Enjeux

Où s’arrêteront donc les métropoles ?

Mots clés : Etat et collectivités locales

L’engouement pour le statut métropolitain ne se dément pas. Sept nouvelles collectivités s’apprêtent à rejoindre le club.

A quelques jours de Noël, la messe n’a finalement pas été dite. Les sept députés et sept sénateurs réunis en commission mixte paritaire le 21 décembre n’ayant pas trouvé d’accord, les sept intercommunalités prétendantes au titre de métropole attendront quelques semaines le vote définitif du projet de loi sur le statut de Paris et l’aménagement métropolitain pour être adoubées. Ce texte prévoit d’assouplir les conditions démographiques pour obtenir le statut de métropole, permettant ainsi à Clermont-Ferrand, Dijon, Metz, Orléans, Saint-Etienne, Toulon et Tours d’intégrer ce club convoité et de doter chaque région (hors Corse) d’au moins un pôle métropolitain.

En cas de désaccord avec la région, c’est la métropole qui a le dernier mot.

Ce contretemps parlementaire ne fait qu’accroître l’impatience des partisans de ces intercommunalités candidates, souvent plus modestes que les 15 déjà en place. D’autant que les élus fondent beaucoup d’espoirs autour de ce statut, qui présente bien des avantages. A commencer par la possibilité « d’avoir les coudées franches par rapport aux régions », explique Olivier Carré, le maire d’Orléans. Ces deux collectivités élaborent ensemble les différents schémas régionaux (concernant les développements économique, durable… ). Mais c’est la métropole, en cas de désaccord, qui a le dernier mot. Si le risque de déséquilibrer le rapport de force existe, Olivier Carré se veut rassurant : « C’est une alliance, un partenariat que nous pouvons construire en étant indépendants, mais pas une rivalité. »

Un dialogue plus direct avec l’Etat. Le statut de métropole offre également « une visibilité que nous n’avions pas en tant que communauté urbaine », complète François Cuillandre, président de Brest Métropole, fort de deux ans d’expérience en la matière. Un atout qui permet d’instaurer un dialogue plus direct avec l’Etat et ses représentants.

Cet argument apparaît fondamental à Philippe Briand, président de Tours Plus, agglomération candidate au statut de métropole, qui passera de manière transitoire par l’étape de communauté urbaine le 1er janvier 2017. « Le regard de l’Etat sera, à l’avenir, plus attentif aux métropoles, avance-t-il. De plus en plus limités, les deniers publics nourriront en priorité ces territoires qui seront des centralités, non des satellites. » De quoi envisager des projets de plus grande envergure, au rayonnement métropolitain, régional, voire national.

En termes de compétences, en revanche, pas de grand bouleversement en perspective. Ce que confirme le président de Brest Métropole : « Urbanisme, transports, eau, assainissement… Nous nous en occupions déjà. Le principal changement vient du transfert, au 1er janvier 2017, d’une partie des compétences du département dans les domaines de la voirie et du social par exemple. »

Inquiétude pour les territoires ruraux et les PME. Toute puissante qu’elle peut être, la métropole ne doit pas oublier les communes qui la composent ni les territoires, notamment ruraux, qui l’entourent. Les élus concernés se veulent, là encore, rassurants : « Une métropole ne se construit contre personne, mais avec tout le monde, lance Philippe Briand. C’est un pôle d’attraction qui doit profiter à tous. » Dont les entreprises. Gérard-François Dumont, géographe et professeur à Paris IV-Sorbonne, se montre pourtant inquiet pour les PME, « qui risquent de ne plus avoir accès à certains appels d’offres, trop importants pour elles ». Objection du maire d’Orléans, qui met en avant le recours à l’allotissement « pour respecter le tissu économique local et ne pas défavoriser nos PME ».

Avec ce maillage « plus dense et performant », pour reprendre l’argument du ministre de l’Aménagement du territoire, de la Rura lité et des Collectivités, Jean- Michel Baylet, la France passera dès 2017 de 15 à 22 métropoles. Un record en Europe. Faut-il y voir, comme Gérard-François Dumont, « un risque de banalisation », alors qu’Amiens et Limoges lorgnent eux aussi ce sésame ? Pas encore, à en croire Jean Deysson, chargé de mission à France Urbaine, l’association des grandes intercommunalités. Il reconnaît cependant que « ce statut doit conserver son exigence et ses ambitions ».

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