Architecture et urbanisme Ecomobilité

Nouveau concept de service public du vélo

Mots clés : Rénovation urbaine - Vélo

Lancé en septembre à Strasbourg sous le nom de Vélhop, le service de « vélo partagé » de la communauté urbaine prend le contre-pied des vélos en libre-service (VLS) mis en place dans de nombreuses agglomérations françaises.

Contrairement à l’utilisateur du Vélib parisien, le client strasbourgeois de Vélhop restituera systématiquement sa bicyclette à la station où il en a pris possession. « Dans les villes qui ont adopté le système de type Vélib, la plupart des usagers finissent de toute façon par revenir à leur point de départ, après une halte dans une station intermédiaire », remarque Roland Ries, maire de Strasbourg et premier vice-président de la communauté urbaine chargé des transports.

Le système Vélhop contribue à prévenir le risque de vandalisme et économise le coût de la répartition des véhicules entre les différentes stations : « Derrière l’apparence de la gratuité, les VLS coûtent en moyenne 4 000 euros par vélo et par an », poursuit Roland Ries. Strasbourg s’est fixé pour objectif de ne pas dépasser 1 000 euros par vélo et par an.
Vélhop se singularise aussi par la coexistence de deux types de points de location : à côté de la douzaine de stations automatisées, ouvertes en permanence et destinées aux touristes pour des locations de 1 à 24 h, cinq sites répartis dans l’agglomération emploieront des agents. Ce personnel se chargera non seulement des locations quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles ou trimestrielles, mais aussi des petites réparations. Cette seconde famille de stations vise les 50 000 étudiants et les salariés de zones d’activités périphériques couvertes par des plans de déplacements interentreprises (PDIE).
L’accent sur la longue durée renvoie à la spécificité de Strasbourg : grâce à une politique constante depuis le premier schéma cyclable approuvé par la communauté urbaine en 1977, le vélo détient 15 % de part modale dans la ville et 8 % dans l’agglomération. Ce record de France place la capitale alsacienne encore loin des modèles européens comme Amsterdam, qui compte de nombreuses stations de location sans avoir jamais eu besoin de VLS. En choisissant un système intermédiaire qui vise à généraliser une pratique quotidienne, l’agglomération strasbourgeoise espère se donner les moyens d’atteindre le seuil de 20 % de déplacements cyclables en 2020.

Déconnecté de la publicité

L’inscription de Vélhop dans une stratégie d’agglomération se reflète dans un montage juridique déconnecté du marché publicitaire : concessionnaire du réseau de tramway et de bus, la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) s’est alliée à Transdev et au loueur local Vélo Emploi pour remporter le marché. L’entreprise publique locale s’est présentée à la procédure de délégation de service public lancée le 7 mai dernier pour pérenniser Vélhop, avec une politique tarifaire privilégiant les abonnés au tram et au bus. Roland Ries trouve ainsi l’occasion idéale de mettre en œuvre une démarche qu’il a maintes fois défendue, tant à la présidence de la CTS qu’à celle du Groupement des autorités organisatrices de transport : devenir l’organisateur de l’intermodalité.

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L’EXPERT - Alain Jund, vice-président du Club des villes cyclables et conseiller communautaire de Strasbourg chargé du vélo - « Une expérience très attendue »

« Au sein du Club des villes cyclables, plusieurs facteurs contribuent à une forte attente par rapport à l’expérience en cours de lancement à Strasbourg : le VLS est arrivé au bout de sa logique économique et ne peut pas intéresser les villes moyennes ou petites. Avec un rayonnement limité aux centres-villes, il ne répond ni au défi de l’égalité urbaine, ni à la problématique des salariés, déterminante pour franchir un nouveau cap. Enfin, l’intégration de Vélhop dans les activités de l’entreprise publique locale de transports constitue un gage de performance et d’exemplarité. »

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Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : communauté urbaine de Strasbourg, assistée par Roland Ribi & Associés.
Exploitant : groupement associant la CTS, Transdev et Vélo Emploi.
Budget : 3 millions d’euros sur dix ans.
Parc pour la phase de démarrage : 1 500 vélos dans les agences « humanisées », 352 en location automatique.

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