Régions Nantes

Occupation temporaire des friches de l’île

Avec un budget limité (3,48 millions d’euros HT), mais beaucoup de patience et de talent, l’architecte Christophe Theilmann a redonné une nouvelle vie aux trois halles des anciens établissements Larivière, sur la pointe ouest de l’île de Nantes. Le jeune architecte, habitué à intervenir sur des projets singuliers comme le Carrousel des mondes marins (avec Nicole Concordet), a su glisser un programme complexe sous des bâtiments existants réhabilités. Aujourd’hui, le site accueille le Solilab – un projet conçu par la Société d’aménagement de la métropole ouest-Atlantique (Samoa) et l’association « Les Ecossolies » autour de l’économie sociale et solidaire – pour… une douzaine d’années. « Nous sommes sur un urbanisme de la transformation », déclare Jean-Luc Charles, directeur général de la Samoa. Comme pour les halles Alstom avant leur métamorphose en école des beaux-arts par l’architecte Franklin Azzi ou plus récemment le karting voisin (BBM Architectes), ces friches industrielles accueillent temporairement des artistes et créateurs dans des conditions confortables et pour des loyers très nettement en dessous des prix du marché.

Conserver les structures

Réparti sous les trois halles, le site comprend 1 650 m 2 de bureaux, une pépinière de 135 m 2 , une cantine de 130 m 2 , 780 m 2 de stockage, un espace événementiel de 900 m 2 et un magasin collectif à venir de 470 m 2 . « Avec Matthieu Lebot, nous avons commencé à travailler en 2008 sur un projet à partir de containers qui n’a pas pu se faire pour des raisons économiques. Heureusement, l’idée a été relancée par Nantes Métropole et la Samoa », se souvient Christophe Theilmann. Malgré un début difficile dû à une occupation du site par des Roms, les structures ont pu être conservées et réhabilitées dans le respect du budget (2,8 millions d’euros HT de coût de travaux). Les bureaux sont réalisés à partir de modules 2D réalisés en atelier chez Leduc, puis assemblés et superposés in situ. « Ces modules sont posés sur un sol qui s’est tassé au fil des années lorsque la halle était un entrepôt », explique Christophe Theilmann.
L’architecte a su réutiliser un maximum de matériaux du site, comme une charpente de halle intermédiaire démolie pour la structure de la cantine, les ardoises de couverture en gablions, des tôles comme écran de cantonnement incendie, les merlons de terre pour les bassins de phytoépuration… Car pas question d’investir dans des réseaux. Les toilettes des 150 occupants sont donc sèches (à séparation) et les bâtiments chauffés par une chaudière bois à pellets.

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