Autres Chantal Colleu-Dumond, directrice du domaine et du Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire

« On invente, chaque année ! C’est dans notre ADN »

Mots clés : Manifestations culturelles

Depuis le 1er septembre 2007, la fan de culture s’est mise au vert ! À Chaumont-sur-Loire, devenu centre d’arts et de nature sous sa houlette, elle veille à la fois sur le domaine de 32 ha, sur la programmation artistique et sur le Festival international des jardins qui a remporté en 2014 le prix international du Meilleur Festival de l’année. Pour cette 24e édition dédiée aux collections végétales, jusqu’au 1er novembre, la trentaine de jardins éphémères déborde d’inventivité, de beauté et de plantes singulières.

Qu’est-ce qui fait la spécificité de Chaumont-sur-Loire ?

Nos jardins ne sont pas conçus seulement par des jardiniers, des botanistes ou des paysagistes, mais aussi par des artistes, des architectes, des designers, des scénographes, qui travaillent parfois dans le cinéma ou le théâtre… Cette conjugaison de talents, cette pluridisciplinarité nous permettent de toujours inventer de nouveaux jardins intéressants qui mettent en scène les végétaux et les matériaux d’une manière originale. Cette association des talents humains et du génie végétal nourrit l’inventivité de notre festival. Ce ne sont pas moins de 150 personnes qui, à chaque édition, apportent énergie, créativité et savoir-faire pour offrir au public des jardins extraordinaires. Sans oublier l’équipe du domaine qui est là pour aider à la conception et entretenir avec beaucoup d’intelligence et de délicatesse ces œuvres vivantes venues de Belgique, des Pays-Bas, d’Afrique du Sud, de Grande-Bretagne, d’Italie… et de France, bien sûr !

Quelles évolutions ont marqué le festival depuis sa création en 1992 ?

Je connais ce festival créé par Jean-Paul Pigeat depuis ses débuts, même si à l’époque je n’évoluais pas dans le domaine du jardin. À mon arrivée, en 2007, j’avais trois missions : développer le festival, marier le château et cet événement, jusqu’alors séparés, et mettre en place un projet d’art contemporain. Désormais, Chaumont-sur-Loire, centre d’arts et de nature, repose sur cette triple identité. S’agissant du festival, la méthode a changé : ce sont les concepteurs qui réalisent eux-mêmes leur jardin, et non plus nos jardiniers. Cela a créé une démultiplication des énergies et des talents. Du coup, il y a moins de similitudes, notamment végétales. Autrefois, le festival accueillait, chaque année, 15 nouveaux jardins. Aujourd’hui, nous en recevons une trentaine, dont 24 ou 25 issus du concours. Créées en 2008, les « cartes vertes » permettent d’élargir la palette et de convier des personnalités qui ne viennent pas du monde du jardin. Designers, artistes ou intellectuels, elles portent sur le végétal et la nature en général un regard intéressant. Je travaille beaucoup sur l’abolition des frontières entre les arts. Or ce qui nourrit Chaumont, ce qui fait sa force et son originalité, c’est que nous ne sommes pas enfermés dans le monde du paysage et des jardins, mais qu’il y a des...

Vous lisez un article de la revue Paysage n° 381 du 10/07/2015
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