Régions Maurice Vincent maire de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole

« Nous préparons le rebond de la ville »

Mots clés : Collectivités locales - Rénovation urbaine

Dans un contexte économique et budgétaire tendu, le président de Saint-Etienne Métropole axe ses actions sur la relance économique et résidentielle du territoire. Il souhaite que la création d’un campus scientifique et technologique sur le site de la Manufacture soit prise en compte par le grand emprunt national. Il cherche à attirer de nouvelles activités tertiaires à Châteaucreux et commerciales dans le centre de Saint-Etienne.

– Quel diagnostic faites-vous de l’agglomération stéphanoise ?

La situation de Saint-Etienne doit être appréhendée sur le moyen terme. À court terme, la tendance démographique n’est pas favorable : la courbe de la population stéphanoise reste orientée à la baisse ; la situation est plus stable au niveau de l’agglomération du fait de l’étalement urbain. Il n’en demeure pas moins que nous sommes dans un bassin de vie de 500 000 habitants, dans un ensemble urbain et humain de grande taille qui fonctionne de manière interactive avec le Grand Lyon. Cette situation nous offre de réelles perspectives. Je ne suis pas inquiet à moyen terme. On est dans une Eurométropole dynamique.

– Que faire avec des infrastructures routière et ferroviaire obsolètes ?

Je soutiens la réalisation de l’A 45 et l’amélioration des relations ferroviaires avec Lyon. L’objectif est de relier Lyon en trente minutes en TER, avec un nouveau pont sur le Rhône à Givors. Pour ce qui est de l’A 45, la balle est dans le camp du gouvernement. Les conditions de lancement de l’appel à concession sont réunies depuis le 16 mars 2010. Au niveau de la grande agglomération, on a aussi besoin du contournement ouest de Lyon, pour des questions d’accessibilité et d’attractivité.

– Quels principes guident votre action en matière d’aménagement urbain ?

J’ai deux grandes lignes d’action. D’une part, relancer et améliorer l’attractivité économique du territoire, transformer l’image de la ville, rendre Saint-Etienne plus attractive pour les entreprises. D’autre part, relancer l’attractivité résidentielle. Cœur de ville – l’opération de piétonisation du centre-ville de Saint-Etienne – en est l’un des moteurs, de même que les nombreux chantiers de rénovation urbaine. J’ai la volonté de conduire une politique plus fine et plus diversifiée du logement.

– Le quartier des Aciéries à Saint-Chamond relève-t-il de cette double logique ?

C’est le projet structurant, le plus lourd de cette mandature, soit un programme mixte, économique et résidentiel qui vise à favoriser l’insertion de ce site dans le tissu urbain. Sur quatre ans, nous allons engager 15 millions d’euros.
Notre but est de convaincre des entreprises de s’y installer le plus vite possible. La réalisation de l’échangeur de la Varizelle, en attente d’une participation à la hausse de l’Etat, devrait renforcer son accessibilité. Cet aménagement est aussi important pour le parc métropolitain Métrotech à Saint-Jean-Bonnefonds.

– Quelles sont vos priorités ?

J’essaie de préserver un niveau d’investissement qui soit le plus élevé possible, compte tenu de la situation financière et du big-bang territorial qui crée une incertitude majeure pour les collectivités. Il faut préparer les vingt à trente ans qui viennent, investir dans l’enseignement supérieur et la recherche, l’innovation, la rénovation urbaine, les équipements culturels. Dans cet esprit, nous souhaitons que la création d’un campus scientifique et technologique sur le site de la Manufacture – une sorte de Minatec stéphanois autour du pôle optique et du centre d’ingénierie des surfaces – soit prise en compte par le grand emprunt national. La mise à niveau de la Comédie de Saint-Etienne s’inscrit aussi dans cette perspective. De même que le stade Geoffroy-Guichard qui appartient au patrimoine de l’agglomération. Il s’agit de le mettre aux normes européennes tout en respectant les équilibres financiers.

– Quels sont vos autres projets ?

Avec le quartier de la gare de Châteaucreux, dans le secteur de Pont-de-l’Ane, de Manufacture Plaine-Achille (MPA), on prépare le rebond de la ville. On cherche à attirer de nouvelles activités tertiaires à Châteaucreux, technologiques et scientifiques à MPA, commerciales et économiques à Pont-de-l’Ane. Avec l’opération Cœur de ville, on travaille sur l’attractivité résidentielle, à la relance commerciale du centre-ville. À l’avenir, Saint-Etienne sera une ville agréable à vivre, plus attractive.

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Parcours

1955 : naissance à Saint-Etienne.1980 : docteur en économie, spécialiste d’économie du logement et de l’organisation industrielle. Professeur à l’université de Saint-Etienne depuis 1994. Auteur de «La formation du prix du logement » (Economica – 1986).1997-2002 : président de l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne.1995-2008 : conseiller municipal de Saint-Etienne.2004-2010 : conseiller régional, vice-président de la Commission enseignement supérieur et recherche.2008 : maire de Saint-Etienne, président de la communauté d’agglomération Saint-Etienne Métropole.

ENCADRE

CHIFFRES CLÉS

Nombre de communes : 43

Population

380 000 habitants

Étudiants

20 000

Superficie

56 970 hectares

Entreprises

11 000 établissements, le plus important réseau de PME-PMI en France,
150 000 emplois, (dont 110 000 salariés du privé).

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