallique positionnée à côté de chaque file d’appuis.

Les travaux préparatoires à la construction du futur satellite S4 de l’aéroport Roissy/Charles-de-Gaulle ont nécessité d’importantes opérations de déviation de réseaux, de terrassement et de décaissement des chaussées. « En effet, explique Bernard Jallat, responsable du projet chez Demathieu & Bard, le nouveau bâtiment doit être partiellement enterré afin que le niveau de la toiture n’interfère pas avec les exigences de visibilité requises par la tour de contrôle. » Autre point délicat du projet : le déplacement d’un pont et son prolongement qui permettra de relier les plates-formes aéronautiques nord et sud en autorisant le passage des avions gros porteurs de 650 t, type Airbus A380.

Le pont existant de 50 × 50 m a été ripé d’est en ouest sur une distance de 75 m et doit être prolongé au sud par un tronçon de 40 m coulé en place sur étaiement. La phase délicate du chantier résidait, bien entendu, dans le déplacement du tablier précontraint existant, un mastodonte de 5 300 t à trois travées continues (18 m/15 m/18 m).

Appui multidirectionnel

L’opération de ripage proprement dite s’est décomposée en trois phases de 25 m, d’une durée moyenne de 6 h, planifiées sur une période de quatre mois, l’ensemble des interventions s’effectuant sous circulation. L’ouvrage surplombe en effet la route d’accès à la zone Est de l’aéroport. Les entreprises ont dû, en préalable, réaliser les barrettes de fondation de 15 m de profondeur (0,6 × 2,4 m) des futures piles et culées, ainsi que les semelles provisoires destinées à supporter le dispositif de ripage. Celui-ci était constitué de structures métalliques multiportiques, positionnées à côté de chacune des files d’appuis, soutenant une poutre sur laquelle se déplaçaient des vérins de glissement. Le tablier avait été préalablement désolidarisé de ces appuis puis « vériné » d’une vingtaine de centimètres par l’intermédiaire de vérins fixes. Les entreprises ont dû également démolir, avant le ripage, les parties supérieures des culées existantes – qui seront supprimées à terme – celles-ci interférant avec le tablier lors du déplacement. « La pente de ripage est en effet de 2,37 % alors que celle du tablier est de 1,25 % », explique Bernard Jallat. Le niveau du tablier s’est abaissé d’environ un mètre à l’issue du déplacement. A noter que les anciennes piles métalliques ancrées dans les semelles béton par l’intermédiaire de barres précontraintes, ont toutes été reconditionnées, une fois déposées, afin d’être remontées sur leurs nouvelles semelles. Chacune des piles est par ailleurs munie, en tête, d’un appareil d’appui multidirectionnel sphérique qui permet de compenser, en 3D, les amplitudes de mouvement que provoque le passage d’un avion d’une travée à l’autre.

Assistance par ordinateur

Côté ripage, les vérins étaient munis de plaques de glissement Inox/Téflon solidarisées les unes aux autres par l’intermédiaire d’un tirant qui assurait, quant à lui, la traction de l’ensemble via un système constitué de deux pompes hydrauliques alimentant quatre groupes de vérins. Vu les tolérances sévères de l’opération – 3 mm sur chaque axe et 5 mm entre les axes – le vérinage était piloté par informatique, l’ordinateur central assurant un contrôle altimétrique permanent, sur chaque file d’appuis. « Les vérins, reliés hydrauliquement, pouvaient ainsi compenser automatiquement, en temps réel, toute dénivellation ou tassement différentiel intempestif, le guidage latéral étant, quant à lui, assuré par des rails munis de galets de guidage, mis en place sur les culées existantes », souligne Bernard Jallat.

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ENCADRE

Fiche technique

Maître d’ouvrage : ADP.

Maître d’œuvre : ADP Service INA3.

Bureau de contrôle : ADP Service Inap.

Coordonnateur SPS : Becs.

Entreprises : groupement Demathieu & Bard (mandataire)/NGE génie civil ; Valerian ; Guintoli/Eurovia.

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