Enjeux

« Nous ne voulons pas d’un Anru 2 au rabais »

Mots clés : Logement social - Urbanisme - aménagement urbain

Le président de l’Union sociale pour l’habitat veut rallonger les crédits accordés au NPNRU. Grâce à l’intervention de la Caisse des dépôts ?

Le monde HLM entre en campagne. Lors du Congrès HLM, qui se déroulera du 27 au 29 septembre à Nantes, les organismes sociaux tenteront de convaincre le gouvernement de répondre à leurs attentes, notamment sur une rallonge du budget accordé au nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). En parallèle, ils profiteront de ces trois jours de travail pour voter un plan d’actions visant à séduire les futurs candidats à l’élection présidentielle. Le point avec Jean-Louis Dumont, président de l’Union sociale pour l’habitat (USH) et député (PS) de la Meuse.

Le marché du logement neuf repart à la hausse. Craignez-vous le retour des appels d’offres infructueux ?

Pour l’instant, ce n’est pas un sujet même si nous risquons d’observer un renchérissement des coûts sur certains métiers. Nous serons également attentifs à ce que dans le cadre des ventes en état futur d’achèvement (Vefa), les promoteurs continuent à proposer aux bailleurs sociaux des programmes de qualité et bien localisés.

Qu’attendez-vous du congrès HLM, qui se déroule quelques mois avant l’élection présidentielle ?

Je veux faire de ces trois jours un congrès positif et offensif. Nous allons défendre le modèle du logement social en faisant adopter 45 propositions de travail issues de notre projet « Cap HLM ». Ces 45 propositions sont regroupées en sept thèmes : les quartiers, le développement des services numériques, l’emploi, la transition énergétique et environnementale, la mobilité de nos locataires, la qualité de service et notre modèle économique. Cette trame de travail sera ensuite présentée aux candidats à l’élection présidentielle.

Quels sont vos projets sur la transition énergétique ?

L’enjeu consiste à impliquer nos locataires sur la maîtrise de l’énergie et de faire du parc HLM un lieu d’expérimentation et de capitalisation sur la transition énergétique. Nous avons beaucoup travaillé sur le photovoltaïque dans le neuf, mais dans l’ancien, il y a aussi du potentiel. Nous devons être plus proactifs sur la question des circuits courts de production d’énergie. Nous pouvons mutualiser les surfaces extérieures de nos organismes pour produire de l’énergie et réduire les charges des locataires. Cela peut prendre la forme d’une association, d’un groupement d’intérêt économique, etc.

Et sur le numérique ?

Nous allons proposer la création d’une plate-forme visant à faciliter la mobilité au sein du parc pour en faire une sorte de « Seloger.com » du monde HLM. Les financements sont mobilisés et le site web pourrait être mis en service à l’été 2017. Nos locataires ont des attentes fortes sur la mobilité au sein de notre patrimoine, car ils ont le sentiment que le parc privé leur est totalement fermé.

Sur quels points êtes-vous particulièrement vigilants ?

Nous avons des inquiétudes, notamment pour les quartiers Anru. Le nouveau programme national de renouvellement urbain [aussi appelé Anru 2, NDLR] n’est pas doté des financements nécessaires pour répondre aux enjeux. La logique a été inversée par rapport à l’Anru 1. A l’époque, l’Etat a évalué les besoins et déterminé une enveloppe financière. Aujourd’hui, c’est l’inverse qui a été réalisé : une enveloppe a été accordée [5 milliards d’euros, NDLR] répartie sur 400 quartiers. Mais les maires, les présidents de région et de département n’ont plus les moyens nécessaires pour intervenir dans le financement des opérations [alors que l’Etat mise sur 20 milliards d’investissements locaux, NDLR]. Nous ne voulons pas faire un NPNRU au rabais.

Pourquoi le financement de l’Anru 2 vous inquiète-t-il ?

Depuis un an, nous instruisons les dossiers. Mais faute de financement, les porteurs de projets se voient dans l’obligation de dégrader les programmes ! Certains renoncent à démolir et ne reconfigureront pas le territoire. Alors même que cela permettrait de redresser un quartier, en le désenclavant grâce à la venue du tramway par exemple. Nous avons conscience que cela représente des investissements lourds, de très long terme, sur 30 à 40 ans, mais ils méritent d’être réalisés car, dans certains territoires, nous atteignons une situation de non-retour. Nous avons une autre inquiétude pour les quartiers dits « d’intérêt régional ». Ces derniers disposent d’une enveloppe trop faible aux vues des besoins [17 % du budget du NPNRU, NDLR]. Enfin, dans certains quartiers en très grande difficulté, nous appelons à la création d’une opération d’intérêt national pour traiter de façon transversale tous les problèmes – sécurité, reconfiguration urbaine, etc. – en un même lieu. Alors que le Parlement doit voter le projet de loi Egalité et Citoyenneté, l’Etat doit prendre ses responsabilités en augmentant les enveloppes de financement.

Comment accroître les montants qui lui sont alloués ?

Il faut trouver d’autres solutions de financement. Cela peut passer par la Caisse des dépôts, qui propose actuellement aux bailleurs sociaux des prêts de haut de bilan sur 30 à 40 années avec un différé d’amortissement de 20 ans, soit des quasi-fonds propres. Quelque 2 milliards d’euros ont été mis sur la table mais les demandes des bailleurs sociaux représentent plus de 6 milliards d’euros. Nous allons demander une suite, et le problème de financement du NPNRU pourrait être résolu assez rapidement. Car pour candidater à l’obtention de ces prêts, les bailleurs sociaux ont dû monter des dossiers pour présenter leurs projets à financer.

Etes-vous satisfait du Fond national des aides à la pierre ?

Il ne garantit pas que l’Etat continuera à financer les aides à la pierre mais le Fnap est un lieu de transparence et de dialogue. Il permet un suivi entre les autorisations d’engagement et les crédits de paiement. Sur ce point, nous sommes satisfaits.

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