Evénement

« Nous avons besoin d’un choc d’offre de logements »

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP - Gouvernement - Marché de l'immobilier

« Le Moniteur » interroge les candidats sur leurs propositions pour le BTP. Cette semaine, Emmanuel Macron.

Les dispositifs mis en place pendant le quinquennat de François Hollande doivent-ils être pérennisés ?

Certaines mesures visant les rapports entre propriétaires et locataires ont pu avoir des effets contre- productifs. Je pense à l’encadrement des loyers. Administrer les prix n’a jamais été la solution. L’efficacité de ce dispositif, actuellement en vigueur à Paris et à Lille, sera évaluée avant d’en tirer une conclusion définitive. Le nombre de logements construits en 2016 traduit une reprise d’activité du secteur, ce dont il faut se féliciter. Notre effort doit désormais porter sur la relance de l’offre. C’est pourquoi nous définirons des zones où la construction est une priorité absolue.

Au-delà des sempiternelles incitations fiscales, quels leviers actionner pour répondre à cette forte demande de logements ?

Dans les zones tendues, nous avons besoin d’un choc d’offre qui ne peut en effet pas se limiter à des incitations fiscales nationales à investir dans des logements neufs. Il faut démultiplier l’effort de construction en assouplissant les contraintes juridiques, y compris en transférant la compétence des autorisations d’urbanisme au niveau intercommunal, voire à l’Etat. Par ailleurs, nous développerons le logement social, notamment en mobilisant le parc privé. Enfin, nous construirons 80 000 logements pour les jeunes : 60 000 pour les étudiants et 20 000 pour les jeunes actifs.

Quelle place occupe le bâtiment dans votre politique écologique ?

Je ne saurais trop insister sur l’importance de la rénovation écologique et énergétique des bâtiments. C’est sans doute le principal problème pour les zones d’habitat moins tendues, où la maison individuelle est la règle et où les passoires énergétiques se sont multipliées. Le grand plan d’investissement fera la part belle à la rénovation. Des audits gratuits seront proposés à tous, et l’Etat mettra en place des moyens de financement.

Les infrastructures souffrent d’un cruel manque d’investissement ces dernières années. Prévoyez-vous d’y remédier ?

Je donnerai la priorité à la modernisation et à l’optimisation des infrastructures existantes, plutôt qu’à de nouveaux projets. Nous voulons privilégier celles qui ont un impact positif sur la croissance, la mobilité des travailleurs ou qui permettent de réduire des dépenses courantes. Cinq milliards d’euros seront consacrés aux transports et aux équipements collectifs locaux.

Comment financerez-vous les investissements de long terme ? Par l’emprunt ? La fiscalité ? L’appel au privé ?

Ces investissements doivent bien entendu être en partie portés par la puissance publique, notamment les collectivités locales.

Dans un contexte de taux bas et de croissance encore faible, elle doit faire un effort exceptionnel d’investissement, notamment pour réussir la transition numérique et énergétique. C’est le sens du plan d’investissement de 50 Mds € sur 2018-2022 qui comportera notamment 4 Mds € pour la rénovation des logements et 4 Mds € pour la rénovation thermique des bâtiments publics.

« Le grand plan d’investissement de 50 Mds € fera la part belle à la rénovation. »

Comment permettre aux collectivités de lancer des chantiers alors que leurs moyens déclinent ?

Nous changerons de méthode, en demandant, via un pacte quinquennal, un effort d’économies aux collectivités locales sans baisser les dotations à court terme. Cela permettra d’éviter les à-coups brutaux sur l’investissement local. Nous donnerons, dans ce pacte, de la visibilité sur cinq ans aux collectivités, ce qui permettra de programmer les investissements et de les mener à bien.

Prévoyez-vous de favoriser l’accès des PME, voire des PME locales, à la commande publique ? Si oui, comment ?

La réforme des marchés publics que j’ai conduite permet d’améliorer l’accès des PME à la commande publique. Nous poursuivrons les efforts par tous les moyens possibles : en améliorant et en harmonisant la documentation et les critères méthodologiques d’attribution des marchés ; en simplifiant et en accélérant les processus d’attribution (interface unique par famille d’achats au sein de la sphère publique) ; en mettant en place une stratégie de communication à l’échelle nationale et régionale sur les processus d’attribution des marchés publics ; en développant une programmation pluriannuelle cohérente éclairant sur les besoins des acteurs publics ; et en accroissant la transparence par l’uniformisation du reporting des administrations centrales et des collectivités, la publication de l’ensemble des contrats de marchés publics, l’information sur les délais fournisseurs liés à la commande publique.

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ENCADRE

Ses engagements pour le BTP

– Transférer la compétence des autorisations d’urbanisme au niveau intercommunal, voire à l’Etat, dans les zones tendues.

– Construire 80 000 logements pour les jeunes.

– Investir 4 milliards d’euros pour la rénovation thermique des logements et autant pour celle des bâtiments publics.

– Nouer un partenariat Etat-collectivités sur cinq ans pour leur donner de la visibilité sur leurs investissements.

– Poursuivre la réforme des marchés publics dans le but d’améliorer l’accès des PME à la commande publique.

– Evaluer l’efficacité de l’encadrement des loyers.

– Consacrer 5 milliards d’euros aux transports et équipements collectifs locaux.

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