Architecture Technique SPECIAL HLM Paris XIXe

Opération en eaux troubles sur l’Ourcq

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Logement social

D’un projet avorté d’habitat participatif sont nés 23 logements destinés aux classes moyennes.

A peine livrés, ces logements ont déjà derrière eux une longue histoire. Celle-ci commence en 2008 alors que la Ville de Paris favorise le développement de l’habitat participatif, autrement dit des logements réalisés en autopromotion par un groupe de futurs habitants. A un prix avantageux pour les autopromoteurs, la Ville réserve un terrain au bord du canal de l’Ourcq. Mais voilà que l’affaire tourne mal… A peine les architectes de l’agence Karawitz ont-ils déposé le permis de construire que les ambitions personnelles et les caprices de chacun entrent en conflit. Le groupe explose et se dissout. Lasse, la Ville reprend le terrain et le cède au promoteur Ogif, une filiale d’Astria Action Logement dédiée aux opérations PLI (prêt locatif intermédiaire). Encouragé par la municipalité, le dispositif PLI s’adresse aux classes moyennes, dont les ressources dépassent les trois catégories classiques du logement social (PLUS, PLAI, PLS), mais sont insuffisantes pour se loger décemment dans le parc privé. Surtout dans la capitale.
Pour autant, pas question pour la Ville de Paris de gaspiller l’énergie dépensée dans le précédent projet : l’agence Karawitz est ainsi reconduite dans sa mission, à charge pour elle d’adapter le projet pour passer de l’habitat en autopromotion à des logements PLI. Et ce, sans changer la volumétrie du bâtiment, ses façades, ses matériaux et les grandes orientations correspondant au permis de construire. Soit un bloc quasiment cubique traversé d’une faille ouvrant d’un côté sur le canal de l’Ourcq, de l’autre sur une cour arborée. Exit les espaces de vie collectifs prévus pour le programme d’habitat participatif (salle commune, chambres d’amis, buanderie, atelier de bricolage, etc.). Le plan est revu dans ses détails pour y faire rentrer 23 logements (T2, T3, T4) au lieu des 13 prévus initialement (dont un penthouse de 130 m2 sur le toit…).

Repenser le sur-mesure.

Mais la trace de ce qui aurait dû exister est toujours là, comme un « repentir » (composition originelle d’un tableau, non effacée, mais recouverte par des couches de peinture successives). C’est ainsi que les positions irrégulières des ouvertures et des loggias témoignent de logements conçus sur mesure pour chaque ménage. De même pour le hall et les paliers d’étage dont les surfaces, plus que généreuses, rappellent qu’à l’origine ces zones de distribution devaient servir d’espaces de vie collectifs. Cette mutation programmatique démontre d’ailleurs tout l’intérêt de concevoir, dans les opérations classiques de logement, des espaces de distribution qui favorisent les rencontres, la convivialité, l’entraide et qui, au final, pourraient faire naître spontanément un habitat de type participatif.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ogif. Maîtrise d’œuvre : Karawitz, architectes mandataires. BET : AIA (structure), Amoes (fluides, thermique, environnement), Tohier (économiste), Acoustique & Conseil (acoustique). Entreprise générale : Brézillon. Surface : 1 580 m2 SP. Montant des travaux : 3,67 millions d’euros HT.

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