Régions MARSEILLE Laure-Agnès Caradec, adjointe au maire, déléguée à l’urbanisme

« Nous intégrons déjà la dimension métropolitaine de notre territoire »

Mots clés : Etat et collectivités locales - Urbanisme - aménagement urbain

En charge de l’urbanisme à la Ville et au sein de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, présidente de l’Agam (1), Laure-Agnès Caradec évoque le développement urbain de la cité phocéenne et ses projets.

Comment appréhendez-vous d’exercer votre triple responsabilité en matière d’urbanisme ?

C’est une opportunité exceptionnelle car elle permet de fédérer l’ensemble des partenaires de la Ville, d’échanger, de travailler en cohérence et d’impulser ainsi une dynamique nouvelle. Ma réflexion intègre déjà la dimension métropolitaine de notre territoire, avec l’objectif de rendre la ville-centre encore plus attractive, de développer des grands projets tout en répondant aux besoins et attentes quotidiennes de la population.

Quelles sont vos priorités ?

Nous avons mis en révision le plan local d’urbanisme (PLU) de Marseille, approuvé il y a un peu plus d’un an pour l’adapter à la disparition du coefficient d’occupation des sols (COS) et de la taille des parcelles, prévues par la loi Alur. Les incidences sont fortes en matière de densité et il faut beaucoup de concertation d’autant que notre volonté est à la fois de favoriser le développement urbain – c’est-à-dire maintenir un rythme de construction de 5 000 logements par an – mais aussi de préserver les espaces naturels et les noyaux villageois. Nous sommes aussi en train de donner une nouvelle orientation à plusieurs grandes ZAC de Marseille : la ZAC Sainte-Marthe où nous allons privilégier l’aménagement du secteur Mirabilis avec 400 à 500 logements prévus et des équipements publics, la ZAC de la Capelette avec la recherche d’un nouvel équilibre entre infrastructures et habitat.

Quelle politique architecturale allez-vous favoriser ?

Marseille a de tout temps attiré et inspiré les grands noms de l’architecture et après Norman Foster, Jean Nouvel et Zaha Hadid, c’est un autre lauréat du « Pritzker architecture prize », Eduardo Souto de Moura, qui va signer une réalisation à Marseille avec l’aménagement de l’îlot Allar au sein de l’écocité Euromed 2, un projet en cours de lancement. Mais cette présence d’architectes internationaux ne doit pas occulter le renouvellement du tissu urbain et l’architecture du quotidien. Cela passe par une exigence renforcée en matière de qualité architecturale des projets, d’insertion paysagère, de formes urbaines. C’est un travail très lourd à l’échelle de 24 000 hectares de la ville. Nous le menons avec notre architecte-conseil, Arnaud Devillers et nous y associons l’Agam, mais aussi les architectes des bâtiments de France (ABF).

Comment allez-vous poursuivre l’aménagement de la façade littorale, fortement dynamisé par Marseille Provence 2013 ?

Rien n’est remis en cause, mais nous devons intégrer le fait que nos marges de manœuvre financière sont réduites et qu’il va falloir faire preuve de beaucoup d’inventivité, notamment en matière de partenariats publics-privés. Les études de faisabilité sont en cours pour la passerelle reliant le fort Saint-Jean et le fort Saint-Nicolas et le projet de téléphérique vers Notre-Dame-de-la-Garde. Nous sommes beaucoup plus prudents, en revanche, sur un nouveau pont transbordeur. Et nous sommes inquiets de la position du port de Marseille sur l’avenir du J1, conditionné par le déplacement du trafic Maghreb au Cap Janet.

Où en est l’opération d’aménagement du secteur Saint-Charles/Belle-de-Mai ?

Elle illustre précisément la nouvelle méthode de concertation et de mise au point des projets que nous voulons mettre en place. Les habitants du quartier ont été directement, au travers d’ateliers, associés à la réflexion sur le devenir de ce secteur stratégique pour le centre-ville.
Leur contribution, qui vient de faire l’objet d’une restitution, va alimenter le cahier des charges de la consultation d’urbanisme que nous allons rapidement lancer pour arrêter le projet urbain. Celui-ci se situe à une double échelle : les 7 ha d’emprise des casernes de la Belle-de-Mai acquises par la Ville avec mise au point d’un projet d’aménagement et un périmètre large de 140 ha qui englobe la future gare Saint-Charles et l’élaboration d’un plan guide.

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(1) Agence d’urbanisme de l’agglomération marseillaise.

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