Actualité Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment

« Nous devons aller chercher les financements européens »

Mots clés : Politique européenne

A l’occasion du 3e sommet de la construction, organisé par la FFB le 20 novembre, Jacques Chanut, son président, évoque les pistes à explorer pour retrouver la croissance.

Le thème du sommet est « Après le plan logement, quelles pistes pour la croissance ». Cela signifie-t-il que le plan est acquis ?

Bien qu’il soit encore en débat au Parlement, nous n’avons pas d’inquiétudes majeures sur le fait qu’il soit effectivement mis en œuvre. Nous ressentons d’ailleurs déjà un léger frémissement positif sur le marché du logement. Mais la construction ne vit pas que du logement. D’autres pistes doivent être explorées pour restaurer la croissance grâce à nos métiers.

Quelles sont ces pistes ?

Un premier levier de croissance consiste à construire moins cher. C’est tout à fait possible, et cela passe par un réexamen des normes. Supprimer les normes inutiles ou revoir celles mal dimensionnées permettra à l’évidence une économie sur le coût des constructions, le logement comme le reste.
Il faut aussi actionner le levier du financement. Sur ce point, nous devons nous montrer inventifs. Pourquoi ne pas nous tourner du côté du budget européen ? La Commission européenne a annoncé un plan d’investissement de 300 milliards d’euros. Il faut que nous nous mettions en ordre de marche pour aller chercher ces financements. Nous devons pour cela résoudre plusieurs difficultés. Par exemple, les petites opérations ne pouvant prétendre aux financements européens, il faut que nous arrivions à les regrouper pour qu’elles puissent atteindre une masse critique. C’est un vrai levier, et la réflexion est enclenchée, mais nous devons en mener une autre sur le financement des collectivités locales.

Les collectivités locales ont-elles toujours les moyens d’investir ?

Certains experts disent que la baisse des dotations de l’Etat va empêcher les collectivités de continuer d’investir. Mais pour d’autres, les maires et les présidents de conseils généraux forcent le trait : la baisse de dotation n’impacterait que de 0,5 à 1,5 % leur budget global. Toujours est-il que des financements novateurs peuvent être imaginés. Ainsi, les collectivités sont souvent en possession d’un patrimoine dormant. Pour se redonner les capacités d’investir dans des équipements devenus indispensables, elles pourraient le vendre au privé.
Les collectivités, qui ont un rôle contracyclique essentiel à jouer pour le bâtiment, ne peuvent cesser d’investir, ne serait-ce que pour entretenir le patrimoine existant.

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